‹ La comtesse d'Houdetot, sa famille, ses amisChapitre 39 sur 48 · TESTAMEXT DE M. DE S A 1 N Ï-L AMBER T · texte numérisé non relu

TESTAMEXT DE M. DE S A 1 N Ï-L AMBER T

Par devant les notaires publiés au département de Seineet-Oise, résidant à Cormeilles en-Parisis. et Franconvillc-la- Garenne, soussignés,

Fut présent Jean-François de Saint-Lambert, grand-maître de la garde-robe du roi de Pologne, mestre de camp de cavalerie, l'un des Quarante de l'Académie française, demeurant à Sannois, maison du comte d'Houdetof,

Lequel étant sain d'esprit, mémoire et entendement, et en santé de corps, a l'ait et dicté à nous dits notaires, et rédigé par Bouju l'un de nous, en présence du citoyen Antheaume. son confrère, son présent testament, ainsi, et de la manière qui suit :

Les changements fréquents arrivés à ma cliélive fortune, la mort de plusieurs personnes auxquelles j'aurais voulu laisser des marques de bienveillance, ou d'amitié, m'ont obligé plus d'une fois à changer mes dernières volontés : j'ai donc fait

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plusieurs testaments, et je crois n'avoir jamais terminé le nouveau sans brûler l'ancien, mais j'ai pu en conserver quelqu'un par distraction; s'il s'en trouvait, au moment de ma mort, d'autres que celui-ci, je les déclare nuls, voici le seul auquel on puisse avoir égards.

Je remercie TNI. et M""" d'Houdetot de l'amitié dont ils m'ont honoré pendant la plus grande partie de ma vie; je les prie de me permettre ce remerciement, et de me rappeler à leur souvenir. C'est un usage suivi par les testateurs de se souvenir des personnes qui leur ont été chères et d'exprimer leur reconnaissance aux amis qui leur ont rendu la vie agréable; ce n'est point ici l'usage que je suis, c'est mon cœur.

Je prie M. d'Houdetot d'accepter le médaillon du plus sage des philosophes français qui se sont occupés de la législation, c'est celui du président de Montesquieu. Il m'a été légué par M"'*" de Mirepoix ' qui le tenait de lui. Je prie M. d'Houdetot de faire méditer \' Esprit des Lois à mon ami Frédéric", à qui j'ai appris un peu l'art de méditer.

Je prie M'"" d'Houdetot d'accepter le buste de Voltaire qui est en perruque, un des plus ressemblants ; il m'a été légué par M. d'Alembert, cela le rend plus précieux. Plus la pendule qui m'a été léguée par M. de Beauvau. Je la prie de la placer dans sa chambre; en l'entendant sonner, elle se rappellera peutêtre quelquefois que, pendant plus de cinquante années, je lui ai consacré avec plaisir une grande partie des heures de ma vie.

Je ne lègue pas à mon ami Frédéric, comme je les lui léguais dans quelques-uns de mes testaments, les Mes de Plutarque, parce que je les lui ai données, mais je lui conseille d'en renouveler souvent la lecture. Je ne connais point de livre aussi propre à entretenir dans le cœur de mon jeune ami les sentiments élcA'és et purs que j'ai eu le plaisir d'y voir

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