MARIE, LA COMTESSE
MARIE
Ma mère, pourquoi es-tu triste ?
LA COMTESSE, s'efforçaot de sourire.
Moi?
MARIE
Oui, oui; je l'ai bien vu quand tu m'as renvoyée : il y avait dans tes yeux des larmes que tu cachais... Serait-ce mon père?...
Non!... Je ne veux pas que tu aies celte pensée-là, Marie. Ne crois pas que ton père puisse avoir des torts; lu sais qu'il est trop noble, trop juste, et qu'il nous aime trop pour me donner des chagrins.
Mais qui donc?...
Rien, je n'ai rien, Marie, rassure-toi; j'étais un peu souffrante, voilà tout; mais je suis heureuse. N'ai-je pas ma fille? Oh! oui, bien heureuse par toi, ma belle Marie, car tu es belle, bien belle... Je ne devrais pas te dire cela.
MARIE
Tu m'as appris à n'en pas être orgueilleuse.
LA COMTESSK D'ALTENBERG,
Mais moi! je suis ta mère... Regarde-moi,
souris-moi.
MARIE
Oli ! je t'aime !
J'aurais des chagrins que tu me les ferais oublier. Mais je voulais te parler, Marie. * Pourquoi vas-tu dessiner si loin dans le parc?
MARIE
Dans le parc l
On l'a vue plusieurs fois près du pavillon.
MARIE, embarrassée.
Le paysage y est si beau.
Ce lieu, pourtant, est maudit dans Thisloire de notre famiile.
MARIE
Maudit ! N'était-ce pas autrefois la salle de justice de la cbâtellenie des comtes d'Altenberg ?... Pourquoi mon père?...