LE COUTUMIER BOURGUIGNON DE MONTPELLIER. 5*J
Dans ce sens on relèverait ce qui est dit dans le § 160 : « in- (jueste fade per pallamentum nonpublicantuv parlibm ». La nonpublication de l'enquête était un usage admis par le parlement de Paris peu de temps après la mort de saint Louis en 1276 (Guilhiermoz, Enquêtes et procès. Paris, Picard, 1892, in- ^°, p. 73 et 74) ; au contraire en Bourgogne la publication avait lieu comme nous le prouvent les §§ 109 et \i% du coutumier de Giraud reproduisant un article d'uneordonnance bourguignonne de 1380 (Sur cepoiritvoir Maurice (j\\\\\Qn\-àvA,Venqiiête civile en Bourgogne. Dijon, 1 906, p. 76 et 77) auquel il faut ajouter le §27 du premier coutumier. Il faut donc admettre ou bien que l'on reproduit ici les usages du parlement de Paris (1) ou bien que notre second coutumier est un peu antérieur au premier et que les pratiques du parlement de Beaune ont changé entre 1314-1334 et 1380. Ce qui aurait pu se produire à l'occasion du grand mouvement de désapprobation engendré vers notre époque par les nouvelles pratiques de la royauté (Viollet, Histoire du droit politiq. de la Fr., t. IT, p. 237 et ss.; Petit de Vausse, Hist. des ducs de Bourg., t. VII, p. 23 et s.).
On pourrait peut-être invoquer en faveur de la seconde opinion le § 20 de la charte aux bourguignons du 1" mai 1315, « De inquestis vero in curiâ nostrâ factis, partibus pelentibus copiam intègre fieri, juxta juris formam, suis sumptibus fieri volumus, nisi circa hoc consueludines antiquae, quas allegantes probare tenebuntur, in contrarium sint oblente (Recueil des édits, Déclarât., ... concernant V administration des États de Bourgogne. Dijon, 1784, I, p. 26)? Dans ce cas, il faudrait faire remonter notre second coutumier un peu avant le 1" mai 1315, et placer le second postérieurement à cette date.
Au point de vue du fond du droit l'on remarquera les nombreuses dispositions qui prouvent l'introduction récente dans le duché des actions possessoires, celles qui ont trait au douaire, aux successions, à la distinction du droit réel et du droit personnel (§ 13), à la preuve, etc.
(1) Qu'il y ait des emprunts faits aux usages de France, il est inapossible de le nier : car nous trouvons dans les §§ 119, 125, 129 des allusions à la mainmise du roi. Au § 129 le scribe s'en est même aperçu et après avoir parlé de la main du roi, il ajoute aussitôt la mention de celle du duc, « mein le roi ou le duc ». Au § 146, on parle également dune espèce qui touche
1. — Ce suut costumes gardées et api)rovees en la duchie de Borgoiiie.
1 (1) [p. 85]. — Se aucuns est en saisine paisible davoir Torches en aucun leu et appres celés forches chisent por foibletey ou por voillesce ou por vant, Ja soit ce que il se soffroit par plusourz anees dou refaire, por ce ne pert il pas sa possession ne sa saisine mas porra refaire les forches quant il 11 plaira et quant cas hi avindra. Quar an cest cas il ne fait point de noveletey ne Daquiert pas nouvele saisine, mas retient îanciene sauf le droit d'autrui an la propriété. Et ce est a antandre ou cas ou autres nauroit pas usez de saisine paisible en cest len ou en tans moien. Quar an tel cas li premiers auroit perdue sa saisine et saroit aquise au seigneur. Et ce fut pronuncie par arest en la persone monseigneur Hugue de Vaux qui havoit cessey de redrecier ses fourches par XXV anz et puis si les refit. Et li Chasteleins de Semur li ampoichoit por Monseigneur le duc. Et fust pronunciez par arest que li ampoichemanz fuest ostez sauf le droit mon Seignour la proprietey. Cause dapel est.
2. — Mes-sires Guillemes de Macellois avoit apeley a monseigneur le duc contre maistre G. curie de Chandoce de laudiance dou vien et dou chapistre Aostun. Por raiso[nj dum memoriaul que li diz Viens et chapislres [p. 86], havient saele contre sa volutey, qui ne contenoit pas verai procès si comme il disoit. Il li fut arestez par le consoil monseigneur, et puis appres si fut pronunciez par les auditours des causes des apeaux que li apeaux estoit mauvaiz.
De faire défaut a iugement.
3 (2). — Se aucuns, la demande faite en iugemant, faittroiz deffaux et puis appres et aiornez por descorper les III deffaux au aucuns dels, l'on doit pronuncier ancontre luy par vertuz
l'évêque de Reims et qui n'a certainement pas été décidée dans le duché. Néanmoins le coulumier a élé composé pour la Bourgogne comme le prouvent et le litre général, et la mention du duc faite au § 129, et l'indication d'un usage de liefs propre à la Bourgogne au § 138.
(1) Giraud, § 309.
(2) Giraud, § 31.
DE MONTPELLIER. 6l
des diz deffaux sus possession : Qnar il doit perdre la possession de la chouse demandée sauf le droit de la proprietey. Toutes voiez doit estre premierz aiournez a hoir droit sur les diz deffauz. Et ce esta antandre lan ou li delTaut sunt fait devant antammement de plait (1) ; quar appres plait antamey Ion ne doit Dule foiz iugiér a perdre la possession por la vertu de deffaux. La raison si est celé : quar puiz lantannmemant dou plait li iuges puet pronuncier et iugier sus lou principaul (2} : quar puiz lantammemant dou plait Ion puet traire tesmoiz en labsence de partie toutes voie suffisamment aiornee iusques a la sentance randre, et pronuncier la dite santance absoluioire ou condempnatoire en labsence de partie. Et por ce il ne doit riens pronuncier par la vertu des deffaux en aiugent possession a partie (3) quar il puet terminer le principaul par santance diffinilive. Ce fut acordey et arestey par le conseil monseigneur et fuit pro- Duncie en la persone Jhean [p. 87] de seint Burri qui se voloit aidier de defaux que missire G. de Macellois avoit faiz puiz lantammement dou plait, et puiz ce que iourz havoit estey doneiz de publier les tesmoinz.
De douaire de fammes.
4 (4). — Le mari mort, la famme seurvivant prant son douaire des biens dou mari mort segout lusaige de la costume de Borgoigne.
Laquele costume est tele : quelle panra son douaire an tout laretaige de son mari dou quel il estoit tenanz et possidanz au tans quil ala de vie a mort. Et ce a entandre ou cas ou li mariz ne li aroit fait douaire devis; quar se ses douaires estoit devis e1e panroit le douaire devis se li douaires devis ne surmontoit [la moictie] des biens dou mari; quar en la suermonte ne panroit ele riens por cause de douaire. Et en ceste manière fuit il pronuncie en la cause de la famme monseigneur G. Seigneur de Marigney, fille monseigneur G. de Mi pont mort. La quele famme lidiz sire de Marrigni havoit douée de la moitié de touz ses biens et outre cen dou chastel et des fiez de Marigney.
(1) Giraud remplace le mol « enlamement de plait » par lilis conleslatiou.
(2) Ligne passée dans Giraud.
(3) La fin manque dans Giraud.
{4) Giraud, § 1.
Pronuncie fut que la dicte dame auroit la moitié des diz biens don Chastel et des fiez por son douaire et non plus.
De douaire done dou père au fil.
5{\). — Aucune foiz avieijtquell pères marie son filet promet certain douaire a la fammeson fii; en ce cas le fil mort la famme dou dit fil puert reque [p. 88] rir son douaire qui li est promis si li pères vit qui promit. Et se li pères est morz, ele le demandera es hoirz de li ou cas ou ele na enfanz de son dit mari. Et se ele an ha enfanz ele le paura sur la partie a ses enfanz et non pas sur les autres hoirz comme bien quil soit haud hanz promis dou père. Et ce est ce que Ion dit vulgaument em Borgoigne que li mère prant biens on son douaire sus ses anfanz : laquel chouse Ion autant « soit promis dou père ou non ». Et enteil manière fut pronunciez des hoirz, Guy Bauduin et de cecilete famme son fil a la quele (dame) li diz G. havoit promis certain douaire. Elle le prisl sur sa fille.
Deschoites de pluseus anfanz.
6 (2). — Seaucunz hay anfanz de sa famme, etsa famme muire et il pranne la secunde famme, et hoit enfanz de la secundo famme qui vit, et il muiere; li enfant de la première famme morte maie et cilz de la secunde qui vit, vindront huigaument par moitié a la succession de lour dit père; et la famme survivant panra son douaire tant soulement sus la partie de ses enfanz. Et auxi en cest cas ai Ion ce que on dit vulgaulmant en Borgoigne que li famme prant son douaire surz ses anfanz.
De douaires et deschoites de père et de mère.
7 (3). — Il avient aucune foiz que li pères marie son fil et promet certein douaire a la famme son fil en certein leu, et en cest cas le marimort li famme doit panre son douaire en cest dit leux secediz leux vient au partaige de ses diz anfanz. Et sil ni vient sil li pan Tp. 89] ra ele, mas de tant comme ele panra sur la partie es autres héritiers. Sui propre anfant saront tenu de faire
(1) Cfr. 52, 6, 88; Giraud, § 6.
' (2) Cfr. 53, 6, 88. — Cfr. Giraud, 6 et 4. (3) Giraud, § 6.
recompensacion es autres héritez chascun an durant le douaire. Et ce fut pronunciez es persones desusdicles.
Des biens communs.
8 (1). — Le mari mort, lafamme qui ha la mities des biens por raison de douaire puet requérir que ses douaires li soit devis, et li hoir sunt tenu de faire la division et ele panra, ou ele la fera et il panront. Et ou cas ou il ne voudroient faire la division ne panre lour partie de la division que la famme hauroit faite dedanz certein terme mis dou iuge, elle porra eslire et retenir la quele des parties quele voura de celés que ele haura faites por li. Et ce fut pronuncie entre les hoirz dou seigneur de Rosillon et les hoirz doudit seignenr.
Des aquez de famme et de mari.
9 (2). — Ttem le mari mort, la famme prant la moitié es aquez de son mari segont la costume generaul de Bourgoigne ja soit ce que en aucunz leus certeins costume especialx soit contraire, et en ce cas ouquel ele prant la moitié de laquest, ele ne puet panre douaire an lautre moitié de laquest. Et cen est ce que Ion dit vulgaulment : en Bourgoigne famme ne puet pas panre ansamble douaire en laquest en la chouse acquise.
De douaire de famme touz franz.
10 (3). — item la famme prant son douare tout franc sanz debtes paier se ele ne se antremest de moubles.
De ce cas.
11 (4). — Item la famme ne puet aliéner ne mettre en autrui [p. 90] main son douaire; et si ele le fait, li heretez hi puet assemner.
De gaigehure de bestes menues ou groses.
12 (o). — Si aucuns fait gaigier son debtour de bestes, il puet tenir les bestes VII jourz ; luiteime iour il les puet vandre
(1) Vacheret, § 9; Giraud, § 2.
(2) Cfr. Giraud, § 8 et 11.
(3) Giraud, § 3.
(4) Giraud, § 5.
{5) Giraud, § 212.
se il est iourz de marchie en la vile ou les bestes sunt. Et les doit vandre ea la vile ppoucheine ou li marchiez est. Et se ce non, il puet et doit atande le premier marchie; et lors les doit et puet vandre. La quel chouse auxinc faite, li debtourz qui a estei gaigiez a droit paiera toutes les poutures et les gaigoisons. Et se cilz qui ha fait gaigier les retarde a vendre outre lou terme desus dit, danqui en avant il paiera toutes les poutures. Ce fut pronuncie par le seigneur de Mont-Seint Juhan contre labey de Flavignei.
De racheter aucun vandaige.
13 (1). — Se aucuns prouchains de lignaige vuet racheter la chouse vandue de son prouchain il puet le faire segont la généraul costume de Borgoigne. Et lors il doit présenter les deniers de la chouse vandue dedanz lan et le iour. Ja soit ce quen aucuns leux espeicial hait moins de terme. Et vaut la presentacions ia soit ce quele ne soit faite en iugement puiz que il puet estre provez. Et se il fait aiorner lacheteour dedanz lan et le jour compei dou tamps de la chose vandue, il naura pas iour despansement ne iour de vahue; mas se auxinc estoit que la presentacion faite dedanz lan et le jour, il fiest aiorner lacheteour puiz lan et le jour, il hauro it [p. 91] jour de vehue et dapansemant Ce fuit pronuncie an la persone labey de S*- Benigne et Monseigneur Simon d'Auxois.
De possession dusaige.
14. — Li habitant de Flamerant disoient quil estoient an possession duser ou bois de Flamerant de X anz, de XX anz, de XL anz et de tant de tanz quil sofisoit a teneure. Suz ce il amenèrent tesmoins, li procureur monseigneur trahit tesmoins ancontre. Li tesmoins des diz habitantz, hont bien déposée lantancion des diz habitanz, li tesmoins monseigneur hontdeposey que ou tens ou quel li habitant provent lor saisine de lusaige que cilz de cui misire ha cause et les genz monseigneur ont pris appres cels qui husoient ou dit bois et levées amendes daux, et hont iugees les dictes amendes; et ce hont desposey iusques deis II anz ancay. Et an tel manere li dit habitant ont
(1) Cfr. Giraud, §73.
provee lor saisine des H darienes années desquels missire ne prove point dannpoichenienL. Il fut acordey par la plus graut partie dou conseil que li habitant demorient en lour saisine por raison des II darienes années et que missire propossoit negatoire contre aux : quar segont ce qui est desus dit, il charont en la negatoire se il ne provent titre. Puiz appres Ion dit auseigneur Dauvilles que traistet es honnines et quil presslent certeine partie dou dict bois por lor dit usaige : quar ce est profiz es diz hommes que ha monseigneur : quar Ion autant que il perdrient en la negatoire. Et ausinc fut acordey.
D'obligacion daretaige de nohle.
15. — [p. 9^i] Bernarz sires de Champrenaut estoit obligiez am lettres de persones sur le seel de la cort monseigneur es ques il havoit obligiez touz ses biens. Appres ce, il vandit Champrenaut a monseigneur Jehan de Arcy. PIusouz qui avient lectres sealees dou ditseaul requeroient a monseigneur que il fiest mestre les dictes lettres a execucion sur le dit acheteour qui tenoit Champrenaut. Quar li diz Bernarz li havoit obligiez touz ses biens es dictes lectres an tel manière : Champrenauz estoit obligiez an quelconque mein quil fuet venuz. Le dit Jehan disant au contraire, et disoit que li diz Bernarz ne pohoit obligier Champrenaut senz le consantemant dou seigneur dou fie; et li diz iehanz lavoit acheté dou consantement dou seigneur dou fye, et li autre ni avoient droit por lobligacion faite senz leconsantemant dou seigneur dou fye, moime comme ce fut obligacion généraux; par la quele chouses de fie ne sunt pas obligies senz le consantemant dou seigneur dou fye; nene devoit movoir ce que Ion pehut dire que quant li diz Bernarz tenoit Champrenaut que a la requeste des diz creditourz Ion pouhoit vandre Champrenaut et conlroindre le seigneur dou fie dou louer ou dou retenir : por quoi il sanbleroit que ou cas ou quel li diz Bernarz lauroit vandu que auxinc pehut Ion exploitier sur lachateour : quar li acheteres qui li a cause dou dit Bernart ne hay pas plus grant frainchise en la chouse que li dit Bernarz. A ce respondit li diz acheterres que la dicte raisonz ne concluhoit pas porceste cause : quar ou temps que B. tenoit Champrenant quil esploitest et miest a execucion suer Champrenaut, cen nestoit pas [p. 93] par vertu Ch. 5
de obligacion reele : quar il aan hi avieat point comme li sire doufie ne li fuet assantiz, mas estoit par vertu de lactioa personeil par laquelle li diz B. estoit tenuz, et par la quele Ion metoit a execucion la dicte action es bien, dou dit B. combien quil ne fusient obligies. Par laquele chouse se cilz biens qui nti sunt de riens obligies sunt translatez en autre persone dou consantemant dou seigneur dou fye, Ion ne puet mètre a execucion sur lautre persone es biens qui obligie ne sunt : quar li actionz personelz nansuit pas certeine chouse. Les parties auxinc oies Ion commanda dabundant que Ion sanformet que se li deniers de la dicte vandue estoient tourne des doz des lestres saelees dou dit seaul; et sil estoit trovey que il fussint torney li acheteres demoreroit am paiz. Et il fut appres trovey par informacion que li deniers estient tornei, par quoy li diz missire Jehanz doit demorer am paiz. M CGC II.
De plusours partaiges entre frères.
46(1). — Lon dit communément en Bourgoigne que la costume de Borgoigne si est telle que li frères meinez puetpanre son partaige combien quil soitdou fie dautru a son aigney frère.
Et ceste généraux paroule puet mettre meintes genz en errour : quar aucuns cas puet avenir qui an celé costume a leu et en aucun ou ele na pas leu; et por ce fut mis desouz li cas ou li costume a leu tout clarement, et es quels la costume ha le contraire et es quels lon sen doute. Et tex est li cas :
Cest li examples.
17 (î2). — Il havientaucunefoiz queaucuns tient chouse en fie daucun seigneur : mectons en exemple de monseigneur le duc^ et toutes ces chouses il tient de fie, puiz appres il muert [p. 94] et hay plusourz anfanz liquel devisent entre aux les devant dictes chouses et an tele manière, li aignez an tient partie et li autres autre partie. Et an ce cas la costume ai leu quar li maignez puet panre ces chouses de laigney, et li aignez le demoine de ces chouses quil tenoit devant et le fye de son frère doit repanre dou chevalier seigneur et an doit estre ses bons. Et ou cas dessus dit aucuns dient que li aignez doit tenir la
(1) Giraud, § 177.
(2) Giraud, § 178.
moitié don demoine et li autre dient le contraire que il solîst quelconque partie petite que il anteigne(l) don maignez. Et en ce cas li maignez ne puet pas panre de laignez ne na pas Icu la costume desus dite; en cest cas einz doit re panre dou chevalier seigneur. Et ha bien raison et diversetey entre le principaul et le segont : Quar ou premier tans li fiez nest pas mis en riere fye masla partie tant seulement, la quel chouse la costume soffre et en outroie ; mas selonc ce cas toute la chouse saroit mise en rere fye ou domaige et contre la voluntey dou chevalier seigneur qui saroit multe contre raison.
De cas de fie et certeines.
18 (2). — Item il avient que aucuns tient pluseurs certaines et plusieurs fyez : cest asavoir certaine chouse a I fye et certaine chouse a l autre; et puet Ion par exemple mètre le fil qui tient laretaige de son père a l fye et celi de sa mère a I autre : soient chastelerie, maisonz, forz ou pleines terres, li quex muert et ha plusours anfans. Et en cest cas se les [p. 95] chouses de lun des fiez vieynenta lun des enfans et les chouses dautre fye viennent a lautre, li maignez ne puet repanre de laignez par la cause desus dicte : quar tout recharroit en rierefye.
De partaige de fil maigne.
19 (3). — Item, an touz les cas ou li maignez puet panre son partaige de laignez en cest meisme cas la fille aignee puet panre son partaige dou fil maignez : quar an ce cas la fille est touz iourz iugee meignee au regart dou fil qui touz iorz a laignaete devant la fille. Et de ce fut bien mis sire enfermet par les lesmoins que Richarz Anthigney trahit contre monseigneur sur ce que messire disoit que la suer dou dit R. qui estoit aignee havoit reprins dou dit. R. Por les chouses desus dictes il apert quil est affaire ou cas dou dit R. et de sa suer aignee. Quar se di partaiges de sa suer quele ai requis de R. estoit uns souz fiez desseurez des chouses desus dictes que R. tant ele ne puet faire. Et se cen estoit partie dou fye que R tient de monseigneur, faire le puet.
(1) Giraud, § 179.
(2) Giraud, § 180.
(3) Giraud, § 181 et 182.
Deschoite de fye de souverain.
20 (1). — Item il avient aucune foiz que aucuns tieat plusours chouses au fie de monseigneur et autres choses dautre fye et puis appres rauert et hay par avanture II anfanz. Ci dui anfant antrent an loumaige dou seigneur de cui les unes des chouses muevent de son fye par indevis, chascuns por son droit. Et an tele manière li sires ha II hommes et II fyez de celé chouses puis après [p. 96] li uns des frères prant son partaige es autres biens qui ne muevent pas de cest fye et quite por ceste chouse a son frère les chouses dou dit fye. Li sire ne puet pas dire que li droiz a celi qui ai quite a son frerc li dit commis mas ciz a cui les chouses dou dit fie demourent doit faire II fyez au seigneur ou cas des filles a la dame de lour bailher. Et senblaubles cas est avenuz nouvelement en la personne de Guilleme Despoisse et de damisele Juhanne sa suer, et généralement en autre cas. Qui oncques mest en aucune meins ce quil tient en fie dautrui sanz le consentement de celui a qui il apartien il pert le fye; et est commis au seigneur dou fye ce qui est mis en autrui mein sanz le consentement dou seigneur.
De reprise de fyez de frère a autre.
21 (2). — Item ou cas ou li maignez frères puet repanre de leigney, li meigney puet repanre se il vuet dou chevalier seigneur. Quar nécessitez ne li est pas mise quil ne puisse repanre dou chevalier seigneur.
De moichote trovee, la costume.
22 (3). — Moichote trovee apartient selont la costume de Bourgogne a celui qui ha la aute iustice dou leu ou la moichote est trouvée; et non pas a celi qui ha la petite iustice.
Daiorner sus dessaizine.
23(4). — Se aucuns fait aiorner aucun, et puis après li face
(1) Giraud, § 183.
(2) Giraud, § 184.
(3) Vacheret, 42; Giraud, 196.
(4) Giraud, 307.
demande suer dessaisine novele ou suer novel trouble, se la [)ersone aiornee demande iour despansement il nan aura point. Et est asavoir que Ion apele novele dessaisine, novel spoliation ou nouvel [p. 97] trouble [trouble] qui est faiz dedanz lan, et por ce il est raisons que si li persone aiornee a oui Ion fait la demande, demande lesclarcissemant don temps, Ion li doit faire. Quar par le dit eclarcissement, il aperra se cilz aura iour despansement ou non. Et en tele manière fuit il prononcie en la persone de la dame de Grancey et de Guilleme Despoisse.
Damande de coper bois.
24 (1 ) . — Lamande dun chaigne coper est de vu solz segont la costume de Bourgoigne lai ou li chaignes est moiens et ne porte point de glan. Quar se ceestoit chaignes de aute fourest, lamande serait de Ixv solz. Et en ceste manière fuit il pro- Dunciez et esclarciz par le consoil em la sentance que li baillis de Diion havoit donee por cels de Cyteaux contre les habltans de Orsanz por raison du bois de Gharbonay.
De seigneur qui fait nouvel statutz.
25 (2). — Se aucuns ha aucune ville ou il hait iustice et seigneur, et après face statutz et convenances es hommes de la dicte ville que se il se meffont ou cas ou il se mefferont il paieront moindres amandes quil ne soloient et moindres que la généraux costume de Bourgoigne ne done, tels statutz et convenances ne vaillent. La cause si est telle : quar il done occasion de maul faire par la petite amende.
De retraire an vile.
26. — Item, li homme des viles voisines ou preludice ou domaige de lor seigneur se trairont en la dicte vile.
Item, ce seroit contre la generaul costume de Borgoigne. Et en ceste manière fuit il prononciez de cels Citeauls et de cel de Gilley.
(1) Giraud, § 72.
(2) Giraad, § 49.
Daiorner et de veoir publicacion de tesmoins.
27 [\). — [p. 98^ Se aucun est aiornez por veoir publicacion de tesmoinz et dauler avant por tant comme raisons sera et face deffaut, par ce ne pert il mie quil ne puisse dire contre les tesmoins et lourz diz se il pouhoit dire devant. Et ancor est ceu a antandre ou cas que publicacions seroit faite et Ion saroit aiornez por auler avant par tant comme raisons saroit : quar se il fait deffaut se porra il dire une autre jornee contre les tesmoinz et lourz diz. Mas ou cas quil saroit aiornez ou jornee li saroit assignée nonmeemant a dire contre les tesmoinz et il ne venet, il ne porroit dire danqui en avant se il ne descorpoit le deffaut de la jornee. Et en tele manière fut pronuncie en la persone dou seigneur de S^-Burri et de Monseigneur G. de Macellois.
De suigre son apel.
28. — Mes sires G. de Macellois avoit apele dune santance donee dou Seigneur de S. Burry li sire de seintburri disoit que ii diz missire G. avoit perdu son apel por ce quil navoit porsuigu en leu et en temps ; li diz G. disoitque bien avoit porsuigu en leu et au tans. Et sur ce hai trahiz tesmoinz contre lesques li sire de Seint Burri voloit dire et proposer aucunes chouses et requeroit iour de dire contre les tesmoinz, lautre partie contredisant de dire contre les diz tesmoinz.
Des II frères qui appelèrent de santances.
29. — Mes sires Erarz Darcees et messire G. ses frères avient apele dune santance que li bailliz de la montaigne havoit [p. 99] donee contre aux por Monseigneur H. dou bois por raison de sa famme; et furent bailles eniugement les actes faites par devant li dit baillif. Sur lesquelles actes les parties se mierent en droit. Puiz appres li dit frère ne poursuiguerent pas Iour apel. Por quoi disoit li diz H. quil estient chauz de leur apel. El fut dit a droit quil ne perdient mie Iour apel quar Ion pouhoit bien dire droit en labsence daulx puiz que
(l) Giraud, § 306.
la chouse estoit apointié a hoir droit et que ciz dellauz ne lour nuisoit riens.
Hem par ce que lour ne trova pas les actes dou procès rieres la cort il proposserent lourz faiz en divorces manières lequel une jornee lour fut assignée por lou prover par davant le doien de Beaune et maestre Pierre de Pommart.
De vandue daretaige antre frères.
30(1). — Ilestient III frères, liprenaiez vanditsonheritaigeau segont, li tierz vuet avoir le Rachat par moitié en presantanl la moitié de largent de la vandue. Et ce fait dedanz lan et le iour de la chouse vandue convenaublemant, il aura le Rachat segont la costume de Borgoigne. Et ce est generalmant en touz cas ou persones coupèrent et présentent qui sunt en teil point et en teil grey au vandeour comme estoit li achaterres.
De ranter famme de religion a sa vie de sa terre.
31 (2). — Se aucuns met sa fille en religion et li promette rante a vie et puis après muert. Sa famme qui prant la moitié an ses biens por cause de dou [p. lOOj aire paiera la moitié de la rante, ja soit ce quele revocoit les muebles et es debtz. Et auxi est a antandre ou cas dou frère qui promet a sa suer, et généralement en touz cas ou li mariz est tenuz certeine rante a paier a vie; ele après la mort de li panra la moitié de la charge combien quele quitoit muebles et debt. Et an tele meniere li douaires est frans de debs paier dehus une foiz et non pas de debst dehuz a vie domme.
Et em tele meniere fut il pronuncie en la persone de la dame de Rosillon.
Daiornement sus cause de spoliacion.
32 (3).— Se aucuns fait aiorner aucune persone par devant son iuge et formoit sa demande contre luy sus cause de spoliacion, se il fait aiorner dedanz lan , ciz qui est aiornez sera
(1) Gfr. Giraud,:?.
(2) Giraud, § 24.
(3^ Vacheret, 24; Giraud, §308.
tenus de respondre et naura point de iour despansemant por ce queli faiz nest sorannez. Et ce est a antandre généralement !ai ou aucuns se cleime despoiliiez soit deritaige ou de meubles ou de chatex. Et an tel meniere en cest cas ou li aiornemanz est faiz de danz lannee, il na point de différence entre heritaige, muebles et chatex. Mas ou cas que li année seroit passée il hauroit grant différence entre heritaige dune part et moubles et chatex daulre. Quar ou cas declaret li aiornez ne seroit pas tenuz de respondre sur la possessoire; ains ai sera li aiornez dou tout exclux sauf a lui le droit de la proprietey. Mas ou cas de moubles etde chatex li diz aiornez sera lenuz de respondre tôt [p. iOl] actes, il aura ses suites et ses loignes secont la costume. Et ces chouses sansuignent segont la coslume de Borgoigne combien quil an hi ait aucunes qui soient contre droit.
De douaire et de la possession bavoir.
33. — Constanz esLoit entre .Monseigneur ErarL Darceies et Monseigneur G. son frère dune part, et Monseigneur li., dou bois pour cause de sa famme qui fut famme Milot Darcees mort frère des diz ErartetG. daulre, sur le douaire et la possession dudouaire, que li diz H. demandoit aucuns biens qui estient au dit Milot autans quil ala de vie a mort. Et proposa li diz H. la saisine et la possession dou dit douaire. Ancor proposoit quil estoit prez de prover les dictes choses por meintenant, lautre partie proposa que segont la costume il estien saisi et dévoient demorer saisi des dictes chouses comme hoir dou dit Milot, sauf a la famme tout le droit que ele pohoit avoir es dictes chouses, et devoit havoir par raison de son douaire. Et comme une chacune des persones des dictes requerissient quil hostet sa mein des dictes chouses quil tenoit por le débat desus dit, sur ce il se mierent en droit par devant le dit bailli. Li ques bailli pronunça a droit que li meins monseigneur demorra es dictes chouses et ancor pronunça que li diz H. seroit recehu a la prove; de laquele santance li dit frère apelerent a monseigneur. 11 est pronuncie les santances dou bailli estre bones et lapel mauvaiz, toutesvoie en la clause ou il contenuz que li diz P. seroit recehuz; et est et sera an tel manière a antandre que il sera recehuz a la prove de la possession quil propose, la quele [p. 102] terminée il sera recehuz a la proeve de
la convenance el de lessise clou dotiaire selonL ce que raisonz sera.
Gommant Ion doit user au bois.
34(1). — Se aucuns ouLrie a aucune persone ou a pluseurs ousageen son bois, exceptez nommeementlll arbres ou IIH porlanz fruit : cest asavoir chaigne, fou, coudre, aubespin ; ciz a oui li usaige est outroiez porra user an tous autres abras combien quilportient fruit, exceptez tant seulement les diz IlII abbres. Acordez fut et non pas pronuncie en la persone de cels de la Pariere.
De doner rante a vie domme.
35 (2). — Se aucuns combien quil soit au lit de la mort done a aucun rnnte a sa vie ou a perpetuiley et ossee la rante sur son heritaige, la famme quil prant la mitie de haretage par raison de son douaire paiera la moitié de la charge, se elle na douaire devis: quar se ele avoit douaire devis li mariz ne porroi mètre charge sus ou preiudice de la famme. Et en tele manière fuit il pronunciez par monseigneur Hamee de Gutigney contre la femme R. de Rachonay qui fut famme au dit Amee qui lui avoit done rante sus son heritaige.
De la vahue dun abre au baillif.
36 (3). — De la dame de Rosillon et de monseigneur Pierre de Moutanteaume, de la vahue de labre et se li baillis aura recours de ce de quoi !on apeley de lun. Li bailli pronunca maul : quar de la vahue de labre sera faiz li recourz dou bailli, ne ne sera pas ouiz [p. 103] puis que Ion ha apeley de li.
Dou gouvernement de Brancion.
37. — Brancions se gouverne por cosiume, et li costume est telle que ciz a qui se claime desconsoilliez ne fera point de sairement.
De douaire sur la moitié des biens.
38 (4). — La dame de Rosillon qui avoit son douaire de la
(1) Vacheret, § 6; Giraud, § 48.
(2) Vacheret, § 7; Giraud, § 23.
(3) Vacheret, § 8.
(4) Vacheret, ^9; Cfr. Giraud, § 2.
moitié des biens ausseigneur de Rosillon mort; et voloit avoir sa moitié a une part; et por ce fit des diz biens II parties an requérantes hoirs quil preissentlune des parties et li lauselient lautre por son douaire, ou il feussent des diz biens II parties et elle panroit lune. Li hoir disoient quil ni estient tenu de panre la partie faite ne dou faire por ce que li dame estoit seulemant ususfructuaire en la moitié, et li moitiez devoit venir an communs entre les hoirz. Il est pronunciez que li hoir panront la partie, ou la feront et ele panra. Et sil ne volient ce faire dedanz certein terme; ele panra laquele partie que ele voudra por ley.
De saisine de biens eschoiz.
39 (1). — Odoz de Rossillon disoit quil souz et non ses suers devoit avroir comme masles la saizine des biens au seigneur de Rosillon son oncle mort par la costume ; et disoit que an tel cas li masles devoit avoir la saizine. Il est pronuncie que les dictes suers ou lour hoirs viendront, ansamble le dit Odot, a la saisine desdiz biens, por ce quil na proposey ne provey queles fussient mariées de père et de mère.
De vandue de terre.
40. — Messire Phelippes de Chailley vandit la terre sa [p. 104J famme et li assera les deniers, et li bailla de son haretage en recompensacion. Li dux le conforma, et en rechut sa famme. Li hoir dou dit Phelippes destorbent la famme en celé assignacion. Il fut pronunciez quele demorera saisie, quar li diz Chevalier tenoit ou non de li et especialement que li dux lavoit louhe desouz le sael de sa chambre.
Dassignacions doumes taillaubles.
41 (2). — Messire Doigney devoit asselter terre a monseigneur G. de Sautrone et li voloit bailler hommes taillanbles, et voloit que li tenemanz des diz hommes fuessint estimey et li taille. Messire ha pronuncie an tel manière queli assignacion sera faite combien quil soient taillauble et de mein morte; que
(1) Cfr. 95. — Vacheret, § 10. Cfr. Giraud, l?,.
(2) Cfr. Giraud, § 161.
Ion regardera combien il hont paie par VII anz passez, et sera ceste somme mise ensemble et 'partie en VII parties; et sera ensi por la Vil'' partie de la somme de la taille, et ne cliiet la mein morte, ne la taille, ne justice.
flavoir vahue sus articles.
42 (1). — Li sires de Verdun sestoit obligiez de respondre troinchiement a articles contre monseigneur R Dauxois et an demandoit la vahue. 11 fut pronuncie quil non avoit point.
Doume de mein morte sanz hoir.
43 (2). — De la costume de loume muerant senz hoir de son cors an mein morte. La costume est que iMissire hait les biens de teil son homme de mein morte qui sunt en autre iustice et muevent dautrui, ou dautru costume, ou dautru terre, sauf tant que dedanz I an il hostera touz les biens de sa mein.
De prover paiemant par lettres.
44. — [p. 105] G. vant son prey B et lan baille lectres. B li promest paier le pris et faire les lectres. Cilz vuet prover sa paie par les lectres, la prove nest pas sofisanz.
De marcheande commune.
45 (3). — Se une famme est marcheande commune, ses mariz ne puet despecier le marchie quele aura fait ne retarder le paiement; ainz sera controinz au tenir.
De recevoir ploige.
46 (4). — Il est acordez dou consol monseigneur que Ion receoit ploige daucun suspectenoux de crime de cors, laquele ploige se oblige cors por cors ; et li suspectenous ne vaigne, les ploige sunt en teil polne comme il, non pas quant a poine de cors mas quant es biens. Et sera aiornez soulemant, et se il ne vient, Ion exploitera sus lui des biens.
(1) Vacheret, 22; Giraud, § 300.
(2) Cfr. 99. 100; Giraud, § 42.
(3; Giraud, § 64.
(4) Giraud, § 61.
Dapeler de murtre ou de larecin.
47 (1). — B. appelé un autre de murtre, seil ne dit de quoy gaiges de bataille ne si afiert pas.
De manières davoir apeals de la cort.
48. — Il est ordenez que qui apelera que il pranne son aiournenrjant dedanz x jours appres le dit appel. Et se, des le iour que li aiornemanz sera donez, nai xv jourz iusques es premierz jourz des apels, les parties seront esiornees es seconz jourz.
De venir a eschoite.
49 (2). — Costume est teile en Bourgoigne : muert I bons sanz boir de son cors ou senz descendons et bait collaterels, des ques aucuns li apartienent de par père et aucuns li apartienent de par mère tant soulemant; [se] (3) delà persone morte bavoit beritaiges qui lui fussient venuz de par son père, cilz aretaiges a [p. 106] vindra et escberra au lignaige de père tant soulemant, et li lignaig'is de par la mère ni prandra riens. Et en ceste manière, se ele avoit harelage de par mère ou dencoste, li diz baretage avindroit et esclierroit au ligniage de par la mère, et li lignaiges de par père ni panra riens. Et ceste costume est a antandre : cest asavoir combien que li lignaiges de par père ou de par mère soient en divers grez ou an lointein ou an proicbein : quar se la persone morte avoit I frère de par père tant soulemant et I cusin de par mère tant soulemant, li baretage que li persone morte bavoit de par sa mère avindra au cusin de par mère combien quil soit en plus lointein degrey, tout auxi bien comme li baretage de par père avindroit au dit frère combien quil soit em plus procbein grey.
Ou est (ce) porroit que la persone morte bavoit conquis baretages ou meubles. Or porras tu demander auqueil li dit baretage ou moubles avindront, ou au lignaige de père ou a celi de mère? A ce respont : se li lignaiges dou père et li
(1) Giraud, § 54.
(2) Vacheret, 12 ; Giraud, 20.
(3) Vacheret.
lignaige de la mere sunten iigaulz grezouau diiiers, toutes voie descendenz de celz qui estienl en cel meisme grey, li aquest el li nuieble desus dit avindront uguelmant par moitié es II lignes; mas se il estoient en divers greiz, les plus proucheins lignages soit de père ou de mere amporteroit tout laquest el les meubles desus diz. Et en tele [p. 107] manière mes frères tant soulemaut anportera touz les diz acquez et meubles ancontre mon cusin germein de par mere tant soulemant, et par raison dou plus prouchein grey. Et toutesvoies mes frères de par père tant soulemant nan portera autremant les diz meublas et aquez contre le fiz de mon frère de par mere, ainz vindront uguelment combien que li frères de par père soit plus proucheins que li nief de par la mere. La raison si est telle por ce que li nies si est desanduz de celi qui estoit en I moisrae grey avec mon frère. Quar generaulmentlondit que an touz cas segont la costume de Bourgoigne li dessandans si represante la persone de son père en toutes eschoites ou de son aueu. Quar en la manière que ses pères ou ses auyoux venet a la susceclion daucun ou touz soubz, ou avec autrui, en celé meisme meiiiere ou au celé meisme forme li descendenz vindra. Et ce est ce que Ion dit vulgaumenten Borgoigne que ce qui escheroit au père escherra au fil.
De partaiges par plusours lignies.
50 (1). — Item, la costume desus dicte est tels et doit estre antandue ou cas ou li persone morte avoit lignie de par père tant soiemant et lignie de par mere tant soulemant. Quar se ele havoit lignie qui li appartenest de père et de mere assanbleemant et autre qui li apartenet de par père tant soulemant ou de par mere tant seulemant, et saroit dou tout exclux. Et au mest example metons qui iai I frère de père ou de par mere ansamble et I autre [p. 108] de par père tant soulemant, et I autre de père et de mere, en cest case se i muir, tant seulemant toute ma suscession soit de père soit de mere vindra a mon frère germein, et mes frères de par père ou de par mere sera exclux et ni aura riens ja soit ce qui li haretage soient venu de par mon père commun; et ne auxi mes frères de par mere, ia
(l)Vacheret, 13; Giraud, 20.
soit ce que li haretage soint tenu de par ma mère commun. Et est li raisons, por ce que mes frères germeius me tient a double iignie. Et an telle manière ie lantan es grez lointeins : quar se ie avoie I cusin fil dou frère mon père li quel nestoit pas frères germeins, mas tant soulemant de par père ou de par mère, mes cusins germeins fiz dou frère germein mon père vindra a toute meschoite soit de père soit de mère; et li autre an seront don tout exclux. La raison est por la double Iignie, si comme desus est dit.
De deniers bailles por heritaige.
51 (1). — Item, quant ou cas desus dit nous tenons por haretaiges deniers dehuz par cause de mariaige qui paie ne sunt. Et parce se aucune persone muerta iaquele Ion devoit deniers dehuz por cause de mariaige et sa mère muire sanz descendanz, li deniers sunt auxi comme aretaiges et avindront tant soulemant au lignage de par mère. Et auxinc fut pronuncie a Beaune an la persone Garniot de Monbar auquel Ion devoit les deniers dou mariaige sa mère, li quex doz avint au lignage de par la mère tant solemant.
De mariaiges de filles a partie.
52 (2). — Se aucun hons, sa Famme morte, ou aucune famme, [p. 109] son mari mort, a pluseurs filles et aucune an marioit et lor donit certeines chouses et aucunes an reLeine rieres soy, celés qui demouront de celi sous qui mariées aura les autres porront requérir es filles aincois mariées qui raportint ceu queelesen auront portey et partintavec eles.Et auxiles mariées lou porront requérir a lourz suez que vaignient avec eles a partaige raportint ceu queles en auront porley por ce, se eles nont faites quitances. Et ce est ce que Ion dit vulgaumant an Borgoigne : coUoignes partent.
De douaire de famme veve quant a partaige.
53 (3). — La famme servi vaut, Iaquele na hau douaire devis, demoure douée segont la costume de Borgoigne de la moitié
(1) Vacheret, 14; Giraud, 21.
(2) Giraud, § 12.
(3) Vacheret, § 15; Giraud, §4.
de louz les biens desquex ses mariz esLoit saisiz et vostuz a[i tans quil ala de vie a mort. Et celé moitié anporte ele a sa vie sus les anfanz quele ha de son mari ou sus les aretaiges dou dit mari. Et se il avient que H mariz hait aues plusouz fammes, et de icelles ait anfanz, et de la dariene nan hait nuls, appres le deceps de li, la dicte dariene famme anportera la mitie de touz les biens de quoi il estoit saisiz au temps quil ala de vie a mort. Et sil avient quil ait anfanz de la dariere famme, cil anfanz de la dariere famme vanront ulgaumant a leschoite de lour père avec les anfanz des premières fammes; et sera partie îi eschoite dou père entre touz les anfanz des dictes fammes par brainches et non pas par testes [p. 110]. Quar an tant anportereyt li anfant de lune des fammes comme li anfant de lautre jai soit ce quil hait plus danfanz de lune que de lautre. Et en ce cas ou quel il li a anfanz de la dariere famme, la dariere famme panra son douaire sus ses anfanz tant solemant : cest asavoir la moitié de touz les biens que sui anfant part[i]ront avec les autres anfanz des autres fammes. Et se li mariz fait douaire devis de plus de la moitié, li douaires ne vaut, ainz sera raportez et restituez en la manière desus dite.
Gommant aïeux se doit repanre.
54 (1). — Accorde fut par le conseil que noble persone ne puet repanre aïeux de borios ou de non noble, soit an deniers recivant, soit por cause de don. Et ancor est il acorde que boriois o non nobles ne puesse repanre son aïeux de boriois ou de non noble, quar noblece de lie ne chiet pas en persone de boriois ou de non noble.
Dapeler I homme au [teur] de murtre.
55 (2). — Lan mil CC HIT* et V, landemein des feux, Joceranz de Yllerey dit a Gauthier bonami quil estoit murtrex. Et G. li avoit dit quil estoit plus murtrex. loceranz geta son gaige por lui deffandre. Il ni hont point de gaige, quar il ne dit pas de quoy li murtres estoit.
(1) Vacheret, § 17; Giraud, § 189.
(2) Vacheret, § 18; Giraud, § 223.
Gommant marchiez de famme est tenuz.
56 (1). — Li famme Perel de Mont cenis avoit acheté le pois de mont cenis por XL sols. Ses mariz cootredisoit le marchie, et ne voloit que Ion priest nul de ses [p. 111] biens ne des sa famme por raison des XL sols; li marchiez se tanra et sera tenuz, et seront controint ele et ses mariez par la prinse de lor biens a paier la diclo somme por ce que la dicte famme est marclieande commune.
De prove par lettres.
57 (2). — Li Rosses de Geigney havoit vandu a Hugues Broissant I prey. Lettres furent faictes de la vandue. A loutroier les lettres, li diz Hugues promita paier le pris au dit vandeour. Il v[e]ut prover la paie par la lettre. ïl ne la provera pas soffisaumant. Por quoi li châtelain de Brancion le condampna a paier le dit pris. Il an apela au bailli, et dou bailli au duc; et li duc confirma la santance.
De fye de bois.
58. — Gorges de Vionges tenoit I bois. G. de Biaisey disoit quil estoit de son fie, et por ce quil nestoit hanz en sa foi. Il estoit essennez au dit bois, et an avoit porte^ pris et copey le parz dou dit Gorge qui estient dedanz les diz boiz. G. demandoit la recreance par le baillif de Diion. Li dit bailliz li fit avoir en tel manière que iornée fut assenée au grey dou dit G. par devant le dit baillif a respondre troinchiment au dit fie. A laquele iornée li diz G. avoua le dit boiz estre dou fye au priour de Bar. Si requeroit esLre raiornez et ranvoiez a la court dou dit priour. Et cen meesmez requeroit li diz priouz qui presenz estoit. Li diz baillif pronunca que li courz demorroit, et nan raavoieroit point au dit priour. Li diz G. en appela au duc. Il est pronuncie par arest [p. 112J bien estre pronuncieet maul apeley, especiaument par la iornée agrée dou dit baillis.
(1) Vacheret, 19; Giraud, § 224. Cfr. Giraud, § 64.
(2) Vacheret, § 20; Giraud, § 226.
De non avoir vaue sus articles.
59. — (1) Li sires de Verdun demandoit ior de vahue contre le signour de Marcilley sus plusours cliouses contenanz an certeins articles esques il sestoit obligiez de respondre troinchiement premierennant. Et li est pronuncie quil naura pas ior de vahae.
Âpeaux ne vaut dou duc devant ses auditourz.
60. — Acorde est, ia soit ce quil ne soit pronuncie par devant le duc, que apelsfaiz de ses auditourz a monseigneur ne vaut. Et par ce li appeaux que Erarz Darcees fit contre le chapitre Dostun des auditourz ne vaut. Por quoy bon seroit que se li chouse nestoit bien clere a tesminer que li auditours des apels ne pronuncessient pas, mas an ouassient iusque a la santance randre. Et lors missire fiest commission especiaul a aucune persone de pronuncier. Quar qui appeleroit de celé persone a monseigneur, Ion ne 13 porroit faire; mas es generaulx auditourz ien puet apeler.
Daiornemant sus spoliacion.
61 (2). — Se aucuns fait aiorner aucune persone par devant son iuge, et forme sa demande contre luy sus cause de spoliacion, seil le fait a aiorner dedanz lan, ciz qui sera aiornez sera tenuzderespondreet nen naurapoint de lour despansement, par ce queli faiz nestpassorannez. Et ce est a antandregeneralment lai ou aucuns se claimedespoilliez soit daretaige, soit de meuble ou de chatex et en tel menere en cest cas li aiornemanz est faiz dedanz lan; il na point [p. 113^ de diiïerance deritaige de muebles et de chatex. Quar ou cas ou li anee seroit passée, et lannee passée Ion fiet aiorner, auroit grant differance entre haretages, dune part, et meubles et chatex, dautre. Quar ou cas daretaige, li aiornez ne sera tenuz de respondre, mas sera exclus sauf a li le droit de la proprietey ; mas ou cas de moubles et de chatex, li aiornez sera bien tenuz de respondre tout ades il aura ses suites et ses loignes segont la costume. Et ces chou-
(1) Vacheret, § 22; Giraud, § 300.
(2) Vacheret, § 24; Giraud, § 308.
Gh. 6
ses sansuignent de la costume de BourgoigQe, combien que aucunes des choses desus dictes soient contre droit.
Le cheval qui tue homme.
62 (1). — Uns garçons chevauchoit I chevaul, et an menoit I autre en destre qui estoit monseigneur Ihean Darc. Le chevax quil menoit en destre tuai I enfant. Li chevaux qui tua lanfant est commis a la iustice dou leu. Ce fut acorde par le consoil, combien quil ne fust pas prouunciez, et ne fut riens ordone dou garçon. Landemein de S^ Martin diver, mil CGC et III.
De don de muebles et daquez.
63 (2). — Pronunciez est que li dons des meubles et des aquez que li famme Jehan de Nuiz tabellion fit a monseigneur vaut, non obstant les raisonz que maistres G. de Gilley proposoit contre le dit don; li quelz estoit oncles de la dicte famme.
De traire espee ou glaive sus autruy.
64 (3). — Se gentiz bons trait lespee ou le courtel suer autru, li amende est arbitraire. Autre chouse est de celi qui nest pas gentis bons : quar il pert le poin ou Ixv livres. Mil CGC et IIII a la St martin diver [p. 114].
De diuers greiz.
65 (4). — Se aucuns ha lignaige en divers greiz, aucuns en pruchein et aucun en lointein, dou consentemant a celi qui est ou prouchain grey, il puet faire hoir de celi qui est ou lointein des chouses raeuvanz de fye sanz le consentement dou seigneur dou fie sans faire forfaiture.
De avoir terre.
66. — Se aucuns ha terre en autrui iustice li sire de la iustice ne puet defîandre par raison de la iustice qui ne face molin. a vant en la iustice.
(1) Vacheret, § 25 ; Giraud, § 59.
(2) Cfr. Giraud, 10.
(3) Vacheret, § 28 ; Giraud, § 60.
(4) Giraud, § 23.
De suscepcion.
67 (1). — Li pères ne puet rapeler a sa suscepcion la fille mariée de père et de mère au cas quele an ha porte aucune chouse par son mariage sil hi a fil qui doige venir a suscesion.
Daretaiges taillaubles.
68 (2). — Se aucuns tient heritaiges taillaubles et exploitaubles au signour de cui il les tient, liquel heritaige sunt en la auto iustice dautre Signour, se li bons qui tient les dictes chouses se forfait, les dictes chouses demorront forfaites au dit seigneur de cui il les tient; nonmie au sire de la aute justice. Li meuble sunt au sire de la aulte iustice por la costume de borgoigne.
Des eschoite de bestart.
69 (3). — Messire li dux qui leschoite des bestars en sa terre doit paier lour sépulture.
De avoir censive.
70. — Se plusourz persones hont censés por indevis sur une meisme chouse, li uns plu li autre moins : cest a dire que li uns hait de [p. 1 15] celé censé II deniers et li autres I denier, li profiz des loux vanra, ou de la rieterre vanra, a un chascun des censiez porte le partie comme il ha en la censé : cest asavoir a celi qui prant les II deniers les doues parz, et a celi dun denier la terce partie.
De fruz lever.
71. — De la requeste au sire de Verdun quil fit contre David dou bois des fruz leveiz puiz lan commancemant dou plait : se il an fit mancion en sa demande il saront sauf puis que li plaiz fut entammez, autremant il ne seront pas sauf.
De apeau de santance de baillis.
72. — Messire Pierres de Saveroinges apela dou baillis de Dyion de ce que li bailli avoit pronuncie davoir faire enqueste
(1) Vacheret, §31 ; Giraud, 14.
(2) Vacheret, § 32; Giraud, § 43.
<3) Vacheret, § 58, 33; Giraud, § 198.
sur la seguremant que li diz P. havoit brisie en cen quil avoit batu Odot sergent de Saveroinges si comme disoit li diz sergenz. Li apeaux doa dit P. fut pronunciez mauvaiz.
De lâchât des rasins.
73 (1). — Li sires de Mailley por sa persone et por ses anfanz de sa famme par lesques il soubliga de chouse aiugie que il ou non de sa famme, et dont [li] dit anfant et lourz devancierz estoient an possession de xxx anz et pliiz de lâchât des rasins de Pommart et de panre les rasins que Ion vandoit a autre qua eux par le temps que li banz duroit. Et disoit que laques de Pommart li troubloit la dite saisine. Li diz iaques disoit que il et sui devancierz estient saisi de xxx anz et de plus de acheter rasins a Pommart le dit banc durant [p. 116]. Nie decai et délai, il est pronuncie que li uns et li autres ha bien provee santancion, et est aiugee la possession des xxx anz a lun et a lautre.
De debtes dehues a plusours genz sus fye.
74 (^2). — Messires Pierres Largeux devoit a plusours genz devant ceu quil ahust obligie sa terre au seigneur dou fye. Il est pronuncie que li creditourz queronl acheteor de la dicte terre si autorisaubles comme li diz Pierres, et li sires dou fye retanra ou louera la vandue. Toute voie il sera premierz paiez de tout son debt, et dou soreplux sera faite distribucion es creditourz.
Dune true sauvaige.
75 (3). — Dou chapitre Dostun qui demandoit une truhe sauvaige que Ion avoit trovee a xMontigney. Il est pronuncie se il [)rovent que li aulte iustice soit lour dou dit leu, la truihe lor sera randue.
Damendes de prevost le Ixv sols.
76 (i). — Dou prevost de Beaune et des hommes Descheurones. Li prevoz demandoit a un chascun Ixv sols damande
(Ij Vacherel, § 37 et 4; Giraud, § 215.
(2) Vacherel, § 5 et 38; Giraad, § 188.
(3) Vacherel, § 39; Giraud, § 192.
(4) Vacherel, § 40; Giraud, § 20^.
de par ce que lou landeman de Noueil il havient brisie losteil dun predoume de la vile. Et il se deffandient et disient qui! le facient par esbatemantet por lour baichelerie ; et volient panre an ce dit hostei 1 vallct par ebatement; que ausine lavoient acostume. Lon lor deffandit que ne lou fiessient plus et sunl tuit condampney en Ixv sols tant soulemant.
De moichote.
77 (1). — Guioz de Brion disoit que lon li randest une moichote qui estoit trouvée en sa iustice vers Brion. Sil est trouvez que li leux ou ele fut trovee soit [p. 117] des aparténances de Brion lou li randra la nnoichote, sauf ce que il ne puet drecier forches ou leu ou ele est trovee.
De lamande de Ixv solz au chatel de Brancion.
78(2). — Misires Alixandres de Blaisey avoit fait tuer un buef qui avoit la corne brisie et avoit vandu ses commandemanz la char a talant souz Brancion en la iustice monseigneur. Li chasteleins de Brancion demandoit la langue et Ixv sols damende por ce que lon ne havoit baillie. Et condampnez missire Alixandres au Ixv sols damande.
De lusaige dou bois de Braimur a ces de iully.
79 (3). — De lanquesLe faite sur lusaige que demandoit li prioux de Julley et li homme es bois de Bramuy, il nont provey point de titre por quoi il doigent havoir le dit usaige es diz bois: par quoi il nauront point de droit et sunt condampney an ce quil ni usint plus. Mil CG et illl^^^ VI.
Ceit li sentance sus plait andormi.
80 (4). — Missires Pierres de S;ivoinges disoit que li santance donee contre lui par la dame de Brancion ne valoit, quar il disoit quil navoit pas estey aiornez au iour que la sentance fut donee et que li plaiz avoit dormi plus dun an. Li baillis tes-
(1) Vacherel, § 42; Giraud, § 196.
(2) Vacheret, § 41; Giraud, § 222.
(3) Vacheret, § 43; Giraud, § 47.
4) Vacherel, § 44; Giraud, § 228.
moine quil fut aiornez, il en est crehuz. Et tout atiat li plaiz dormi plus dun an ne cesse pas celé santance : quar li plaiz estoit a oir droit et ne dormoit, mas que pour le juge ; por quoi li santance vaut lan desus dit.
De lestaublissemanz des sergenz.
81. — Il est ordene que Ion establira sergenz especiauls [p. 118] por lexecucion des lettres saelees dou seaul de la court monseigneur le duc faire. Et se aucuns mostre lettres sealées dou seal de la dicte court, Ion gaigera maintenant le détour quelconque cause quil mete avant, et ne fera Ion recreance iusques li debtours hait provee cause sofisant : cest asavoir paie quitance ou fausetey de lettres. La quele provee. Ion li randra ses gaiges et controindra Ion celi qui met la lectre avant a randre touz couz et touz doumaiges.
De obligacion faite.
82 (1). — Delà famme Dauxone et de sire Estiene Baudot. de ce que li mariz de la dicte famme, qui morz est, avoit obligie especiaulment au dit Estiene touz ses biens quil li devoit; si voloit avoir les diz biens et la famme voloit panre son douaire sus les diz biens. Lon doit savoir se la dicte obligacion fut faite devant le mariaige, li diz Estienes aura les diz biens et les tanra tant qu'il soit payez; et se li obligacion fut fuite le mariaige durant, la famme panra son douaire.
De recivre procureur.
83 (2). — De la dame de la Perrière et de Jehan de Torcey, de ce que li baillis pronunca que li diz Jehanz seroit recehuz comme procureres por ce que autrefoiz avoit estez recehuz en ce plait contre la dicte dame. Il fut bien pronuncie et maul apeley.
De la haute garde le duc.
84 (3). — Li gent G. de Verdun qui bâtirent les genz a ces de Masieres qui est en la Rue de Soone desouz Gragy qui est
(1) Vacheret, § 46; Giraud, § 65.
(2) Vacheret, § 47; Giraud, § 231.
(3) Vacheret, § 48; Giraud, § 204.
an la garde monseigneur. G. en de [p. 119] manda la cort. Lon ne lan randra point por ce que li meiïaiz fuL faiz en la garde monseigneur. Landemein des feux, lan desusdit.
De apansement de fye.
85 (1). — De la dame Danlignex et don baillis Dausoix. Li baillis demande apancemant a la dame, de la dame dou fye de quoi ele li demande. 11 an aura appansemanL por ce que il ne si devancierz nan furent onques en la foi de la dicte dame.
De h[av]oir droit au pallemant.
86 (2). — De monseigneur Berthier de Vile conte et des enfanz de Chaulon. Li transcriz que li anfant honL baillie et mis avant ne sera pas creuz, mais li bailii lor donra une iornee por aporter loriginaul sauf le droit dou chevalier; et seront a hoir droit a lautre parlemant.
De recreance.
87. — De la requeste a la dame de Gensiney de sa maison qui fut abatue et de ses chatex pris por ces qui occierent monseigneur Hue de Seinney qui furent recetey en la dicte maison. Lon fera a la dame et a son fil la recreance se il se vuelent mètre en enqueste.
De requeste de douaire.
88 (3). — De la famm.e de Nuiz qui vuet estre douée des biens de son mari : cest a savoir de la moitié; li quex marit ont Il fammes et VII enfanz de chascune. Et celle qui demande la moitié des diz biens na nulz enfanz de sen dit mari. Eleanportera la moitié de touz les biens de son dit mari.
Dou cors de founteine.
89 (4). — De lapel dou cultil de la foutanee. Li fossez sera baissiez commant la fontaine hait son cours.
(1) Vacheret, § 49; Giraud, § 301.
(2) Cfr. Ord. de 1380, § 48; Giraud, § 142.
(3) Cfr. 53, 6, 88; Vacheret, § 52; Gfr. Giraud, §§ 5, 6 et 4.
(4) Vacheret, §53.
88 LE CQUTUMIEU BOURGUIGNON
De franchise sanz titre.
90 (1) [p. 120]. — Des hommes Doisoy vers Brancion qui vuelenl esLre franc par certeine redevance paient a monseigneur. Lon ne Irove titre ne previlege de lor frainchise, por quoi il demorent taillanbies.
Dapeler dou baillis.
91 (2). — De lapel que Jehanz Deloiges a fait dou bailHs de Moncenis contre Girard Surrar et ne la pas aiornez, li baillis ne les puet pas aiorner quar il nan avoit point de commandemant. Et lon avoit apele de lui le iour de luitainve do Seint Rémi.
De ploigerie de famme.
92 (3). — De Guiot bergier et de la famme Estiene de Parrigny. La famme sera tenue de la ploigerie faite au vivant de son mari, par tel partaige comme elle panra an ses debz et en ses aquez.
De refuser procuraor.
93 (4). — De Hugues de Tonnerre et dou procureor monseigneur Alixandre de blaisey. Messire Alixandre ne sera pas crehuz a prover sa barre proposée après la publication des tesmoinz traiz sur le principaul, mas que par lettres opor cognolsance de partie. Le macredi appres la St Rémi.
Des eschoite de famme marchande.
94 (5). — Les fammes mariées de père et de mère demandent eschoite de coste. Celés qui sunt mariées de père et de mère ne vanront pas es eschoites de coste. Et celés qui ne sunt pas mariées de père et de mère vindront a toutes eschoites.
Deschoite de niez.
95 (6). — Dou cure de Seint Ladre de Cluni contre monsei-
(1) Vacherel, § 54; Giraud, § 294.
(2) Vacheret, § 55.
(3) Vacheret, § 56; Giraud, § 8.
(4) Vacheret, § 51; Giraud, § 296.
(o) Cfr. Vacheret, § 10; cfr. Giraud, 13 et 18. (6) Cfr. 39; Cfr. Vacheret, 10; Giraud, 13.
l)K MONTPELLIER. 89
gneur Jhean de Masy, por ce que sa mère uestoit pas marie de père et de mère. H vindra a JescholLe de son oncle.
De debte.
96(1). [p. 121]. — Dou debt monseigneur lehan des barres que cilz de Maiseres demandoient. Lon ne vandra pas la terre des hoirz por ce quil sunt moindre daage et pour ceu que li pères ne les an laisa pas saiziz.
Damandes de châtelains et de prevoz.
97 (2). — Des amandes que li chaistelins et li prevoz vuelent lever de celsqui appelentdaulx. llnan lieveront point damende. Mil ce quatre vinz et XVlll.
De santance de baillis.
98 (3). — De la santance que li baillis pronunca dou seigneur de Marcilley. La santance sera escripte et seallee et la sealera li bailli novels, por ce que li autres bailli morut quant il lotpronuncie avant que le fustsaelee.
Domme de mein morte.
99 (4). — De lomme au doien Dostun de meinmorte qui aquit haretaige a Beaune. Li viens aura larataige que ses hons de mein morte avoit acquis et lostera de sa main dedanz I. an. Mil ce ini>^''XlX.
Des hommes qui sunt le duc de mein morte.
100 (5). — La costume est tele que messire aura touz les biens de son homme de mein morte muerant senz hoir de son corps qui sunt en autru justice et muevent dautru fye, ou dautru costume, ou dautru tierce, sauf ce que li diz sire ostera les <iiz biens de sa mein dedanz I an.
(1) Giraud, 213.
(2) Giraud, § 69.
(3) Giraud, §290.
(4)Cfr. 43, 100; Giraud, § 42.
{'6j Cfr. 99 el43; Giraud, § 42.
Daaigiez.
101 (1). — Dou partaige es anfanz de Mailley, il ni aura point daigneetey. por ce quil sunt de II fammes mas partiront, por moitié le tout la desus dit.
De despanz faiz.
102. — Des despanz fais en cause dapel. Se li apels est prononciez bons, li apeleres ne puet demander [p. 122] nuls despens; et se il est pronunciez malvaiz, il paiera les despanz a la partie contre cui il ha apeley. Mil CGC.
De vandaige de fie.
103. — Jehanz de Balna et I sienz frères dévoient tenir en fie de monseigneur Helie de Sully. Li diz lehanz reprit son partaige de son dit frère aigney, la quel chouse il puet faire segont la costume de Borgoigne ; puis après celé chouse quil hout reprise de son frère, il vandit la dicte chouse a 1 estrange persone dou consantemant de son frère de cui il la tenoit an fie. Monseigneur H. disoit quil ne lou pouhoit faire, quar il disoit que combien que fiez puisse cheoir an riere fie en cause de partaige toutes voies li frères qui tenoit an riere fie ne le pouhoit mètre en mein daulre persone quar ce estoit I privileiges si personex auil ne passoit pas en autre persone. Il fut pronuncie par arest que non obstant la raison dou dit Helie, li diz lehanz de Balna lou pouhoit vandre a estrange persone.
De restitucionz de chatex.
104. — Jehanz de Grancey brisa la maison de Fouchangesqui estoit Jehan Daceaux en laquele ilavoit pluseurs meubles, lesques meubles li diz lehanz de Grance anporta et dissipay, en !a quele maison missire li dux avoit mis son sergent a la requeste dou dit Ihean Daceaux por garder la dicte maison et biens. Si requeroit li diz lehanz Daceaux que li randest ses domaiges,ou fiest randre au seigneur de Grancey qui or en qui, si est faiz forz dou dit Ihean de Grancey; les quels domaiges il
(1) Giraud, § 39.
DE MONTPELLIER. 9l
estimoit [p. 123] une granL quantitey dargent, si requeroit ce!e quantité dargent, et quil fuet crehuz par son sairemant selonc ce que raisonz la porte. II fut dit et ordene que Ion croiroit le dit Ihean par son sairemant des diz doumaiges, toutes voies tauxacion devant mise por monseigneur. Et appres ce, missire san anformades diz doumaiges par bons tesmoinz; et linformacion faite, misire li dit que i! iurest des doumaiges en teil manere toute voie quil ne iuret pas outre VIII cenz livres tornois; li quex lehanz Daceaux iura les Vlll c livres, et eles li furent adiugies par la court monseigneur. M. CGC. V.
Deschoite daubein.
105. — Dou bastart qui este mariez et liavoit anfanz et estoit bons et iustisaubles a la priouse de Seint Julien, liques ha este panduz. Gui li eschoite sera ou a monseigneur ou a la priouse? La forfaiture sera au seigneur de la iustice et non pas a monseigneur.
De succession de mein morte.
106 (1). — De Marie fille Florie qui estoit de mein morte, et estoit marie ou leu ou mein morte nestoit pas, et est morte la dicte Marie. Se ses filles vindront a la succession des biens qui sunt au leu ou mein morte nest pas? Accorde fust par leconsoil quoil (2). Mil GGC VII.
De trover homme mort.
107. — De lomme que Ion trova mort au chemin monseigneur, por quoy Ion tenoit les hommes Guienot de Pommart : li dit homme seront restaubli au dit G, por ce quel ne furent pas pris an fait présent.
Des amandes.
108 (3) [p. liU]. — Les amandes pécuniaires faites an chemin fuerz de vile; messire en aura la cognoissance et lexploit, et des mauffaitourz qui aurient forfait por quoi ils fussient condampney a mort, se il estient pris en autru justice, li sires de la iustice aura la cognoissance de lexecucion et la fera.
(1) Giraud, § 45.
(2) Que oiL
(3) Giraud, § 57.
De demander usaige au bois.
109 (1). — Se aucuns demande en debal usaige en I bois, combien quil aulegoit bonne teneure se il ne mostre titre ou sil ne paie redevance il nan sera pas ouiz. Mil CGC 111.
De bestes trovees an bois de revenue.
110 (2). — Chieuvre en revenue la langue; buef ou chevaux, V sols senz garde, sil sunt en garde Ixv sols.
De mesele.
111 (3). — La mesele vanra et vient a la succession de père et de mère.
De tondeure de bois.
ll.T. — On vant la tondeure dun bois a Ihomme, et puis après vant Ion lou tresfonz a l autre homme : li propriétaires aurai le bois et li autres garantirai. Mil CGC et Vil.
De succession faite par testament,
113 (4-). — Messires Jehanz de Gilly avoit I Ql de son fi! mort liquel devoit venor antieremant a sa succession senz testament, et celi fil il le fit hoir en son lestamant en sa terre de Gascoigne.
Ilem, il avoit l nevoul fiz de son frère mort li quex ne pouhoit venir a sa succession senz testament, por ce que li fiz de son fil Ion devancisoit. Li dit sires de Gilly fit hoir son dit nevoul en la terre de Borgoigne, li quele terre et dou fye le duc. Le dit seigneur de Gilly mort, li fiz dou fil approvai le testamment de son [p. 125] grant père, et voulit et li plust que li diz Qief de son dit grant père fuest ses hoirz en la terre de Borgoigne. Li diz niez santremit de la dicte terre comme hoirs. Missire disoit que la terre li estoit commise et forfaite : quar li diz sires de Gilley qui tenoit de li la dicte terre ne por testament, ne por autre meniere, ne pouhoit entre autre mein mesthre la
(1) Giraud, § 47.
(2) Giraud, §71.
(3) Giraud, §70.
(4) Giraud, § 23.
dicte terre senz assentemant; ne ne pouoit venir après la mort don dit seigneur en autrui mein que en la mein de celui qui devoit estre hoirz et avoir la dicte terre soufisammant sanz faire nul testaumant; et par ce disoit Misires que la dicte terre li estoit comnaise. Le dit nevoul disant encontre que en ce cas navoit point de forfaiture. Et sur ce se mit en droit. Pronuncie fuit de droit que en ce cas li diz nies dou dit monseigneur lelian pouhoit tenir la dicte terre sanz forfaiture. La sustance dou dit arest si est telle : quar se aucuns ha lignage, aucun en prouchen grey et aucun en lointein grey, dou consenteraant de celi qui est en prochein grey, il puet faire hoir de celuy qui est ou lointein grey des chouses meuvanz de fye sanz forfaiture.
€est commant Ion ordene des offices de prevoz et de sergentz.
114. — 11 iureront garder le droit monseigneur et lautrui ; il feront leaulmant lour office ; les lectres seauUees dou seaul de la court de monseigneur il metront sanz délai et sanz déport a cxecucion et sanz panre riens jusques li execucion soit faite; quil naiorneront [p. 126] nul senz bone cause, et adonques les gaigneourz de quinzaine en quinzaine et a iour de feste. Il ne controindront riens, ne feront controindre en aucune meniere a paier ceu que il lour doivent, si nest de lor bone voluntey. Il naiugeront amande de plus de VII sols. Il ne vaudront baston ne namoiseneront marchie. Il tindront lour jourz en lour persone ou por lor leu tenant, et nauront que I lieu tenant. Quant il panront gaiges, pouturex, il ne les metront pas an leu acostumey a pouturier, mas lai ou cis suer cui les poutures cherront voudra; mas que il teine bien prison ou lostaiges, et se garderont de mespanre.
II. — Ce sant plusears costumes de bourgoigne et plusourz autres chouses qui sunt gardées et faites et dites au pallement.
115. — Pater et mater alterius liberorum bene possunt facere condicionem meliorera quando ambveniant; set [p. 133] altero
raortuo, sive sit pater sive sit mater, superstes etiam bonorum suorum non potest facere condicionem alterius liberorum meliorem de consueludine.
Gommant Ion doit aiorner an cas dapeaul.
\\Q (1). — In pallamento in casu appelacionis, suficit citare judicem a quo appellalur et intimare sibi quod partem certificet.
Daiorner le iuge.
117. — Item, per arestum et statutum factum ex certa sciencia in pallamento, index a quo appellatur, si citatus fuerit cum intimacione consueta facienda parti, et pars appellans contra iudicem solum se presentet et non contra partem appellatam, nichilominus procedetur in causa ac si presentatio appellantis esset facta contra partem.
Dou Rapor fait sur ce cas.
118. — Dominus Thoma de Malfonte proferente, presentibus domiDO Radulpho seculari decano bradeno et pluribus aliis.
De lettre de possession.
119 (î2). — Item, si littera iusticie continens quod aliquid sit in possessione alicuius rei, et proponat quod aliquis eum perturbât et molestât indebite, et propter hoc mandetur baillivo si ita sit quod faciat impedientem desistere. Et si debatum oriatur, vel pars opponat debato ad manum regiam posito, et cetera : in hoc casus, si pars se non aponat, amplius non auditur in possessorio illo in suis perhentoriis vel aliis factis contrariis; ymo conpellitur cessare ab inpedimento propter non oposicionem; et reroanebit conquerens in saisina sine aliquo irapedimento.
De procureur de commune.
120 (3). — [p. 1 34] Item, li habitant dune vile qui nont commune ne puhent faire procureor por plaidier sanzla licence de
(l)Cf. Giraud, § 99.
(2) Cf. Giraud, § 89, qui contient l'art. 4 de Tordonnance du roi Jean de {3) Giraud, § 67.
lor seigneur. Et se il hont pluseiirs seigneurs desquels li uns hait la basse iustice et li autres la aulte, li dit habitant par la costume doivent demander la dicte licence a lour seigneur qui ha la haute iustice.
De action de plait pandant.
121. — Item, se li demanderes ou acteurs meurt le plait pandant, li hoirz de li sanz citation reprant les arremanz et va avant en la cause ansinc que ses devanciers.
Example de ce plait.
122. — Item, se li reus muert le plait pandant, li reus doit estre aiornez de lactour an facent sa diligence au plustost que il paura selonc la commune assignacion a la première assise se cen est davant le baillis ou au premier parlemant se cen est en parlemant. Et auxinc devant autre iuge doit estre aiornez li reus de lauctour pour repanre les arremanz et por auler avant etc. Et se li diz actourz ne fait faire laiornemant li chiet de linstance de la cause. Et se après le dit tamps passe, citation se fait li Reus débattra quil soit dit linstance entre fenie.
Ces cas de lactour et dorée.
123 (1). — Idem, regulermant quant an toute la cause li actors fait defTaux, voire se cen esLoit le ior de diffinir, se se pert linstance de la cause se li reus lou requiert.
Cest dou defFaut de lauctour.
124. — Item, quant actouz ou cas fait deffaut se doit la partie aiorner le deffaillant pour veoir le profit dou deffaut.
Cest de uns possident de jour de conseil
125. — [p. 135] Item, en uti possidentis sur le fait de nouvel, Ion ne done point de iour de conseil. Et ce oposicions hi chiet li débat chiet en la mein dou roi ou en autre comme soveraine. Et va Ion avant après au fait.
(1) Cfr. Giraud, § 103.
Comment iour de consoit doit [estre].
126. — Item, en uti possidentis sur fait qui nest propossez de nouveaul, jourz de consoil ichiet. Et se oposcition en chiest, la chouse ne cliet pas en main soveraine mas prant son cours.
De oposicion de [saisine].
127. — Item, quant li faiz et de nouveaul, ne mestre pas ce mot nouveaul en fait ; mas en lempoichemant en disent en ampoichement, induement et de novel.
Désire aiornez sofisaument.
128. — Item, se ie qui couidois moins estre soffisaument aiornez pran jornee de iour de consoil sur prestation de dire contre laiornemant quaiid foiz en sera faite, et li clerz baloit memoriaul de respondre, tu pues dire que cilz memoriauîz soit rapelez et mis au néant ;quar autre chouse est escripte que dite et que plaidie ; et ce ie moffre dou prover sur piez, quar jornee fut acordee davoir iour de consoil et il est escripz iourz de respondre ; por quoi, et cetera. Et di que vos me devez a cen recivrc et droit vous an recquier premiers. Item, je accepte ce jour, et cetera.
De mostrer saisine par lectres.
129. — Item, se iai lettre que moi estant en saisine tex [p. 136] me trouble, si mandon que se il est ausinc que Ion restaublisse, et le partie se opose, la chouse contanciouse mise en la mein le Roy ou le duc comme en mein souveraine, houez les parties et faites raison, et cetera. Et partie se soit oposee tu pues conclure que partie cessoit dou trouble et à ce soit condampnez et que en la saizine paisible demoroit. Et ce qui est en mein sovereine soit randuz a partie et amandez au roy, et que couz et domaiges li soint randuz.
De action personel.
130. — Im proprietate et actione mère personali vel obligacione suis litteris non cadit oposicio. Gredunt quidem quod verbalis ad salvandum cadat.
De lapelant.
131. — Item, se li apelanz ne fait sa citacion, li iuges le cui il apele puet requerre que li meins sovereine soit levée et que il puisse esploitier lamende.
De partie apellee.
132. — Item, li partie apelee puet requerre quil soit mandez au iuge [qui mandoit] (l) sa santance a execucion.
De renouveler commission.
133. — Item, qui demande renouveler commision il doit monstrer diligence de la porsuite et quil ne soit pas en négligence.
De respondre contre averse partie.
134. — Item, quant Ion respont a pluseurs raisons de laverse partie Ion doit faire retenue de respondre se riens hi a laissie a quoy il ne soit respondu.
De retenir a dire.
135. — Item, ausxci doit il faire retenue quant il propose declinatoire de respondre au principaul.
De fait contraire.
136. — Item, ie ne chie pas an fait contraire. Et se ie le propose ie loffre dou prouver et nie le fait en tant commit fait a recivoir a la partie averse.
De diligence.
137. — [p. 137] Item, quant a diligence ou monstre par renoveler commission, Ion doit a, muevemant,presant partie et nonmie absent, touz les esploiz mostre autremant nest pas hoiz.
De vandue de fyez.
138 (2). — Item, an Burgogne Ion ne puet vandre simple-
(1) Pour « quil raettoil ».
(2) Giraud, § 33 et 34.
Gh. 7
mant les fyez, mas par seauley Ion les vant bien. Et adonques li sires dou fye puetpanre le dit marchie et baiilier largent ou il laisse et balaie le dit marchie.
De fait propose sur saizine.
139 (1). — Item, se aucuns faiz est proposez sur saisine, et que Ion empoiche le saisi a tort et senz cause, induement de Dovel, et il ne soit troveiz que li faiz soit de novel, Ion pronuncera le fait non estre trovez ensinc comme il est proposez, et ansinc se fera absolucion de la cause de noveletei, sauve la cause [de propriété] et le principaul etde lautre empoichement nommie comme de nouvel.
De prover sus piez se nyz se fait.
140. — Item, regarde se ny se fait, li prueve se tu puez demorroit par devers toy ; et oste le fait contraire se tu pues en tele manière que tes aversaires ne soit recehuz à la prueve.
De noier contre lactor qui est por le ree.
141 (2). — Item, si tu sis pro Reo, considéra ad negacionem generis generalissimi ; portea subalterni; postea magis subalterni; post ea magis subalterni; post ea species; post ea facti presentis; et por ordinem intelloquendo super quolibet, dum tamen racionabiliter proponatur super quolibet; et finaliter factum contrarium bene et directe excogitatum. Et post offerri potest factum propositum probari in tolo vel in parte, et omnie aliud [p. 138] receptibile et contrarium quod pars aversa proposuit. Hoc observa in qualem responsione facti, sive sit lictis conlestacio et ibi maxime, sive excepcio sive replicacio, et in similibus casibus seu responsionibus facti, et ante iitem contestatam et post; et considéra in possessorio retinende, adipiscende, recuperande, et possessorio procedente ex constitucionibus.
De consideracion de fait requis.
142. — Item, considéra in iudicio petitorio et proprietatis tua generalissima, média, subalterna, speciem et factum.
(1) Cfr. Giraud, § 308.
(2) Cfr. Stylus curiœ pari. 1, p. 140, de l'édit de Dumoulin.
Despecialtey de fait.
143 (1). — Itena, si tu sis pro actore, considéra specialius quod poteris secundum'ius et consuetudinem patrie et causam specifica; et fac alias in génère reus hoc occasionem fugiendi.
De avocacion de pallemant faite.
144. — Item, advocati pallamenti tenent in pallamento ; quod si pro aiiquo feratur sententia super proprietatem, etiam super et contra possidentem ; et ille pro quo feratur sententia non pelât arestum, su suam sententiam infra anum et diem demanilari executi, sed post anum et diem veniat et petat arestum suum execucioni demandari contra possidentem, vel quod possidens conpellatur cessare ab impedimento quod facit in aresto, vel quod compleat die tamen effectum et arestum; possidens potest excipere quod ipse pacifice tenet et tenuit per annum et diem et ultra, et quod non débet per viam execucionis contra ipsum procedi,vel quod dictum impedimentum quod facit possidens admoueatur, vel quod dictum arestum habeat suum [p. 189] effectum. Itacitoset per viam libelli hoc procedit actor.
Deschoite de possession.
145. — Item, qui cadit a possessione infra annum super proprieta[te]m agat vel aliter perdit.
Dou dit labe de reius.
146. — Abbas sancti Remigii dicebat [Remensis dicebat] quod contra ordinaciones regias(2) homines suirecipiebantur ut burgenses per quendam nobilem : quare petebat dictus abbas hanc recepcionem admoveri etadnuUari.Ex opositofuit allegatum quod ipse miles erat in possessione taies recipiendi. Item replicatum fuit quod ad possessionem non debebat dictus miles admitti, quia autem ex illa possessione que fuit ante ordinaciones, et illa non débet admitti propter ordinaciones régis contrarias, aut ex illa post ordinacionem usus esse, et illa magis
(1) Cfr. Stylus, chap. 1.
(2) Il s'agit des ordonnances sur les bourgeoisies royales de 1287 et de 1303. Ord. du Louvre, I, pp. 314-316, 368-375.
B\BUOTHECA
abversus esse, quia possessio eu m si t contrai us commune, id est contra ordinaciones regias. Et super hoc pelebatur ius, protestacione facta seu retencione de respondendo, et contra pronunciatum est hanc possessionem non esse admittandam, seu militem allegantem dictam possessionem non esse audiendum, salvo tamen militi iure allegandi suum garandum, etc.
Possession de droit commun.
147. — Item, toutes les foiz de droiz communs par aucune possession au contraire nest de recevoir, se cilz qui allègue la dicte possession ne aulegue aucun titre contre le possident.
De fait de possidant.
148. — Item, se li creditours posside la chouse obligie, [p. 14.0] et an hait les emolumanz ou les ysues soit de maison ou de vigne, li debtourz puet demander que coupes chiete entraulx. Et se il ha tant levé, li rande la chose senon et il vuet paier. Tels est doir.
De composicion antre parties.
149. — Item, Ion puet demander que composicion faite entre les parties soit gardée ou ce que Ion en ha soit randu.
De racorder faiz contraires.
150. — Se faiz sunt bailliez contraires descordez, et appres sunt racourdez commant commissaires sunt donez, et pandant linqueste li procurer dou Roy ou li partie ampetroit aucune commission es diz commissaires que Ion anquiere sur aucuns faiz de novel, Ion puet requere se la dicte anqueste nest por faite que ele se porface ou se ele est faite ou parfaite quil sot commandez a cels qui la hont quele soit aportee, vehue et recehue et jugée. Et ce que mandez est soit estez et non recehuz, se nest por ce que li article fussient desioinz et demambrez por examiner et produre sur un chascun tesmoinz, iiquel se il estient ansamble il ni avoit que X tesmoinz.
De défaut dapelant.
151 (1). — Ilem, quant liapelanz raiLdeffauLquil napert pas, la partie por an est donee santance puet requere defTaut, et le profit qui est que la santance tiene et li apeanx soit mis au néant
De demande congie a son iuge.
152 (2). — Item, se cilz que est apellanz et presanz et cilz qui ha santance soit absanz, li apelanz puet demander congie. Et est (3) que il soit procuncie la santance estre [p. 191] anfreinle et lapel estre bon, et bien estre apelez.
De apel de baillif.
153. — Une famme fut aiornee par devant lou baillis de Mascon sur action personel. Elle dit quele nestoit couchanz ne levanz desouz le dit baillis ne ni havoit poin de domicile. Et por ce disoit quele nestoit pas de sa iuridicion et cen se offre de prover a la dicte fin ; et quele ne devoit respondre devant le dit baillis; et droit en requeroit. Li diz baillis pronunca adroit que elerespondroit; la famme an apella; li diz baillis ala avant an la cause sans plait antammer et senz apeler partie articulere, et tesmoins amena et produt, conclua et dit difinitive, sanz apeler partie. La dame an apella de ce iugemant comme de nul , et se il estoit aucuns comme de faux et mauvaiz; se conclut se ce confesse partie quant au premier apel. Je di que maul fust iugie et bien apeley; se partie le nie, ie me offre dou prover tout ou partie ou ce qui man sofîra. Quant au segon article, ie die quil doit estre rapelez comme atantaz (et se non por les raisonz) et se non por les raisons dessus dites que ie hay bien apeley comme de iugemant qui est nul et se il est aucuns comme de faux et de mauvaiz se partie le confesse, et sele le nye ie moffre dou prover en tout ou em partie ou ceu qui me soffira.
De mostrer arest devant lan.