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Née Rohan-Chabot, seconde femme du prince de Beauvau

2. Les Mémoires pour servir à la vie du maréchal, prince de Beauvau, furent composés par Saint-Lambert. La maréchale de Beauvau, trouvant ce travail insuffisant, corrigea elle-même le manuscrit avec le concours de Suard, et en laissa plusieurs copies à la princesse de Poix, fille unique du premier mariage de M. de Beauvau. Gène fut qu'en 1872 que M"' Standish, née Noailles, arrière-petite-fille du prince, publia ces Mémoires ainsi amendés à la librairie Teciiener. Elle y joignit les Souvenirs de la maréchale, princesse de Beauvau, née Rohan-Cliabot.

3. La princesse de Poix était la fille unique du prince de Beauvau, issue de son premier mariage. Le prince de Poix était le lils aîné du maréchal de Mouchy-Noailles.

4. M™' de Vintimille était fille de M. de Lalivc de Jtdly et de sa seconde femme, Marie-Louise-Josèphe de i\eltine-\alkiers.

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qu'elle m'a témoignée, et surtout des consolations que promet à M'"" d'Houdetot l'amitié qu'elle lui témoigne.

J'assure M. d'Houdetot, le fils', de mon amitié et de ma vénération pour ses talents de plus d'un genre. J'assure du même souvenir et de la même amitié le fils et la veuve de mon ami le baron d'Holbach.

J'ai vécu plus que je n'avais compté de vivre, et pour ne pas retarder la jouissance des petits legs ci-dessus décrits aux personnes de mes amis auxquelles ils pourraient être agréables, je les leur ai donnés, et cependant je les laisse dans mon présent testament.

Je rends mille grâces à M'"" de Damas' d'avoir bien voulu recevoir avec bonté les marques de l'amitié qu'elle m'a inspirée : je la remercie de celle qu'elle a bien voulu me témoigner. Je conserve pour elle jusqu'à mon dernier moment les sentiments qu'elle mérite de toute âme honnête et pensante.

Je me rappelle à ma fin, pour la rendre plus douce, tout l'esprit, tout le caractère aimable de M"*^ de Damas"', et je me dis que ses belles qualités et ses agréments contribueront au bonheur de madame sa mère.

Je suis charmé encore, près de mes derniers moments, de l'amitié de M'"" Blond '' et je l'ai toujours comptée au nombre des femmes les plus distinguées de son siècle ; sa conversation si excellente en tant de manières m'a fait jouir encore des qualités admirables de l'homme qui a reçu le plus de lumières et le plus de vertus, M. Tiugol, qui nous a aimés.

1 . César d'Houdetot, fils de la comtesse d'Houdetot, et mari de Louise Perrinet de Faugncs, à laquelle nous avons consacré un cha[)i(re de ce livre.

2. M™'' de Damas était la fille de Charles-Claude Andrault, marquis de Maulevrier-Langeron, et de Marie-Louise Perrinet. En 1779, elle avait épousé le comte de Damas d'Antigny, qui fut créé duc en iSaS.

3. M"" Zépliirine de Damas fut mariée deux fois, d'abord au comte de Vogué, ensuite au comte de Chastcllux.

/(. M'"" Blond, amie de Turgoî.

SAIXT-LAMBERT. 2G1

Jai du regret d'avoir passé le reste de ma vie sans voir jNI'"- de Blof, ', et de ne pouvoir finir à mon gré l'esquisse que j'ai ébauchée de l'éloge de M. de Gastries ". J'emporte au tombeau les sentiments de tendresse et de vénération que ce digne ami de M"'' Blot, et M"'- Blot m'avaient inspirés.

Je voudrais bien donner à M""" Pastoret' une marque de mon estime et de mon attachement pour elle, mais il ne me reste plus de livres qui méritent d'être donnés. Je ne verrai pas les progrès d'Amcdée^, mais j'emporte en mourant l'idée des consolations que lui devra madame sa mère ; elle se tient sûre que son fils sera un homme très heureux, et je jouis de ses espérances.

J'ai du plaisir à dire un petit mot à M"" de La Briche ^; il y a longtemps que je lui ai pardonné son extrême ressentiment contre l'auteur d'un certain morceau du livre des Principes des mœurs (morceau qui n'a été fait que pour être utile aux femmes).

Je remercie M. Le Boi'' de l'amitié qu'il a eue pour moi,

1. yi'"° la comtesse de Blot avait été clame d'honneur de la duchesse d'Orléans. M™"" de Genlis en parle dans ses Mémoires et dit que son mari fut « l'homme le plus borné qu'on ait jamais vu dans le monde ». M"" de Blot vécut longtemps dans l'intimité du marquis de Gastries.

2. Charles-Eugènc-Gabricl de la Groiï, maréchal de Gastries, né en 1737. Il l'ut ministre de la marine en 1780. Il mourut pendant l'émigration à Wolfenbultel, en 1801. Il s'était retiré là avec M""" de Blot.

3. M"' de Pastoret, femme de l'homme politique de ce nom qui joua un rôle important dans nos Assemblées. Il fut le premier président de la LégislatiAe.

4- Amédée de Pastoret joua, comme son père, un rôle ijolitiquc important. Il a laissé des romans historiques et des poésies.

5. M""' de La Briclie, belle-sœur de M"" d'Houdetot. née Adélaide- Edmée Prévost. Son père était receveur général des finances en Lorraine, sous le roi Stanislas. Elle avait épousé Alexis Jan\ ier de Lalive, comte tie La Briclie, le 4 avril 1780.

G. M. Le Boy, homme d'esprit, qui se plaisait dans la société de» philosophes.

a'j3 LA COMTESSE D'IIOUDETOT.

je ne lui lègue point le papier dont je lui ai confié le sujet; j'ai jeté au feu ce que j'en avais fait, l'âge ne m'a pas permis de terminer cet ouvrage à ma satisfaction. J'emporte un souvenir tendre de M. Le Roi, l'un des hommes les plus aimables et les plus estimables que j'aie connus.

J'emporte au tombeau le souvenir de MM. de La Harpe et Delille. J'admire leurs talents, j'aime leurs caractères, et je chéris le souvenir de l'amitié qu'ils ont eue pour moi.

Je prie ma cousine M"'^ de Yernon de recevoir, à mon dernier moment, les protestations de l'amitié respectueuse que j'ai toujours eue pour elle. Je la félicite du beau caractère de ses deux fils, dont l'un se distingue à l'armée de l'Empereur, et l'autre consacre à sa mère tous les moments de sa vie.

Je rends grâce à M""" de Lalive ' des bontés qu'elle ma témoignées. J'ai fait un livre d'éducation, et elle a fait les éducations de trois enfants, et d'un petit-fils, qui sont des chefsd'œuvre. Je la prie de trouver bon que je lègue à Emeric l'Histoire de l'Amérique en deux volumes in-quarto de Robertson, traduction française.

Je ne connais rien de digne d'être légué à M""" de \ erdun -, mais je la prie de me permettre de me rappeler avec elle toutes les vertus de son honnête famille, dont j'ai joui depuis l'âge de dix ans jusqu'à ce que la mort me les ait tous enlevés, excepté M""' de Yisme et M"" de Verdun. Je leur fais les adieux les plus respectueux et les plus tendres.

Ma fortune est peu considérable : elle ne consiste : i" Qu'en

1. Sailli-Lambert veut parler ici de la seconde M"° de Lalive de Jullv, née de Neltine-Yalkiers, qui eut, en eflet, trois enfants.

2. M""^ de Verdun était la femme d'un fermier général, qui possédait le château de Colombes, près de Paris. Remarquable par sa nature fine et enjouée, par sa beauté et par la gaieté de son caractère, elle aimait la société des artistes, des gens de lettres et des hommes desprit. Carmontelle était un ami intime de la maison. M™*" de Verdun fut la fidèle amie de \jme Vigée-Lebrun.

deux mille quatre cents francs de gratification annuelle et viagère que me fait le gouvernement. 2" Deux mille six cents francs de rente et pensions viagères. 3° Une autre rente viagère que me doit le citoyen Denizet, et dont je ne suis pas payé. 4° Et enfin quelque argenterie que j'ai mise en dépôt chez M. d'Houdetot, quelque argent comptant et mon mobilier.

J'ai quelques dettes à acquitter, si, à mon décès, elles ne le sont pas, et qui consistent : 1° Au citoyen Pillieux\ maçon à Sannois, la somme de soixante-huit francs pour reste d'ancien mémoire. 2" Au citoyen Seguin, mon apothicaire, la somme de cent francs; il demeure à Paris, rue Honoré. 3" Au citoyen De la Serre, mon médecin, la somme de deux cents francs pour les soins qu'il a pris quelquefois de ma vieillesse. h" Au citoyen Dupont, officier de santé à Eaubonne, la somme de cinquante francs pour soins et médicaments. 5" Au sieur Girardie, homme d'affaires de ma sœur, à Nancy, la somme de trois cent cinquante francs. Il faudra s'adresser et demander la preuve ou plutôt la certitude de cette dette, car je n'en suis pas sûr, à son frère qui demeure au Bureau général de correspondance, à Paris, rue du Bac, n" 249. 6° Au citoyen Bouju, notaire à Franconville, c£ui reçoit mon présent testa-

1. Il y avait aussi à Montmorency en 1759 un maçon, nommé Pillieux ou Pilleu, qui fut en bons termes avec Jean-Jacques Rousseau. L'auteur d'Emile allait quelquefois chez lui, et partageait son modeste repas. Rousseau aimait à causer avec ce maçon, qui sans doute est le même que celu dont parle Saint-Lambert.

« Si mon cœur, dit Jean-Jacques, m'attirait au château de Montmorency par mon sincère attachement pour les maîtres (la famille de Luxembourg), il me ramenait de même à mon voisinage goûter les douceurs de cette vie égale et simple, hors de laquelle il n'est point de bonheur pour moi. Thérèse avait fait amitié avec la fille d'un maçon, mon voisin, nommé Pilleu ; je la fis de même avec le père ; et après avoir le malin dîné au château, non sans gêne, mais pour complaire à M"" la Maréchale, avec quel empressement je revenais le soir souper avec le Ijonhomme Pilleu et sa famille, tantôt chez lui, tantôt chez moi! »

(^Confessions, Livre \.)

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ment, le coût, honoraires et déboursés d'un acte de constitution de rente viagère fait à mon profit par le cito}en Denizet devant lui, le dix-neuf Pluviôse, An quatre, et l'inscription prise sur ledit contrat au Bureau des Hypothèques de Pontoise, le dixhuit Prairial, An huit; la grosse duquel acte et inscription m'ont été remises par le citoyen Bouju le huit Messidor, An huit, et auquel le tout est du.

S'il se trouve d'autres dettes que celles ci-dessus désignées dont je n'ai pas connaissance, elles seront payées par mon exécuteur testamentaire ci-après nommé.

LEGS P A II T I G L 1. 1 E R s

Je donne et lègue à la Jeunesse, frotleur chez M. d'Houdetot (ne lui ayant rien donné lors de son mariage), la somme de soixante- douze livres, une fois fait.

Plus au citoyen Villemot, cuisinier chez M. dHoudetot, ne lui ayant rien donné lors de son mariage, la somme do cent vingt livres, une fois fait,

Plus au citoyen Labbé, portier dudit citoyen d'Houdetot, à Paris, quarante-huit livres, une fois fait.

Plus au citoyen Désandrès, domestique de M""" dHoudetot, la somme de cent vingt livres une fois fait, l'exhortant à montrer souvent à sa maîtresse le zèle qu'il a réellement pour son service, et plus rarement l'humeur qu'il a quelquefois,

Plus au citoyen Tuillier, domestique de M""' de Beauvau, la somme de quatre-vingt seize livres, une fois fait.

Plus au citoyen Claude, jardinier de M™* d'Houdetot, la somme de quatre-vingt-seize livres, une fois fait, pour lui témoigner la reconnaissance des soins qu'il prend pour rendre à sa maîtresse son jardin agréable.

Puis au père de Claude la somme de quarante-huit livres, une fois fait.

Plus à Charles, domestique de M. d'Houdetot, la somme

SAINT-LAMBEKT. 26;!

de cent vingt livres, une fois fait : ce citoyen me paraît être le modèle de ce que doit être un honnête homme attaché au service d'un honnête homme.

Plus, pour récompenser Jacques, mon domestique, des soins qu'il m'a portés, et me portera jusqu'à mon décès, je lui donne et lègue tous mes meubles, habits et linges de toute espèce qu'il a en dépôt chez lui. Ensemble, ma montre et tous les autres meubles meublans, linges et habits qui m'appartien dront à mon décès. N'est point compris dans ledit legs ma bibliothèque pour le peu qu'il y a, mon argenterie, et autres objets que mesdits meubles, habits et linges.

Plus, je lui donne et lègue en sus de ses gages, qui sont de deux cent quarante livres par an, que je lui paye par quartier, outre ce qui pourra lui être dû à mon décès, un quartier des dits gages en sus.

Je donne et lègue à M. Siiard, mon ancien ami, cinq cents livres de pension viagère que M. Agasse, mon imprimeur, doit faire à ma mort à un homme qui aura plus de soixante ans, laquelle rente il touchera à compter du jour de mon décès. Le présent legs servant d'indication à M. Agasse pour servir ladite pension aux termes de mon traité avec lui.

Dans le cas où je serais payé avant mon décès des arrérages de la rente viagère que me doit le citoyen Denizet, ou que ma succession puisse s'en faire payer, je donne et lègue audit cas :

I" Deux cent quarante livres au citoyen Barat, ci-après nommé mon exécuteur testamentaire, en sus de ce qui sera indiqué ci-après dit ;

1" Cent vingt livres au citoyen Girard, ancien valet de chambre de M. d'Houdetot;

3" Cent vingt livres à la femme de chambre de M""" d'Houdelot, femme du citoyen Désandrès;

4" Et cent vingt livres à Charles, domestique de M. d Iloiidetot, en sus du legs par moi à lui ci-devant fait.

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Je prie M. Barat, homme de loi, demeurant à Paris, rue Croix-des-Pelils-Champs, de vouloir bien être mon exécuteur testamentaire, et le prie d'accepter en reconnaissance un diamant de la somme de trois cents livres, dont je lui fais don et 1 egs en ^us de celui par moi à lui ci-devant fait.

Au surplus, je me dessaisis en faveur et es mains de mon exécuteur testamentaire de tous mes biens jusqu'à l'entier acquittement des legs par moi ci-dessus faits que je veux et entends être remplis et exécutés.

Ce fut ainsi fait, etc.

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