‹ La comtesse d'altenberg: drame en cinq actes et en proseChapitre 4 sur 48 · MARIE, LA COMTESSE · texte numérisé non relu

MARIE, LA COMTESSE

MARIE

Ma mère, pourquoi es-tu triste ?

LA COMTESSE, s'efforçaot de sourire.

Moi?

MARIE

Oui, oui; je l'ai bien vu quand tu m'as renvoyée : il y avait dans tes yeux des larmes que tu cachais... Serait-ce mon père?...

Non!... Je ne veux pas que tu aies celte pensée-là, Marie. Ne crois pas que ton père puisse avoir des torts; lu sais qu'il est trop noble, trop juste, et qu'il nous aime trop pour me donner des chagrins.

Mais qui donc?...

Rien, je n'ai rien, Marie, rassure-toi; j'étais un peu souffrante, voilà tout; mais je suis heureuse. N'ai-je pas ma fille? Oh! oui, bien heureuse par toi, ma belle Marie, car tu es belle, bien belle... Je ne devrais pas te dire cela.

MARIE

Tu m'as appris à n'en pas être orgueilleuse.

LA COMTESSK D'ALTENBERG,

Mais moi! je suis ta mère... Regarde-moi,

souris-moi.

MARIE

Oli ! je t'aime !

J'aurais des chagrins que tu me les ferais oublier. Mais je voulais te parler, Marie. * Pourquoi vas-tu dessiner si loin dans le parc?

MARIE

Dans le parc l

On l'a vue plusieurs fois près du pavillon.

MARIE, embarrassée.

Le paysage y est si beau.

Ce lieu, pourtant, est maudit dans Thisloire de notre famiile.

MARIE

Maudit ! N'était-ce pas autrefois la salle de justice de la cbâtellenie des comtes d'Altenberg ?... Pourquoi mon père?...

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