INTRODUCTION
Parmi les multiples dangers auxquels se trouve exposé, au cours de sa cure, un sujet porteur de pneumothorax artificiel, un des plus justement redouté et constitué par l'évolution gra ve du processus tuberculeux au niveau du poumon symétrique: éventualité qui marque trop souvent, pour le médecin comme pour le malade, la faillite de tous les efforts passés, l'abandon de l’arme précieuse qui devait opérer le salut, l'attente impuissante de l'issue désormais fatale.
Devant le caractère menaçant, parfois désespéré de semblables cas, quelques phtisiologues, soucieux de lutter jusqu’au bout contre leur « sournoise ennemie », ont envisagé et réalisé, par un‘ audacieux renversement des rôles, la méthode thérapeutique que nous nous proposons d'étudier. Tentée pour la première fois, dès 1909, par Forlanini et Fontana, et décrite, sous l’appellation, — assez obscure, à notre avis, — de « Pneumothorax successivement bilatéral », la compression successive des deux poumons se définit d’elle-
. même:
Il s’agit, en effet, d'entreprendre l’immobilisation du nouveau foyer, celui qui, par son extension, menace directement la vie. Force est donc de rendre au premier poumon collabé, présumé guéri, la liberté, avec la mission, — bien lourde, semble-t-il, pour un convalescent, — d’assurer désormais,
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en travaillant pour deux, l’existence et le rétablissement du malade.
Une décision aussi grave ne saurait être prise sans le maximum de sécurité: elle exige un ensemble de conditions primordiales, que nous nous efforcerons de grouper dans ces quelques pages.
Après un premier chapitre, destiné à nous rappeler les circonstances dans lesquelles éclate généralement la nouvelle poussée au sein du poumon suppléant, nous nous proposons d'établir, à la lumière de l’expérience actuelle, la possibilité de la guérison réelle et durable des lésions premièrement traitées par la collapsothérapie, et du retour de l'organe à l’activité, après sa décompression. Enfin, nous appuyant sur ces données, dûment acquises, nous pourrons indiquer les principales conditions pratiques, cliniques, qui ont pu autoriser le médecin, dans les cas bien particuliers dont nôus parlons, à tenter, logiquement, cette dernière chance de salut.
Auparavant, nous tenons à remercier ici tous les maîtres dévoués qui nous ont guidé au cours de notre internat; en particulier M. le Docteur Gendron, à qui nous devons l’idée de ce travail, et qui nous a prodigué les conseils les plus éclairés. Nous sommes heureux aussi d'exprimer notre reconnaissance à M. le Professeur Breccia, de Gênes, à M. le Docteur Gwerder-Pedoja, directeur du Sanatorium de Davos (Suisse), qui nous ont fourni, avec une grande amabilité, les renseignements les plus utiles; à M. le Professeur Saugman, médecin-chef du Sanatorium de Vejlefjord (Danemark) pour l'empressement avec lequel il a bien voulu nous communiquer les précieux documents personnels que l’on trouvera dans ce travail, |
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