INTRODUCTION
Cette thèse est basée sur une série de trente-cinq observations personnelles et toutes inédites, sauf les deux premières, qui, déjà, ont été publiées en 1923 par le Professeur Didier, dans un article des Archives Internationales de Laryngologie, se rapportant au même sujet.
Sur ces trente-cinq observations, vingt et une seulement seront publiées, les treize autres étant par trop incomplètes, les malades n’ayant pas été suivis ou même n'ayant pas accepté l'intervention.
Elles sont toutes été prises, soit dans la clientèle du Professeur Didier, soit dans son service à la policlinique Saint-Philibert.
Le cornet moyen forme, avec la cloison nasale, la fente olfactive dont la largeur moyenne est de trois à quatre millimètres (Sieur et Jacob). Aussi l’hypertrophie de la muqueuse arrive-t-elle rapidement à fermer la fente olfactive et à supprimer la perception des odeurs (Garel). Le cas est fréquent et engendre la plupart des anosmies dites respiratoires sans symptômes douloureux névralgiques.
Mais il existe un autre mécanisme capable de réduire à l’état virtuel la fente olfactive. Nous voulons parler des malformations hautes de la cloison, déviations ou crêtes souvent responsables de compression douloureuse du cornet moyen.
Cette compression chronique engendre un syndrome
suffisamment caractérisé pour attirer l’attention des spé-
NT
cialistes, d'autant plus que ces derniers sont, pour le combattre, mieux armés que dans beaucoup d’affections nasales.
Une grande partie des pseudo-migraineux abandonnés aux analgésiques présentent un coryza chronique, une déviation de cloison, de gros cornets inférieurs. Un examen rhinoscopique superficiel les classe parmi les infirmes du nez et, pour quelques-uns, toute la thérapeutique nasale s’épuise en vains efforts sous la forme de soins médicaux et chirurgicaux variés. Les douleurs persistent et le malade acquiert peu à peu la conviction qu’elles ne sont pas d’origine nasale.
Or, un examen attentif du cornet moyen aplati, déformé par une malformation haute de la cloison, donnerait, croyons-nous, assez fréquemment, l'explication de céphalées rebelles aux traitements habituels.