‹ La composition décorativeChapitre 4 sur 66 · I. On disait autrefois ; plan par terre · texte numérisé non relu

I. On disait autrefois ; plan par terre

PRÉLIMINAIRES

sur les formes et sur leurs dimensions, permet en retour d^en concevoir une idée plus générale et souvent plus nette par des vues en tous sens; aussi son application est-elle de tous les instants dans la composition décora* tive. Telle la perspective du coffret déjà donné en projection (fig. 3).

Nous signalerons à ce propos un procédé de représentation très défectueux et fort employé dans la première moitié de ce siècle, c^est le dessin au trait seul.

Le dessin à trait égal,QU aux traits de force, est insuffisant pour faire apprécier le relief des corps.

Les formes à plans courbes, les surfaces de révolution et à pans exigent, lorsqu'elles sont indiquées en projection, un mo^e/^ complémentaire sous peine d'amener au moment de Pexécution des surprises désagréables.

Les formes à plans carrés ou rectangulaires unis à des plans courbes, nécessitent à leur tour, en sus de la projection droite, une p'^ojection oblique ou une per'

yw///////^y''^^'^''''^^'^^/''/.f^^''^^j'/>^^fj^^^^^^^/>w^j/^^/^^f/jj^/yiffj^/>//^

spective de côté, à cause de l'effet différent qui en résulte dès que Toeil n'est plus exactement placé au milieu. La figure 4 indique la différence d'impression donnée par un même motif vu de face et sur l'angle*.

D'autre part, les formes à plan triangulaire, comme I06 trépieds, présentent, lorsqu'elles sont vues sur un certain côté, une sorte de iever5 dont il faut se méfier, les projections régulières sur la face ou sur l'angle n'en rendant aucun compte. Aussi est-il toujours bon de prévoir cet aspect particulier avant d'arrêter l'exécution (fig. 5).

Une autre mauvaise habitude, fréquente parmi les dessinateurs et les architectes, est d'indiquer seulement des fractions de dessins, soit pour présenter deux partis différents re^^nis sur le même axe, soit pour éviter l'ennui

1. Les ébénistes, les branziers, sans parler des architectes, sont souvent surpris de l'effet de l'exécution de ces formes comparées à celui de leurs dessins.

PRELIMINAIRES. 17

OU la longueur d'une répétition symétrique. Le temps passé à compléter un dessin n'est jamais perdu, il est même bien gagné par l'idée exacte que l'on obtient de l'aspect général. L'artiste le mieux exercé ne pourra jamais juger de l'effet d'un ensemble par une fraction, pas plus qu'on ne saurait apprécier un portrait de face par une moitié de visage. Il est donc nécessaire de dessiner, ne fût-ce qu'en esquisse, la composition tout entière. Par conséquent, pas de demi-vases, de demimeubles et de demi-façades, non plus que des quarts de plafonds ou des huitièmes de rosaces : ce sont là des procédés insuffisants pour donner l'idée nette d'un ensemble décoratifs.

Ce conseil pourrait s'appliquer également aux compositions dans lesquelles la couleur joue un rôle essentiel : ici il est indispensable d'exprimer, à défaut des teintes mêmes, les valeurs de ces teintes, les points les plus sombres et les plus brillants, l'intensité ou la clarté du fond, c'est-à-dire de prévoir déjà dans le dessin les principaux effets de la coloration.

Possédant ainsi tous les éléments nécessaires pour s'engager dans une exécution définitive, on n'a plus à craindre à la dernière heure des mécomptes si faciles à éviter avec un peu de patience et de réflexion.

I. On voit bien, il est vrai, dans nombre de recueils anciens, des suites de dessins tronqués au milieu ou au quart; l'économie de la gravure, le manque de place dans le format excusent, dans une certaine mesure, cette manière de procéder,. qui n'en enlève pas moins de l'intérêt et de la clarté aux compositions présentées.

COMP. DÉCOSl o -

Page 1