LES GRANDES DAMES DU XVIII* SIECLE
LA
Une chose est certaine ; ces lettres, on ne les connaît point : on les chercherait vainement dans la Correspondance de Rousseau. On y trouve bien les dix-huit lettres inédites de Jean-Jacques à Soohie, découvertes par Hippolyte Bufîenoir et publiées pour la première fois par lui en 1905. mais elles s'échelonnent sur la période d'octobre 1757 à mars 1758 et ne datent donc point de la ï>ériode passionnée. Si ces lettres contiennent d'admirables pages, « les plus ardentes peut-être qu'il ait écrites, celles qui lui font le plus d'honneur », au dire de Pierre-Maurice Masson, on se convaincra aisément, en les lisant, qu'elles ne correspondent point aux indications que Rousseau nous a laissées lui-même, sur la nature de celles écrites au printemps 1757. " On a trouvé brûlantes celle de la Julie, écrit-il. E' Dieu ! qu'aurait-on donc dit de celles-là. Non, non. jamais celle qui peut inspirer une pareille passion n'aura le courage d'en brûler les preuves ». Jean-Jacques ajoute un renseignement qui doit permettre de reconnaître lei lettres de celte période. (1 La sotte, mais vive crainte d'être persiflé » lui avait fait employer « un ton qui mît ses lettres à l'abri des communications », pour le cas où sa correspondante eût commis cette i indiscrétion. Et Rousseau ajoute : « Je portai jusqu'à la tutoyer la familiarité que jy pris dans mon ivresse : mais quel tutoiement ! elle