I. Voir 2* partie, g XV : Terre cuite décorée en couleur
ço
simple de toutes et la plus développable, se prête à une grande liberté d'ornementation, les déformations sérieuses étant peu à craindre , surtout avec un fort diamètre; aussi voyons-nous d'ordinaire les fûts de colonnes, les socles en tambours, recevoir les motifs les plus variés avec un égal succès.
Les surfaces à double courbure simple, concave ou
convexe, se prêtent encore assez facilement à la variété du décor; mais la liberté du choix tendra à se restreindre suivant le degré de rinflexion , car si Ton envisage les formes à profils tour à tour pinces et renflés, comme celles des vases et piédouches, il deviendra dès lors nécessaire d'opérer une sélection sérieuse dans le choix des motifs.
Expliquons-nous : voici (fig. 72) une panse tournée à profil de talon, sur laquelle on veut appliquer un jeu de rinceaux à spirales (A) : il est facile de voir à quelles déformations l'ornement sera soumis, celui-ci n'ayant aucune concordance directe avec le galbe, tandis que si l'on choisissait des motifs spéciaux représentant dans
LA THÉORIE
leur contour une analogie évidente avec la section du profil recouvert (B), l'application s'opérerait naturellement.
Il en serait de même des motifs dirigés dans le sens des sections des génératrices verticales qui s'ar-
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bon.
FiG. 72.
rangent toujours fort bien (C), car ils se ploient précisément dans la direction du calibre et font ainsi valoir le profil.
Il existe enfin un dernier moyen qui consiste à subdiviser la forme par des zones de peu de hauteur (D); le décor se développant alors sur des surfaces
restreintes, les déformations sérieuses ne sont plus à craindre. Telle est la donnée ordinaire du décor des vases antiques à zones horizontales.
A ce propos il est bon de rappeler que les Grecs €ux-mêmes sont tombés dans Terreur lorsqu'ils ont placé sur leurs amphores panathénaïques, à col en
gorge et à panse rebondie, des figures passant sur la courbe d^inflexion du récipient et subissant par suite une anamorphose ridicule (fig. y3).
Une application subtile et bien personnelle de ces lois se retrouve dans certains produits céramiques de la Renaissance française, où Ton voit Tornement, composé de galonnages et d'arabesques, courir surtoute la surface d'un vase à profil varié, depuis le pied jusqu'au col, en suivant pas à pas toutes les inflexions du profil (fig. 74).
Une étude d'un grand intérêt dérive directement de la même question, c'est le décor appliqué aux moulures. Sait-on pourquoi, par exemple, les ornements des moulures antiques, grecques et romaines : ove^ rais de cœur, double spire et anti-spire^ ont conservé jusqu'à nos jours une universelle réputation et sont ainsi devenus classiques? C'est qu'en dehors d'une question de style, ces ornements répondent parfaitement à la
forme du profil recouvert. En effet, Pove s'adapte à merveille sur le quart de rond, le rais de cœur sur le talon; la double spire, d'autre part, se ploiera parfaitement sur le cavei ou la gorge, et Pantispire sur la doucine; les contours principaux de Tornement correspondant aux profils des moulures correspondantes (fig.
Quant aux motifs à sections verticales, rainures, canaux, godrons, cves plates, etc., ils s'arrangent indistinctement sur toutes les moulures quelles qu'elles soient (fig. yô).
Il arrive aussi parfois de compter avec le souvenir d'arrangements observés, soit dans la nature, soit dans les habitudes des peuples, et dont le rappel est toujours bien accueilli parce qu'il est aisément compris; ce choix explique le succès des guirlandes de feuilles ou de fruits formant les tores et gros cordons d'architecture,