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FIG. 2 1 J

5o8 LA COMPOSITION DECORATIVE.

composition, il ne faut pas croire qu^il suffise de la reproduction d^un tableau à la mode, d'une vue photographique ou d'une branche de fleurs quelconque pour les décorer avec goût ; il est nécessaire, si on veut leur imprimer un cachet artistique, de puiser, dans une certaine mesure, aux mêmes sources d'expression que pour les grands panneaux, mais en ayant soin que la peinture reste légère, enlevée et pour ainsi dire à fleur de peau; une facture laborieuse et cherchée serait en désaccord avec la frivolité de ces objets. Il sera même logique, lorsque la peinture est exécutée sur une belle étoffe, de toujours laisser transparaître le fond en ne couvrant jamais la totalité de la surface. Dans la peinture des stores, faite pour être vue en transparence, on devra rejeter les empâtements obscurs, les ombres lourdes et opaques, ces objets étant destinés, comme dans le vitrail, à laisser passer la lumière.

U enluminure des manuscrits*, si développée en Orient et en Occident jusqu'au commencement du xvi« siècle, a commencé à déchoir à partir de la découverte de l'imprimerie; plus tard, la chromolithographie et l'imagerie religieuse lui ont porté le coup fatal. C'était pourtant un art bien intéressant, pour qui considère les encadrements délicats aux initiales historiées, parfois lamées d'or et d'argent, si fréquentes dans les peintures marginales des manuscrits orientaux et des livres d'heures, psautiers et missels du moyen âge. D'ailleurs, dans l'enluminure, la finesse de l'exécution

I. Bien que relevant des arts de l'impression, on peut citer ici les affiches décoratives, auxquelles s'appliquent les mêmes principes de simplification dans la facture et les colorations^ comme à toute composition faifi peur être vue à distance.

LA PRATIQUE. J09

peut être sans scrupule poussée à Textrême; c'est de Vart à petite échelle, se prêtant, comme la miniature, à toutes les minuties du pinceau. Cependant, à la fin du XV® siècle, les peintres ont cru parfois bien faire en sortant de la convention pour chercher Teffet dans Pimi-

Caisson sur voussure plane inclinée.

tation de plantes et d'insectes, modelés en trompe-Poeil lavec ombres portées sur le fond ; erreur mesquine qui donne à leurs travaux un côté quelque peu puéril - Il est difficile, en parlant des manuscrits, de ne pas dire un mot de la calligraphie, dont la décadence remonte naturellement aux mêmes causes, et qui, de nos jours dédaignée des artistes, semble être devenue Tapanage des professeurs d'écriture. Cet art a pourtant

possédé des traducteurs sérieux au moyen âge, les scribes et, à la Renaissance, de véritables artistes comme Albert Durer nous ont laissé des inscriptions manuscrites ou gravées garnies d^entrelacements ingénieux et de terminaisons déliées dans lesquelles on retrouve constamment Taccent de la plume (fig. 21 5). Il ne faut pas omettre ici les Arabes, qui ont su assigner à la calligraphie une place importante dans le décor de Tarchitecture et du mobilier et, si notre écriture, moins souple et moins élégante, ne peut se prêter aisément à d^aussi riches combinaisons, peut-être pourrait-on plus souvent Tutiliser et Tassocier avec art à nos compositions décoratives.

Fie. 2jS.

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