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Parfois aussi, la comptabilité note les recettes et les dépenses au moment où elles sont mandatées et au moment où elles sont effectuées. Les opérations mandatées et les opérations effectuées sont mises en présence dans le livre de rubriques tenu par un comptable; le caissier tient le livre de caisse.
Pour l'étude détaillée de ces deux formes, nous renvoyons le lecteur aux chapitres spéciaux s'y rapportant.
La comptabilité expliquée brièvement ci-dessus est celle qui est appliquée dans presque toutes les communes et les Etats qui ont le système caméral.
C’est de celle-là que parlent Hügli ainsi que le D' Conrad, etc. dans les lignes reproduites en tête de ce chapitre.
b) Comptabilité camérale double.
Nous avons vu qu'avec le système de la comptabilité camérale, il est possible de passer écriture de toutes les opérations. Celles-ci consistent en recettes et en dépenses effectives de caisse, ou en autres opérations qui leur sont assimilées. Les entrées et les sorties effectives d'espèces sont inscrites dans le livre de caisse de la même manière que dans la comptabilité commerciale. Les autres opérations peuvent être écriturées selon deux principes employés tous deux dans la pratique et qui donnent naissance à deux formes de comptabilité camérale.
Le premier de ces principes consiste à ne passer écriture des opérations que lorsqu'elles arrivent à exécution.
D'après le second on distingue dans chaque opération deux degrés: l'ordonnance et l'exécution.
Première forme.
Les opérations autres que les mouvements d'espèces peuvent être ramenées en opérations de caisse de la manière suivante:
1. L'augmentation d’un élément actif et la diminution équivalente d’un autre élément actif (par ex. vente de marchandises) sont considérées comme: vente au comptant du deuxième élément actif (marchandises) — recettes, — et prêt-de pareille somme (au client) — dépenses.
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2. L'augmentation d’un élément actif et l'augmentation équivalente d’un élément passif (par ex. achat de marchandises à terme) sont considérées comme: achat au comptant d’un même élément actif (marchandises) — dépenses, — et emprunt du même montant (au fournisseur) — recettes.
3. La diminution d'un élément actif et la diminution équivalente d'un élément passif (par ex. paiement à un créancier en marchandises) sont considérées comme: vente au comptant de l'élément actif (marchandises) — recettes, — et remboursement de la dette — dépenses.
4. Augmentation d’un élément passif et diminution équivalente d'un autre élément passif (par ex. transformation d’une dette ordinaire en dette hypothécaire) — recette provenant de l’emprunt et remboursement de la dette primitive.
9. Augmentation d'un élément actif et augmentation équivalente de la fortune nette (par ex. plus-value de titres) — recettes à titre gracieux et placement de cet argent en achat des valeurs en question (titres). La diminution d’un élément actif et la diminution équivalente de la fortune nette sont traitées d’une manière analogue.
6. Diminution d'un élément passif et augmentation équivalente de la fortune nette (par ex. escompte accordé par un créancier) — versement au créancier du montant de l’escompte et remboursement par le créancier à titre gracieux. L'augmentation d’un élément passif et la diminution équivalente de la iortune nette sont traitées d’une façon analogue.
Ainsi toutes les opérations sont passées dans le livre de caisse.
Les écritures de ce livre sont reportées dans le livre de rubriques, où elles sont classées systématiquement en rubriques de recettes et en rubriques de dépenses. Les unes correspondent aux changements de valeur des éléments de la fortune, les autres représentent des bénéfices ou des pertes. Nous avons déjà fait remarquer que les augmentations des valeurs actives et les diminutions des valeurs passives figurent aux dépenses; les diminutions des valeurs actives et les augmentations des valeurs passives sont en-
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registrées dans les rubriques de recettes. Pour pouvoir déterminer à un moment quelconque l’état des divers éléments dont se compose la fortune, il suffit donc d'inscrire au début de l'exercice la valeur initiale des éléments actifs dans les rubriques respectives des dépenses, et la valeur initiale des éléments passiis dans celles des recettes. À la clôture des comptes, les valeurs actives seront portées dans les rubriques respectives des recettes, et les valeurs passives dans celles des dépenses. Le capital net est traité comme les éléments passis.
Lors du bouclement, les diverses rubriques des bénéfices et des pertes sont reportées aux rubriques «Capital net», sous la forme de recettes et de dépenses, éventuellement par l'intermédiaire de rubriques «Profits et Pertes» de manière à passer le bénéfice net en une seule somme dans la rubrique des recettes «Capital net».
Dans le livre de caisse, lors de l'ouverture de l'exercice, on porte en recettes le passif et le capital net; en dépenses, on inscrit l’actif moins les espèces en caisse. À la clôture, on passe les écritures contraires. Le solde du livre de caisse indique donc à tout moment la valeur des espèces en caisse. À Ia fin de l'exercice, après avoir inscrit aux recettes les valeurs actives, (moins les espèces), et aux dépenses les valeurs passives, ce livre se solde.
En somme, d’après la méthode exposée ci-dessus, on arrive à un système analogue à la comptabilité double. Le livre de caisse de la comptabilité camérale remplace le livre de caisse et le mémorial de la comptabilité commerciale double. Cette analogie est encore plus apparente si dans le livre de caisse on inscrit dans des colonnes différentes les recettes et les dépenses effectives et les autres opérations.
Le livre des rubriques est analogue au grand livre de la comptabilité commerciale double. La répartition des rubriques se fait sur la même base que celle des comptes de la comptabilité commerciale double. L'analogie entre les comptes de la comptabilité commerciale et les rubriques de la comptabilité camérale est encore plus frappante si l’on réunit sur le même folio les rubriques de recettes et les rubriques de dépenses correspondantes, c'est-à-dire concernant le même objet.