CHAPITRE PREMIER
Une idée de M. de Ventadour. — Le F. Philippe d’Angoumois. — Un grand amour catholique au XVIIe siècle. — Le P. Suffren. — Un programme d’action catholique.
Dans le courant du mois de mai 1627, Henri de Lévis, duc de Ventadour, pair de France, prince de Maubuisson, comte de la Voulte, seigneur du Cheylard, Vauvert et autres lieux, eut soudain une idée dont la beauté subtile le ravit. Sans zetard, il en reporta tout l'honneur à Dieu. Il lui sembla, dans cette heure d’illumination, que, si son dessein se réalisait, une floraison de bonnes œuvres couvrirait la terre de France, que l’ivraie de l’hérésie ne tarderait pas à en être extirpée et que le « règne du Christ » se manifesterait alors dans sa gloire.
Il ne pouvait porter seul le fardeau d’un pareil espoir et d’une pareille joie. Or il avait une grande ouverture de cœur pour le F. Philippe d’Angoumois, capucin. Il lui exposa ses plans dans le couvent du faubourg Saint- Honoré, où ce religieux demeuraitt. Le pieux personnage était bien qualifié pour recevoir cette confidence. Depuis plusieurs années, il travaillait à écrire, en un style fleuri, copieux et illisible, le roman mystique du grand seigneur qui devient moine; et il pouvait trouver quelque ressemblance entre Ventadour et l'Hermogène de ses
‘ Le F. Philippe d'Angoumois était entré dans la province de Paris en 1599 ; il mourut le 23 décembre 1638, « âgé de 39 ans de religion ». (Manuel de la province de Paris, IL, 746. — Bibl. nat. F. fr. 6,451 et 6,452).
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