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COMPLÉMENT

DE l'apparence DANS LA MATIERE CHOISIE

Il existe dans les industries d'art une tendance fâcheuse qui consiste à dissimuler la matière choisie pour Texécution afin de lui donner, à l'aide d'un artifice quelconque, l'apparence d'une matière plus riche ou supposée plus intéressante. Cette tendance, qui mène à l'imitation puérile ou malhonnête, est illogique et absurde au premier chef; elle est malheureusement trop répandue pour que nous ne croyons pas devoir la signaler et en combattre les effets.

Parmi les procédés imitatifs les plus fréquemment employés, nous avons déjà signalé, au § XIII, l'emploi des simili-pierre et simili-marbre; nous pourrions y joindre le simili-métal, qui cherche à faire prendre les matières calcaires pour du fer, du bronze, de l'argent ou de l'or. La pierre et le marbre sont d'une couleur naturelle assez belle pour qu'il ne soit pas nécessaire de les bronzer ou de les dorer entièrement *.

I. On montre, au palais royal de Turin, une cheminée de marbre sculpté d'assez bon style, mais dorée en plein, dont l'aspect simule le bronze lourd et mal ciselé; rehaussée d'or en

>js LA COMPOSITION DECORATIVE.

Il en est de même de la polychromie qui, excellente pour accentuer certains nus et reliefs de Parchitecture, et même dans certains cas de la statuaire, perd toute raison d'être, lorsqu'elle s'applique à la totalité d'une jurface; fût-il vrai que les Egyptiens aient entièrement peint Textérieur de leurs temples de granit, et les Grecs celui de leurs temples de marbre, on ne pourrait encore que le regretter, en dépit des motifs invoqués; jamais îe goût n'admettra que des matières, à la fois belles et durables, aient été voilées par une peinture qui, même i l'encaustique et dans un milieu favorable, ne poufait manquer de se détériorer rapidement. Par contre, on comprend très bien les Ioniens et les peuples de l'Asie mineure couvrant de peintures leurs temples de bois comme les Romains et les Maures les enduits de stuc ou de plâtre de leurs monuments*.

Le bois gagnera toujours à conserver sa teinte naturelle; il sera cependant permis, s'il est un peu pâle, de raviver par quelques teintures, à condition toutefois de laisser percevoir les mailles veinées de la matière première. Autre chose est le bois peint à l'huile ou à la colle à plusieurs couches; ici, le sapin devient du chêne, le hêtre se transforme en noyer ou celui-ci en ébène. Pauvre imitation, et mieux vaudrait, à défaut des essences véritables, des teintes conventionnelles jehaussées de galons et de filets colorés*.

quelques peints seulement, et la blancheur du marbre restant apparente, elle eût pu passer pour une sérieuse œuvre d'art.

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