SCÈNE V
Là COMTESSE, seule, avec résignation.
Ma pauvre Marie ! au moins elle vivra!... et elle saura un jour que c'est sa mère qui lui a donné une seconde fois la vie... Qu'en aurais-je fait, moi, de cette existience que le chagrin empoisonnait chaque jour ? Ma mère chassée, mon repos intérieur détruit, le mépris d'un homme qui m'avait tant aimée!... Oh! la mesure était comblée... de tonte façon je ne pouvais rester ici ; éi, par ce sacrifice devenu nécessaire, j'achète la
vie de ma fille. Mais elle va venir, cette chère
Marie... O mon Dieu! comment la tromper ?...
si elle découvrait .. Non, non, il faut composer
mon visage, cacher mes larmes sous un sourire,
prétexter un voyage. La voici.
(Marie est entrée pendant ces derniers mots; elle a
regardé sa mère, et, au lieu d'accourir vers la
comtesse, elle s'est éloignée. Sa figure porte une
expression de réserve et de froideur.)