‹ La comtesse d'altenberg: drame en cinq actes et en proseChapitre 5 sur 48 · LA COMTES&E · texte numérisé non relu

LA COMTES&E

Ignores-tu que sa mère y est morte un jour subitement, et d'une façon étrange qui fit alors circuler de sourdes rumeurs, que le vieux comte, devenu veuf, n'a jamais démenties?

MARIE

Que disait-on?

Depuis ce jour, la porte de ce pavillon ne s'ouvrit plus, et après la mort du vieux comte, qui fut tué 5 la guerre, ton père défendit avec sévérité que personne ne mît les pieds dans ce bùliment. Je te dis tout cela pour que tu craignes, à l'avenir, d'aller de ce côté.

MARIE, rêveuse.

Là... dans ce pavillon... subitement...

LA C03ITESSE.

Ce n'est pas tout : le jour où ton père devint seigneur de ce domaine, il fit enfermer, sans que l'on sût pourquoi, dans un cachot de la cbâtellenie, un serviteur dont jamais je n'ai pu obtenir la liberté.

MARIE

Quoi !...

Dieu la lui a donnée.

MARIE

Il est mort?

A ce que m'a dit ton père.

MARIE

Tout cela m'effraie.

Ainsi, tu n'iras plus de ce côté, n'est-ce pas? Tu me le promets?

* La comtesse conduit sa fille auprès des sièges, à droite, où elles s'asseyent. —Marie sur le tabouret.

MARIE, baissant les yeux.

Oui, ma mère. (A part.) Une fois encore, une seule, pour lui dire..,

D'ailleurs, ce lieu est si désert... Tu n'y as rencontré personne, n'est-ce pas? (Voyant que Marie ne répond rien.) Si? — Marie, aurais-tu aperçu là quelqu'un ? Réponds-moi ; si tu me dis non, je te croirai; car lu n'as jamais fait un mensonge.

MARIE

Ma mère!...

LA COMTESSE, agitée.

Réponds?

Eh bien ! un jeune homme.,,

Tu l'as vu?

MARIE

Tu le connais ?

LA COMTESSE, avec calme.

Moi ! non, je ne le connais pas ; j'ignore qui ce peut être ; mais ne dis rien à ton père... je me charge...

MARIE, à part.

Oh ! quand il faudra lui avouer ma faute!

11 ne t'a point parlé?

MARIE

Ma mère... (Vivement.) On vient!

(Elles se lèvent.)

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