INTRODUCTION XXIII
là, les foules accourent, pour assister aux spectacles qui les font vibrer et les mettent en communication avec le divin, avec le bien stiprême et la suprême réalité. Ici comme là, passe le souffle brûlant de l'esprit ; circule dans les veines et bat dans le coeur la puissance féconde, le feu sacré, le zèle qvii rajeunit, renouvelle et prépare les conquêtes de demain dans les luttes d'aujourd'hui.
Je suis arrivé ainsi, presque sans m'en apercevoir, jusqu'au temps présent. La mâle figiure, l'image sainte de ceux qui ne sont plus rayonne du fond de la nuit où j'ai pénétré. De ces vies dépensées aux oeuvres admirables ou rtux besognes sans gloire il sort un exemple, il se propage une contagion. Tirées pendant un instant de leur obscurité, elles sonnent un apjie], elles provoquent un réveil, elles font contre poids aux précoces scepticismes et aux incurables désespérances. Si jamais en face dés difficultés qu'amène le temps actuel nous venait aux lèvres la parole découragée et fatale : "il n'y a plus rien à faire", le souvenir de ces caractères forts et de ces vies généreuses ferait retrouver le courage de lutter contre le mal de peupler le désert, de transformer la solitude; il raffermirait nos pas et redresserait nos fronts dans les voies qui montent vers les hori-. zons clairs.
A ce tableau que j'ai fait lumineux d'aucuns chercheront peut-être des ombres. Il serait étonnant qu'il n'y en eût pas. Les vies que ne marquent pas de leur estampille les inévitables défaillances ne sont pas dès vies humaines et les erreurs restent toujours et partout la rançon nécessaire du prestige et de la gloire.