SIC
2SO iA COMPOSITION DECORATIVE.
de la juxtaposition des couleurs, rappelons que certaines teintes ont la propriété de mordre et d'entamer sur leurs voisines au point qu^on est forcé d'en modérer Tenvahissement par la cernure d'un trait noir ou par la transition d'une réserve blanche. Enfin il ne faut surtout pas oublier qu'un vitrail est fait pour tamiser la lumière, et non pour l'interrompre; aussi le rappel en quelques points de la blancheur du verre est-il absolument nécessaire dans des vitraux chargés de détails et puissants de coloration ^
L'époque romano-byzantine avait usé de verres bombés ou cives lenticulaires enchâssées dans des treillis carrés ; ce procédé, repris à la Renaissance, surtout en Allemagne et en Flandre, a servi souvent à composer des fonds ou des bordures d'un agréable effet; la mise en plomb même est alors devenue, non plus une nécessité de structure, mais un prétexte de décor, et grâce à une habile disposition de compartiments semés d'écus et de devises, on a pu composer des vitreries d'un excellent caractère (fig. i85).
La France a été le vrai pays du vitrail et les plus admirables verrières appartiennent à nos cathédrales. Cette belle industrie d'art, si florissante au moyen âge et à la Renaissance, était presque délaissée à la fin du siècle dernier; après une reprise de la peinture sur verre exécutée avec plus de bonne volonté que de sen-
I. Les verrières du xui* siècle, à médaillons et à petits sujets traités avec une coloration intense, offrent souvent, malgré leur grande harmonie, le défaut de la confusion, à cause de la petitesse d'échelle des motifs et par l'abser>ce de parties blanches. Les vitraux du xv* siècle ont, à défaut de puissance, le double avantage d'être bien lisibles et de bien éclairer.
LA PRATIQUE