‹ La comtesse d'altenberg: drame en cinq actes et en proseChapitre 19 sur 48 · ACTE II, SCENE YlII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE YlII

que je la revoie. Ce soir, ce bal est un excellent prétexte. — Un bal ! un bal aujourd'hui I Chevalier, voyez jusqu'où m'entraîne cet amour : c'est l'anniversaire aujourd'hui de la mort de ma mère, Mm*^ de Roscnthal, qui l'ignore, a ordoniié ce bal, sans m'en prévenir, vous le savez; toute la cour est invitée par elle, et maintenant je ne puis empêcher une fêle qui dans ce jour est une profanation. Le bal aura lieu , mais du moins qu'elle y vienne.

OTTO, à part.

Il faut cependant que je l'éloigné. (A mi-voix.) Eh bien , comte, je mettrai pour vous en œuvre la quintessence de ma diplomatie. Je vais faire seller un cheval et je reparaîtrai ce soir, escortant un joli masque à la portière de son carrosse.

LE COMTE

Ah ! vous me rendez la vie I

OTTO , essayant d'entraîner le comte.

Reconduisez-moi jusqu'au château pour me donner mes dernières instructions.

LE COMTE

Je n'en ai pas d'autres... Adieu 1

OTTO , inquiet.

Vous restez ?

LE COMTE

Oui.

OTTO, à part.

Diable, ceci ne fait pas notre affaire.

LE COMTE

C'est aujourd'hui, je viens de vous le dire, un triste anniversaire pour ma famille, chevalier. Chaque année je viens secrètement à pareil jour méditer quelques instans dans ce pavillon. OTTO, à part.

Ciel ! comment le détourner...

Au revoir, chevalier.

OTTO, passant du côté du pavillon.

Non, je ne souffrirai pas que vous alliez vous noircir l'imagination...

LE COMTE

Ne craignez rien.

OTTO

Impossible, vous dis-je. Vous avez besoin d'être gai ce soir pour votre bal... Comte, n'entrez pas, n'entrez pas, je vous en prie.

LE COMTE

Mais pourquoi donc cette insistance?

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