CE1VE III
LA REINE, SLMIER.
siniER.
Ma mission, je le vois, est remplie, Raisonner plus longtemps serait une folie, Et je respecte trop votre décision Pour- lie pas mettre un terme à la discussioa.
nn
Je plains ce pauvre duc et ne saurais qu'y faire, Puisque ce n'est pas lui que votre cœur préfère.
LA BEUfE.
Ni lui, ni d'autre.
smiER.
Bien. Il sera désolé De voir que son espoir est détruit, envolé.
LA REINE
Sa ] cioe^ s'il en a^ je suis bien assurée Qu'elle ne sera pas de très-longue durée :
Car, lorsqu'il est parti, je n'ai vu sur ses traits Ni mécontentement, ni trouble, ni regrets.
sihie:^.
Il n'était point assez ei^couragé peut-être.
Mais de ce qu'on éprouve on n'est pas toujours maître. On n'est pas toujours prêt à feindre un sentiment Que l'on n'a pas.
LA REINE
Voyons, parlez plus clairement.
SIMIER
Vous serez patiente?
LA REINE
Oui, oui, quoi qu'il m'en coûte. Ne vous gênez donc pas; dites, je vous écoule.
smiER.
Peut-être^ s'il joignait aux agréments du corps Ce langage brillant, ces élégants dehors, Cet air aisé, coquet, ces aimables manières, Pour un homme amoureux puissants auxiliaires. Le noble duc d'Anjou serait encore ici ; Benu comme Leicester, il eut mieux réussi.
LA REINE
Ce que vous osez dire a droit de me surprendre,
Par la merci de Dieu ! je crains de vous comprendre.
SIMIER
Croyez. . .
LA REinE, Vint {Trompant i^un gesta impérieux. Le comte et moi nous sommes des amis, Il est vrai ; mais, monsieur, cela nous est permis, Et vous allez juger quel soupçon est le vôtre ; Car dans la tour de Londre enfermés l'un et Tautre, Il fut le compagnou des maux que j'ai soufferts, Il partagea ma peine, il partagea mes fers, Et l'amitié qui naît d'une même infortone Est honorable et sainte, et je n'en sais aucune Qui soit aux yeux de tous plus digne de respect. Et m'oser supposer un sentiment suspect !
Je ne souffrirais pas une audace aussi haute De Tun de mes sujets, mais vous êtes mon hôte.
SIHTBR.
Je n'ai pas pu, madame, avoir l'intention D'accuser une juste et noble affection...
Pou-rquoi donc disiez-vous alors...
SIHISR.
Daignez m'entendre.
Si pour lui vous aviez un sentiment plus tendre. Le comte, heureux et fier d'un glorieux amour, Resterait insensible aux beautés de la cour.
Ainsi, je ne pouvais rien soupçonner, ni croire De nature à blesser votre honneur, votre gloire.
LA KEIRE.
Il ne lui suffit pas d'avoir mon amitié!...
Mais vous ne m'avez dit la chosa qu'à moitié.
Que] est le digne objet de ses amours secrètes?