INTRODUCTION XXI
c'est qu'à la nature grandiose et puissante d'un pays encore inexploré, enca-drant et haussant jusqu'à en faire des existences de légende et d'épopée, les vies mouvementées qui s'y déroulent, a succédé la ville agrandie et, dans la ville la multitude affairée où l'action individuelle disparaît. Mais cette action existe cependant. D'ailleurs la voici :
Je signale d'abord les maisons d'éducation: En 1803, le collège St-lîaphael est incendié. Il est aussitôt rebâti ailleurs, entre les rues William et St-Paul. Les très anciens se le rappellent encore avec son corps de bâtisse accru d'ailes, le parterre de son entrée, le ruisseau qui traversait ses cours, la vie de piété et de travail qu'on y ineuait. Le commerce et l'industrie, le bruit et la fumée rendront nécessaire, plus tard, un second déménagenaent. C'est aux flancs de la montagne qu'il s'élèvera désormais, près de l'endroit où déjà s'élève le Grand Séminaire et où s'élèvei-a, un jour, le Séminaire de Philosophie. Où "étaient évangélisés les sauvages" se forment maintenant au sacerdoce les jeunes gens que Dieu y appelle. De leiirs dortoirs ou de leurs cellules ils peuvent, par un temps clair, contempler non-seulement la ville et ses fauboi^rgs mais encore, par delà la ville jusqu'aux montagnes lointaines, le champ immense où ils auront à travailler et où les attendent ''les plaines blanches pour la moisson." Si le désir leur vient, un jour, de couronner, par des études plus approfondies celles qu'ils viennent de terminer, ils trouveront -dans le Collège Canadien de Eome cet inappréciable avantage. .
Cette dernière institution fut vraiment l'oeuvre de M. Colin. Miné par la maladie et mourant déjà, il tournait encore ses yeux vers elle et mettait à en assurer la prospérité, les énergies d'une âme que la douleur physique ne