‹ La comtesse d'EgmontChapitre 18 sur 55 · LE MARQUIS DE CONDORCET · texte numérisé non relu

LE MARQUIS DE CONDORCET

A part l'horreur, je voudrais bien savoir quelle impression un tel supplice produit sur la foule.

LE COMTE DE B***

Le plus vif intérêt pour le condamné ; je vous assure qu'on oublie bien vite son crime en voyant sa fermeté à souffrir les

(1) On ne peut rendre l'aflluence qu'il y avait dans Paris ce jour-là. Les villages circonvoisins, les habitants des provinces, les étrangers y étaient accourus comme aux fêtes les plus brillantes. Non-seulemenf, les croisées de la Grève, mais même les lucarnes des greniers furent louées à des prix fous. Les toits regorgeaient de spectateurs. Mais ce qu frappa surtout, ce fut l'ardeur des femmes, si sensibles, si compatissantes, à rechercher ce spectacle d'horreur.

(Vie privée de Louis XV, tom. III, p. 411.)

LA COMTESSE D'EGMOXT 97

brûlures qu'on lui fait, l'huile bouillante, le plomb fondu qu'on jette sur ses plaies, et les quatre chevaux qui, pendant trois quarts d'heures, font de vains efforts pour l'écarteler, et la vie du patient résistant à tant de douleurs atroces, et les bourreaux obligés de le dépecer eux-mêmes pour que cet infernal supplice finît avant le jour! Qui n'aurait pitié de la ?ictime !

d'alembert.

Il est certain que c'est un coup de canif bien payé, et que la vue de ces horreurs n'est propre qu'à donner au peuple l'exemple d'une férocité dont il pourra se souvenir un jour.

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