‹ La composition de Salammbô d'après la correspondance de FlaubertChapitre 2 sur 82 · AVANT.PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT.PROPOS

la nouvelle ; on en a même ajouté en voulant opérer des modifications ^.

Avant, donc, d'étudier la composition de Salammbô, telle que Flaubert nous la révèle dans ses lettres, un autre travail s'imposait, à savoir, celui do mettre en ordre cette correspondance. C'est ce que j'ai entrepris en premier lieu, en m'en tenant autant que possible aux indications internes : allusions à des événements contemporains ou à ceux de la vie intime de l'auteur, mentions du progrès de son ouvrage ou des projets littéraires et dramatiques de ses amis, — quelquefois même, des points de repère plus sûrs venant à manquer, j'ai dû tirer mes conclusions de rapprochements de langage ^, voire même d'une étude de l'état moral de l'écrivain ^.

Ce fut là le gros de mon travail ; les chapitres i et ii du présent ouvrage en donnent les résultats. Pour les contrôler, et même pour aider à les étabUr, il avait fallu dresser une chronologie de l'existence intime de Flaubert pendant qu'il écrivait Salammbô. J'ai reproduit cette chronologie en appendice, à l'usage de ceux qui voudraient peut-être examiner plus en détail tel ou tel point de mes conclusions.

Une fois leur chronologie établie, il suffisait de lire attentivement les lettres en question pour accompagner Flaubert, pas à pas, à travers la composition de son roman. Ce serait cependant une besogne fastidieuse et rébarbative dans le désordre des deux éditions actuelles de cette correspondance.

1. J'ai relevé quelques-unes des plus apparentes de ces erreurs dans la Revue d'histoire littéraire de la France, janvier-mars 1913, pp. 194-197.

2. Je ne me suis pourtant point fait illusion sur l'incertitude d'un pareil procédé. Nous avons, il est vTai, de nombreiax cas qui semblent en confirmer l'utilité, comme celui dos deiix lettres datées par Flaubert lui-même du 11 mars 1871 {Correspondaîice, IV, pp. 48 et 50), lesquelles contiennent quantité d'expressions identiques. Mais, d'un autre côté, il n'est pas du tout rare que Flaubert ressuscite après un intervalle plus ou moins long quelque plirase fort peu commune, — tel, par exemple, le Nous taillerons, f imagine, une fière bavette de la lettre 22, lequel revient sous sa pkune six ans plus tard {Correspondance, III, 364), ou bien la métaphore du long voyage des lettres 122 et 124.

3. Tel fut plus particulièremont le cas poiu" la lettre 48 de ma série.

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