LA COMTES&E
Ignores-tu que sa mère y est morte un jour subitement, et d'une façon étrange qui fit alors circuler de sourdes rumeurs, que le vieux comte, devenu veuf, n'a jamais démenties?
MARIE
Que disait-on?
Depuis ce jour, la porte de ce pavillon ne s'ouvrit plus, et après la mort du vieux comte, qui fut tué 5 la guerre, ton père défendit avec sévérité que personne ne mît les pieds dans ce bùliment. Je te dis tout cela pour que tu craignes, à l'avenir, d'aller de ce côté.
MARIE, rêveuse.
Là... dans ce pavillon... subitement...
LA C03ITESSE.
Ce n'est pas tout : le jour où ton père devint seigneur de ce domaine, il fit enfermer, sans que l'on sût pourquoi, dans un cachot de la cbâtellenie, un serviteur dont jamais je n'ai pu obtenir la liberté.
MARIE
Quoi !...
Dieu la lui a donnée.
MARIE
Il est mort?
A ce que m'a dit ton père.
MARIE
Tout cela m'effraie.
Ainsi, tu n'iras plus de ce côté, n'est-ce pas? Tu me le promets?
* La comtesse conduit sa fille auprès des sièges, à droite, où elles s'asseyent. —Marie sur le tabouret.
MARIE, baissant les yeux.
Oui, ma mère. (A part.) Une fois encore, une seule, pour lui dire..,
D'ailleurs, ce lieu est si désert... Tu n'y as rencontré personne, n'est-ce pas? (Voyant que Marie ne répond rien.) Si? — Marie, aurais-tu aperçu là quelqu'un ? Réponds-moi ; si tu me dis non, je te croirai; car lu n'as jamais fait un mensonge.
MARIE
Ma mère!...
LA COMTESSE, agitée.
Réponds?
Eh bien ! un jeune homme.,,
Tu l'as vu?
MARIE
Tu le connais ?
LA COMTESSE, avec calme.
Moi ! non, je ne le connais pas ; j'ignore qui ce peut être ; mais ne dis rien à ton père... je me charge...
MARIE, à part.
Oh ! quand il faudra lui avouer ma faute!
11 ne t'a point parlé?
MARIE
Ma mère... (Vivement.) On vient!
(Elles se lèvent.)
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