VERS POUR UN PORTRAIT
Je vivais pour les adorer; Près de cette image si chère, Ouvrage de ma fille, et portrait de ma mère, Je vis encor pour les pleurer.
QUARANTE l'oÉSlES DE MADAME D 'il U U DETOT. 63
Monument cher ù ma tendresse, De deux objets que j'ai perdus Vous entretenez ma tristesse; Mais vous me tenez lieu d'un bonlieur qui n'est plus !
Seconde Dizaine.
I. — Nous avons groupé ici les poésies amoureuses de Mimi. Plusieurs sont de petits chefsd'œuvre, dignes de figurer dans une anttiologie. On éprouve, en les lisant, un attendrissement qui fait du bien à l'àme, et lui ouvre des horizons enchantés.
Qui est le Robert dont elle parle dans la première pièce? Nous l'ignorons.
POUR UN JEUNE UOMME A QUI UNE JEUNE FEMME AVAIT ÉCRIT SOUS LE NOM D'UNE VIEILLE.
Du bon Robert vous connaissez l'histoire :
Ferme en amour et jamais rebuté,
Vous le savez, il servit avec gloire
Et la vieillesse et la difformité.
Des chevaliers en tous sens le modèle,
Soumis au sexe et toujours amoureux.
Il obéit, il fut heureux, Et la beauté récompensa son zèle.
Ne pourrais-je espérer un jour
Le prix de son obéissance ?
J'ai comme lui servi l'Amour;
N'aurai-je pas sa récompense?
66 LA COMTESSE d'IIOUDETOT.
IL — Voici une des perles de choix. Il n'y a là que huit vers, de forme brève, mais elle a su y mettre toute son àme. La forme est parfaite comme la pensée.