INTRODUCTION
Nous sommes en 1657. ISf. Olier est mort le 2 avril. Quatre mois plus tard, IM.M. de Qiieylus, Galinier, Soiiart, d'Allet. débarquent à Ville-Marie. Sur le rivage près duquel dorment, ancrés dans l'eau tranquille, quelques rares bateaux, ils s'arrêtent im instant pour contempler l'embryon de ville qu'ils ont sous les yeux. Tout près, le moulin à vent, plus loin le fort, murs de maçonnerie disposés en quadrilatère et flanqués aux angles de courtines en bois ; derrière le fort un large ruisseau au-<lelà duquel s'élève la maison d'aspect sévère de M. de Maisonneuve; ici et là. montant vers le coteau ou long-eîint la grève, des senliers gris dans le gazon vert, par lesquels on va vers les maisons les plus éloignées au nord ou, à l'est, vers la chapelle de Notre-Dame de Bonsecours en construction. C'est tout.// Ajoutons encore cependant un trait à ce tableau: non loin de la maison du gouverneur en allant vers l'est, signalons l'Hôtel-Dieu. C'est ici que vont vivre d'abord les nouveaux arrivants. Quelques années plus tard ils s'installeront dans la maison du gouverneur avec les compagnons que la Providence leur aura envoyés. Au commencement du XVIIIe siècle leurs successeurs s'établiront dans leur maison, leur maison à eux, la maison qu'ils auront construite, solide et humble comme leur vertu, et dont la porte cochère. surmontée d'un écusson, rappellera seule, sans grand tapage de réclame, qu'ils sont en même temps les seigneurs de toute la région.
La voie est ouverte. De Normandie et de Bretagne, de Champagne et de Provence, plus tard même de Suisse et de Lorraine d'Espagne et d'Angleterre, on la trouvera. A travers l'Atlantique, de la Rochelle ou de Bordeaux, ou de St-Malo à Québec et de là à Montréal, on la suivra en dépit de la mer orageuse et mauvaise, des calmes plats, des tra-