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DOUBLE SPIRE

de même que celui des tiges nouées en faisceaux, des nattes et torons de cordelettes, des chapelets d^olives et de perles pour les baguettes et colliers, et enfin des lambrequins simulant Pétoffe découpée et pendante sur les profils retombants

(fig- 77)-

Le feuillage, grâce à sa souplesse naturelle, s'appliquera facilement sur toutes les surfaces, et cette qualité d'adaptation excuse l'emploi quelque peu abusif de Tacanthe, du

LA THEORIE

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laurier, du chêne et du persil dans Pornementation des moulures de Tantiquité romaine et des temps modernes ^

Cette même influence du souvenir se retrouve encore dans remploi de bandes décorées d'un dessin ferme, placées à certaines parties d^une pièce tournée, surtout aux portions de la surface confinant au cylindre (fig. 78). La nécessité fi g. 76. de maintenir et de cercler la forme, comme le ferait une ceinture ou une bride de

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cuir et de métal, semble être ici la raison de ce choix; placées sur les parties fuyantes de la surface, ces bandes

I. Neus parlerons plus loin, à la fin du § VU/ des moulures unies et ornées-

paraîtraient glisser et deviendraient incompréhensibles. Par contre, on sentira le besoin de supporter les

parties inférieures d'une forme, comme la panse, le culot d'un récipient, par des sortes de réseaux simu»

lant la corbeille tressée ou le calice de la fleur, données dont l'expression peut être variée à l'infini. C'est ce qui motive l'emploi fréquent des feuilles imbriquées,

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écailles, entrelacs de vannerie, côtes et godrons, dans la partie inférieure des vases, des culs-de-lampe et de leurs dérivés (fig. 79).

En somme, ce dont il importe de se bien pénétrer, c^est que, si Tartiste possède une complète liberté d'invention dans le choix des motifs de décor, et si toute recherche personnelle lui est permise, il ne doit cependant pas violenter la forme par une ornementation en désaccord avec elle, mais au contraire la suivre dans tous ses mouvements et accentuer son caractère.

g IV. — DES APPARENCES

L'^œil, même parfaitement sain, est sujet à des erreurs de vision, connues sous la dénomination ordinaire d'illusions d'optique, et dont il faut tenir compte incidemment dans la composition décorative.

Chacun a pu, en effet, remarquer l'impression différemment ressentie en face d'une même forme garnie tour à tour à^hori:[ontales ou de verticales répétées parallèlement, ou d^obliques croisées suivant ces mêmes directions; cette forme paraissant soit plus aplatie, soit plus élancée. L'on sait même, à ce propos, combien les tapissiers savent tirer parti des rayures sur les étoffes et papiers de tenture, car, suivant le sens vertical ou horizontal choisi, la pièce qu'ils décorent paraîtra haussée ou écrasée.

Ces apparences ne doivent pas être seulement un jeu de curiosité, mais peuvent servir l'artiste en lui fournis-

COMP. OÉCOK. -?

sant les moyens d'atténuer ou d'affirmer le sens d'une forme décorative, tel qu'on peut le voir dans la comparaison des deux façades (fig. 55).

Si les horizontales ou les verticales aplatissent ou haussent les formes, les obliques répétées ou parallèles les inclinent et les déversent, effet que l'on peut observer en comparant les trois vases de la figure 80 1.

L'oblique, d'ailleurs , est

un élément voyant forçant l'attention par sa position instable; aussi ne doit - on l'employer qu'avec discrétion, sous peine d'enlever du calme et de la sérénité au décor; aussi les torsades, hélices, spirales, chevrons et bâtons rompus, trop de fois répétés, deviennent-ils facilement insupportables. L'oblique prolongée demande d'ailleurs à ne pas être abandonnée à elle-même, et il est généralement nécessaire d'en maintenir le dévers par une ligne ferme, de tendance verticale ou horizontale, placée à la naissance ou à la chute, ou par un détail qui joue un rôle analogue. Les Grecs et les Romains ont parfai-

I. On pourrait aussi en juger dans les constructions pseudoorientales, telles que les dômes bulbeux et godronnés en spirale des églises russes et les clochers torses de la Roumanie.

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XV^ siècle

Antique romain

tement compris ce principe dans la fonction des acrotères et antéfixes des frontons, et les Arabes dans les angles retroussés de leurs couronnements. Cet appoint manque à la plupart des gables et des pignons du moyen âge et leur laisse un aspect mal défini ; la Renaissance italienne a su éviter cet écueil dans ses frontons aigus (fig. 8i).

Le ressaut presque obligé que Ton place aux points de départ et d'arrivée d'une rampe prend sa raison d'être dans ce même principe.

On comprend aisément tout ce qu'on peut tirer des apparences pour atténuer en partie le mauvais effet d'une forme disproportionnée; soit, par exemple, en multipliant les horizontales pour raccourcir un galbe trop élancé, soit, au contraire, les verticales si le profil est trop lourd.

Une apparence, curieuse aussi, s''observe dans la différence d'aspect qu'offrent certaines figures, suivant leur situation par rapport à l'aplomb normal;

FlG. 01.

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et souvent des semis, jeux de fonds ou réseaux identiques deviendront méconnaissables par le seul effet d'une attitude différemment présentée (fig. 82). Les Arabes, subtils entre tous, ont fort usé de ce stra-

tagème pour varier à peu de frais leur décoration.

Voici maintenant une conséquence plus sérieuse,

c'est que si Ton tient expressément à conserver à un

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Fie. »j.

contour son aspect bien déterminé, on doit s'abstenir d'employer, dans l'ornementation qui la garnit intérieurement, des lignes importantes qui en dénaturent l'aspect. Si l'on désire, par exemple, qu'un caisson ou compartiment carré paraisse toujours bien

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carré, c'est-à-dire donne clairement la sensation d'une surface posse'dant quatre côtés égaux et quatre angles droits, sans nécessiter une vérification du compas, on devra éviter les motifs de remplissage A, B ou C de la figure 83, bien mieux logés dans un rectangle, et choisir préférablement les motifs F, G ou H, plus conformes au carré *. Cette influence se fera sentir au même degré par les détails extérieurs de l'encadrement ; ainsi les crossettes, échancrures, boutons, agrafes répétés aux quatre angles d'un panneau carré accentuent son contour particulier, tandis que, placées seulement à deux des angles, ils en détruiront le caractère et conviendraient mieux à un rectangle (fig. 83 bis) ; l'inégalité des dimensions s'accordant bien avec l'inégalité de l'encadrement.

Ce principe n'entrave en rien la liberté du décor, mais il en fait voir les conséquences immédiates. On en arriverait même à conclure, si l'on poussait la théorie à l'extrême, qu'une forme ornée n'est jamais absolue et ne possède jamais, au point de vue artistique, que les proportions qu'elle semble avoir, tant l'influence du décor intérieur ou extérieur est parfois susceptible d'en modifier l'apparence. Sans rien exagérer,

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FIG. 03 bis.

I. Dans la répétition de contours identiques disposés en contiguïté,comme des caissons de voûte ou des panneaux de lambris, la diversité du remplissage a peu d'action, les formes s'affir» mant successivement les unes les autres. (Voir fig. 96.)

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nous dirons qu'il faut en retenir le principe, c^est-àdire faire valoir par tous les moyens en jeu la forme choisie et arrêtée.

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