‹ La composition décorativeChapitre 19 sur 66 · FIG. CO · texte numérisé non relu

FIG. CO

Quant aux divisions en largeur, elles peuvent être facultatives lorsqu'elles s'appliquent sur des formes à profil continu ou sur des surfaces à contours réguliers dans le sens de I3 hauteur, chacune de ces divi-

LA THEORIE

sions représentant encore une section de même nature; tel est le cas du décor sur les pièces tournées, les disques circulaires, les panneaux rectangulaires, etc. (fig. 62).

Tandis que si les surfaces possédaient des hauteurs variées ou des contours découpés, il faudrait, dans ce cas, tenir les divisions en largeur inégales et corres-

ytJtons foicement^ we^Alts

FIG. 6j.

pondant, autant que possible, aux variations de la forme (fig. 63).

Enfin, il est fait emploi, dans certains cas, de divisions obliques régulières, comme les torsades, spirales, hélices, appliquées aussi bien sur des formes tournées et calibrées que sur des surfaces planes. Ces coupures,

COMP. DECOR

par leur position mixte, participent à la fois des sections verticales et horizontales, et peuvent être, par suite, traitées librement, à la condition de conserver, par exemple dans les spirales, une convergence régulière vers le centre commun, et dans les obliques et torsades, un parallélisme constant (fig. 64).

Mais, ne manquera-t-on pas de dire, qui donc a fait ces lois, qui les impose? La raison^ répondrons-nous,

qu'on peut seule invoquer quand on ne peut faire appel à la nature et lui demander des modèles indiscutables. N'est-ce pas, en effet, le bon sens qui dira que îe décor appliqué ne doit pas être en contradiction avec la forme qui le reçoit, mais, au contraire, la suivre et la compléter dans le sens indiqué par elle?

C'est ainsi qu'une simple division de filets, bien distribués sur une forme de vase, suffira pour en accentuer le caractère, ce qu'il est facile de juger par l'observation du décor dans les vases grecs et, notammeni

LA THEORIE

îci, par la comparaison des deux récipients donnés en

exemple dans la figure i des Préliminaires de ce livre.

Les Chinois et les Japonais, voués à Pétrangeté et à

la fantaisie, semblent avoir fait peu de cas des divisions, même sur les formes régulières, leur décor sMtendant d'ordinaire sur la totalité de la surface. Il est évident que si la forme d'un vase n'accuse qu'un seul mouvement de profil, le sectionnement n'est pas absolument nécessaire; mais quand le galbe possède

des courbures accentuées et variées, le besoin d'une délimitation se fait aussitôt sentir aux points d'in-^ flexion des courbes. Beaucoup de récipients sino-japonais gagneraient certainement à posséder quelques ceintures, bandelettes ou colliers venant sectionner le décor, comme, par exemple, dans la potiche chinoise A, corrigée en B (fig. 65).

En résumé, quel que soit le mode de division adopté, il faut éviter Tincertitude dans Pégalité comme dans rinégalité, dans la répétition comme dans l'alternance ^ et accuser franchement par Texpression d'une similitude parfaite ou d'une différence notable la division des surfaces.

g III. — DU SENS DOMINANT

S'il est une influence de premier ordre dans l'application du décor, c'est assurément celle du sens dominant de la forme. En effet, il est difficile de comprendre qu'un motit, supposé même de haut goût, puisse être indifféremment adapté sur la première forme venue: plane ou tournée, concave ou convexe. Aussi tel ornement, parfait dans un carré, ne peut-il être également bien logé dans un rectangle ou un contour elliptique, et encore moins passer d'une surface plane à une panse de vase conique ou ovoïde, sans qu'une partie de son

I. Valternance est, on le sait, la répétition de deux en deux d'une division intercalée dans une suite de divisions différenteset répétées.

LA THEORIE

charme s'évanouisse par le fait de ce seul changement. Tout décor, en principe, doit être composé et étudié spécialement pour une forme et rien que pour elle. Parlons d^abord des surfaces planes dont le con-

tour seul est variable; soit un panneau rectangulaire, (fig. 66] où Tune des dimensions est dominante dans le sens vertical, il devient alors essentiel de disposer les lignes principales de la composition et les tendances générales du décor suivant la direction en hauteur, comme en A; tout autre disposition, B, dans le sens de

la largeur étant détectueuse. Dans un panneau horizontal le contraire aurait tout naturellement lieu ^

Quand les surfaces planes se définissent par des courbes, le décor doit également suivre le mouvement

qu'elles impriment, ou tout au moins ne pas Pentraver. Ainsi dans le décor d^un disque, circulaire ou ovale, il faut faire en sorte que les lignes principales ne rencontrent pas maladroitement les bords, mais que, par

I. Un panneau carré n'a pas de sens dominant particulier, par suite de l'égalité de ses côtés.

LA THEORIE

des inflexions habiles, elles en évitent rapproche en glissant dans un sens de tangence ou de parallélisme aux contours; à moins, au contraire, qu'elles ne surgissent normalement et coupent les bords avec franchise. C'est-à-dire en suivant, au choix, les directions concentrique ou rayonnante.

Les Persans, décorateurs exquis, non seulement au point de vue de Finterprétation ornementale de la fleur, mais à celui de la composition, nous ont laissé dans leurs plats céramiques des arrangements qui peuvent passer pour les types du genre (fig. Çi-j]-^ tandis que l'on verra souvent les Japonais méconnaître ou tout au moins négliger l'accord si indispensable de la forme et de rornement; accord qui, sans rien ôter à leur exécution spirituelle, empreinte du plus charmant réalisme, mettrait leurs œuvres à Pabri de toute critique

Mais tous les sujets ne se prêtent pas avec autant de facilité que la flore aux exigences de la forme, et l'on ne peut, par exemple, demander aux figures humaines ou aux animaux des modifications aussi profondes; le principe pourtant n'en subsiste pas moins,

et Ton peut toujours éviter un heurt disgracieux contre les bords, recherche que l'on peut observer dans ce miroir antique (fig. 68); voir aussi fig. 128.

A ce propos, c'est surtout dans les plats possédant des bords, qu'une étude intelligente est nécessaire pour

Page 1