‹ La comtesse d'altenberg: drame en cinq actes et en proseChapitre 44 sur 48 · LA COMTESSE , MARIE · texte numérisé non relu

LA COMTESSE , MARIE

Ma fille! viens ! Oh ! viens sur mon cœur! ma chère Marie. Pourquoi ce malin ne t'ai-je pas vue? dis ! c'est la première fois que ton baiser me manque à mon réveil.

MARIE, froidement et les yeux baissés.

Ce matin, tu avals défendu que personne n'entrât dans ton appartement.

Défendu ! moi ?

MARIE

Mon père me l'a dit.

Ton père ?... Ah! c'est juste! oui, je me rappelle... Mais cela n'était pas pour toi, Marie; c'est une méprise, tu sens bien. Enfin, te voilà, n*y songeons plus... Ta présence me fait tant de bien ! aujourd'hui surtout ! si tu savais... Embrasse-moi. (Voyant que Marie ne fait aucun mouvement.) Mais qu'as-tu donc? lu parais inquiète, préoccupée, froide ! Marie, oh I mon Dieu ! rassure-moi bien vite, il me semble que tu m'aimes moins ? MARIE , sans relever les yeux.

Peux-tu le croire?

Comme tu me dis cela 1 Tu ne m'en veux plus, n'est-ce pas, de ce qu'hier je t'ai parlé sévèrement? c'était pour ton bien, vois-tu, mon enfant. Ecoute... (Avec un naturel composé ) il peut se faire que j'entreprenne bientôt un grand voyage... et puis, je ne serai pas toujours là pour t'aider de mes conseils. Il faut donc apprendre à le diriger toi-même. Tu as commis une grande faute, Marie, l'unique moyen de la réparer, c'est de ne plus revoir ce jeune homme, enlends-lu ? Tu souffriras, je lésais. (Essuyant ses yeux.) Cela fait tant de mal de renoncer au bonheur qu'on s'était promis! mais que veux-lu , nous autres femmes , nous sommes au monde pour souffrir.. .Ce jeune homme, je te le répèle , quelles que soient les promesses qu'il l'ait faites, il n'a ni la volonté ni le pouvoir (le les tenir.

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