INTRODUCTION XI
versées prolongées au-delà de deux mois, prolongées parfois jusqu'à trois mois. Vite on se mettra au travail dans une fraternité que mêlera la fine culture des gentilshommes de race à l'apostolique ardeur des fils de l'industrie ou de la terre. Et ce sera merveille. Le sillon s'ouvrira large et profond. lît, dans le silence et la solitude d'abord, puis, un jour, dans le bruit et l'activité d'une ville qui grandit rapidement, la semence tombera, promesse des moissons futures.
Le théâtre des premiers efforts ne fut d'abord que très restreint : la chapelle attenante à l'Hôtel-Dieu avec les quelques maisons disséminées du fleuve au coteau jirochain. du fort à Notre-Dame de Bonsecours. Puis le champ s'étendit, la ville se développant par le fait des naissances et l'arrivée de nouveaux colons. Aux envolées légères de la clochette qui, la première, avait appelé du haut de son aérienne demeure les fidèles à la prière, s'unirent bientôt les sons plus graves des cloches de la nouvelle église paroissiale. Elle s'élevait dans l'axe de la rue Notre-Dame, son abside touchant à la rue St-Joseph, son jx)rtail confinant au Séminaire d'où ])ar un couloir souterrain, pour les cérémonies publiques et le saint ministère, débouchaient à toute heure du jour les prêtres de la communauté.
Elle fut longtemps un centre d'où rayonnait la vie chrétienne,, où affluaient de toutes parts les âmes en quête de lumière et de force. Elle assista, attristée un peu d'aboi'd, puis résignée, à l'éparpillement d'une population qu'elle avait longtemps couverte et protégée de son ombre salutaire et vit du haut de son clocher, dans toutes les directions, les coteaux et les vallées se couvrir de maisons et s'emplir du bruit grossissant du labeur et de l'industrie. KUe gardait toutefois son prestige. Ses nefs silencieuses