‹ La composition de Salammbô d'après la correspondance de FlaubertChapitre 10 sur 82 · Fin mars · texte numérisé non relu

Fin mars

A. — Voilà un grand mois et plus que je remets chaque jour à vous écrire. La dernière lettre que nous ayons au même correspondant (109 ; 77) ne peut pas remonter au delà du 11 février, le jugement sur Madame Bovary ayant été prononcé le 7, et Flaubert se disant depuis quatre jours couché sur son divan.

B. — J'ai un volume [« Madame Bovary »] qui va paraître dans quinze jours. Le roman est annoncé dans la Bib. Fr. du 18 avril et la dédicace porte la date du 12 avril 1857. Le livre semblerait donc avoir paru entre le 13 et le 17.

C. — Je veux m'y mettre à la fin du mois prochain... à Rouen. Dans la lettre suivante, Flaubert dit que son intention est toujours de rentrer à Croisset le samedi 2 mai. Cette lettre-ci est donc probablement du mois de mars.

D. — J'ai présentement sur ma table un bel éreinfement de mon roman, publié par un monsieur dont j'ignorais complètement l'existence. La seule critique de Madame Bovary que l'on connaisse antérieure à la publication en volume est l'article de Duranty paru dans le Réalisme du 15 mars, lequel article est en effet un bel éreintement. Il est pourtant difficile d'admettre que Flaubert, qui venait de passer l'hiver à Paris, pût ignorer complètement l'existence de ce critique, ardent champion du « père de l'école réaliste », Champfleury, et fondateur d'une revue qui, pendant sa courte existence, avait fait grand bruit dans le monde littéraire.

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