LE COMTE, OTTO
OTTO
Le capitaine ne peut tarder à venir.
LE COMTE, avec une intention marquée.
Chevalier, êles-vous mon ami ?
OTTO
Cher comte, cette question...
LE COMTE , résolument.
C'est bien ; vo«s l'êtes, j« le crois. Maintenant, \oici comment je comprends, moi, les devoirs auxquels ce titre engage : si je savais une chose qui intéressât le repos de celui qui est mon ami,
<il que mon f.mi l'ignorât, je me croirais obligé de lui dire toute la vérité, quelque cruelle qu'elle filt.
OTTO, se donnant de l'assurance.
Parbleu! c'est tout à fait mon sjslènie. LE COMTE, lentement, avec un regard profond. Clicvalicr, n'avez- vous rien à me dire?
OTTO, un peu embarrassé.
Comte, si vous le prenez sûr ce ion... je me vois obligé de vous dire que le prince de Valdeck pourrait bien vous enlever M"ie de Rosenthal.
LE COMTE
Il ne s'agit pas de M™": de Rosenthal, mais de ce capitaine hanovrien.
OTTO
Ah ! ce cher Wilhem de Neusladt !
LE COMTE
Avant qu'il s'éloigne, prometlez-nioi que jamais, pour quelque cause que ce soil, je n'aurai à regreller de l'avoir laissé partir.
OTTO, à part.
Diable!
Songez que vous êtes mon ami, cl répondezmoi.
OTTO, se remettant de son trouble.
Eh bien 1 comte, apprenez que vous pourriez bien, cette nuit même, avoir à regretter le départ du capitaine, car c'est un excellent valseur, et toutes vos dames ne manqueraient pas d'en raffoler.
LE COMTE
Est-ce le regret que je dois avoir?... Songez q«e je me fie ù votre parole.
OTTO
Je vous donne ma parole qu'il valse à ravir; voilà tout ce que je sais.
LE COMTE, à part.
Ce départ doit il me rassurer?
OTTO
Eh ! le voilà qui vient vous faire ses adieux.