‹ La comtesse d'Houdetot, sa famille, ses amisChapitre 19 sur 48 · NOS PORTRAITS DE MADAME D IIOUDETOT · texte numérisé non relu

NOS PORTRAITS DE MADAME D IIOUDETOT

Nous donnons divers portraits de M"' d'IIoudetot, qui la représentent aux différents âges de la vie. Le premier (Planche I) est reproduit d'après une miniature de l'époque, qui est toujours restée dans la famille : c'est l'heure de la jeunesse enjouée, des riantes espérances, Rousseau dut la connaître ainsi. Sur la même planche, nous avons reproduit le portrait du comte d'Houdetot, son mari, qui a la môme origine.

LA COMTESSE D'IIOUDETOT.

Le tableau original du second portrait (Planche V) est attribué au pinceau de Fragonard. Il figura avec cette mention a l'Exposition universelle de 1878, il était placé au Trocadéro a la partie rétrospective. Cette composition doit être une allégorie plutôt qu'un portrait a proprement parler. M'"' d'IIoudetot, dans un jardin, apparaît au milieu de la verdure et des fleurs; elle semble les offrir à l'Amour avec reconnaissance, c est le triomphe de la femme jeune, heureuse, aimante et aimée. L'original, qui appartint longtemps a la marquise de Blocqueville, a toujours été considéré comme un Fragonard authentique, et aussi comme représentant la comtesse d Houdetot. M"'' de Blocqueville offrit ce portrait à M'"' la comtesse dfloudetot, née Galos, après son mariage, en 1867.

Voici maintenant une œuvre de Garmontelle (Planche II), et certes des plus précieuses, puisque nous y voyons M'"' d'Houdetot et M'^'d'Epinay, facilement reconnaissables, la première a sa poitrine harmonieusement accentuée, la seconde à cette maigreur fatale qui désolait Jean-Jacques. Les deux belles-sœurs sont dans le rayonnement de lexistence, une table les sépare, elles s'y appuient et semblent converser. En traçant ce beau dessin rehaussé d'aquarelle, et en réunissant ainsi ces doux amies de Rousseau, l'artiste semble avoir eu le pressentiment qu'elles seraient inséparables dans l'histoire si captivante de leur époque.

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La Comtesse dHouuetot en it86

Notre quatrième portrait (Planche III) est la reproduction de celui qui appartient à la famille de Grèvecœur.

L'amie de Saint-Lambert ici a environ ^o ans. L'original est une miniature dessinée au crayon noir, et rehaussée de gouache. Il fut envoyé le 8 avril 1786, avec une lettre qui le mentionne, par M'"' d Houdetot elle-même a AUy de Grèvecœur, fils de Saint-John (le Grèvecœur, ami dévoué de la comtesse. Ge dernier au revers a écrit ces mots : The right Jionorable Lady Sophia, comtesse de Houdetot. L'authenticité de ce portrait est indiscutable. Gomme nous l'avons écrit ailleurs \ la comtesse est vue de profil et en buste. Elle porte un fichu croisé sur la poitrine, et ses cheveux sont relevés par derrière en un vaste rouleau. Le regard est affectueux, bon, et la figure est empreinte de douceur.

Nous adressons ici tous nos remerciements a M""^ de Grèvecœur, qui a bien voulu nous autoriser à reproduire ce portrait.

Les années passent, la vieillesse arrive; M"'* d'Houdetot a un petit-fils, Frédéric, qui s'adonne a la peinture : c'est lui qui alors va nous léguer son image. En 1800, dans un vivant dessin au crayon noir, il représente sa grand'mère assise, les bras à peu près croisés, portant sans trop d'accablement le poids de ses soixante-dix ans. Plus tard, ce dessin lui sert a

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