LES REPRESENTATIONS PAR LE DESSIN
Avant d'aborder les lois de la composition décorative, f 1 est essentiel de parler des différentes manières de représenter les objets par le dessin, c'est-à-dire de la nécessité de traduire, aussi exactement que possible, les formes ou les motifs de décor que l'imagination a conçus.
L'exécution en relief (maquette ou modèle définitif)
est évidemment Fidéal de la représentation pour les objets d'épaisseur ; mais tous les artistes ne savent pas modeler et le sauraient-ils, que beaucoup de compositions ne pourraient facilement s'exprimer de cette manière, même à une échelle réduite. Il est donc essentiel de savoir se rendre compte de tous les aspects de la forme, aussi un dessinateur doit-il s'habituer à compter avec les trois dimensions : hauteur, largeur et épaisseur, c'est-à-dire ne pas se contenter des deux premières, exprimées naturellement dans le dessin quel qu'il soit, mais penser surtout à la troisième, c'est-à-dire à l'épaisseur, au relief ou à la profondeur, dont l'apparence dissimulée exige un effort d'esprit pour être comprise.
Les sculpteurs, habitués au modelage en terre ou en cire, comprennent généralement bien cette troisième dimension ; aussi leurs dessins, quoique souvent inhabiles, possèdent-ils un charme particulier de sincérité très apprécié des artistes. Les dessinateurs en meubles, bronzes ou formes céramiques ne la sentent pas toujours et cette négligence devient une source d'embarras pour les exécutants ; aussi arrive-t-il souvent à ceux-ci de passer outre, en interprétant à leur manière un dessin incomplet, à moins qu'ils n'en sortent à l'aide de concessions et de tricheries qui déprécient considérablement la composition primitive.
Il n'y a que deux manières de représenter les objets : en projection et en perspective *.
La projection, appelée aussi géométral, consiste à
I. La projection et la perspective nécessiteraient chacune un volume spécial pour l'étude de leur tracé.
PRÉLIMINAIRES
déterminer sur une surface plane les traces des perpendiculaires abaissées de chacun des points de Tobjet que Ton veut représenter.
Cette vue conventionnelle est la seule qui puisse
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rendre exactement les formes, soit en grandeur d^exécution, soit à une échelle réduite, mais en conservant aux dimensions leurs proportions relatives. Nous donnons comme exemple un coffret à tiroirs, muni de poignées et décoré de marqueteries, représenté *ious divers aspects par la projection (fig. 2).
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Lorsque la projection est droite, c'est-à-dire verticale et parallèle à la face principale, on l'appelle élévation ou façade p7~incip aie (a).
Quand c'est le côté qui se présente, c'est Vélévation ou façade latérale (b) ; si l'objet se montre obliquement, c'est une projection oblique; si l'objet possède
des dispositions intérieures, on est supposé le trancher par une ou plusieurs sections verticales qui déterminent des.
projections appelées coupes (c); ces coupes sont longitudinales ou transversales suivant qu'elles passent dans le sens de la longueur ou de la largeur.
Enfin, si l'objet est projeté en dessus, avec ou sans, coupe horizontale laissant voir l'intérieur, on appelle cette projection \q plan^ (d).
La perspective consiste à exprimer les objets tels qu'on les voit ou qu'on pourrait les voir. C'est une vue naturelle qui, si elle ne renseigne pas exactement