‹ La comtesse de LeicesterChapitre 25 sur 27 · LA C091TESSE · texte numérisé non relu

LA C091TESSE

Que tu me fais de bien !

Leicestcr se détonrnc pour cacher son énioUoii. Tu t'éloignes? approche...

Plus près... je neraifait,cher comte, aucun repproche, Et ne t'en ferai pas ; mais, je l'ai dit, sois franc. De la reine, pour toi, je redoute le rang.

C'est ton ambition qui seule fait mes craintes , C'est cet affreux serpent aux puissantes étreintes, Qui te mordait an cœur, et dont le froid poison A glacé ton amour et troublé ta raison.

Dans mon rêve insensé j'étais pris de vertige. Mais le réveil, enfin, a détruit le prestige, Et je n'ai plus au cœur que mon amour pour toi. Par quels serment faut-il t'assurer de ma foi .

Non, je n'exige pas, cher ami, que tu jures : Parmi les nobles lords il n'est point de parjures... Elle resle un moment pensive comme pour rassemblep ses idées; puis d'un ton dans lequel perce une peu «l'égarement ;

Un riant avenir s'ouvre donc devant mol î...

Oui, je serai la reine et tu seras mon roi...

Tu veux régner... Eh bien ! mon cœur sera ton trône.

Ceux de velours et d'or qu'un vain luxe environne.

Ne valent pas celui que te garde l'amour...

Moins de soucis, d'ailleurs, voltigent à l'entour...

Et si quelque chagrin, quelque regret te presse, Je saurai Técarler à force de teodresse...

Veux-tu que nous soyons heureux?

LEICBSTfiB.

SijeleTCux?

Crois-moi, c*est, maintenant, le plus cher demesvœux.

Alors, mon Leicester, il nous faut quitter Londre ; De mon bonheur, ici, tu ne peux pas répondre... Cet éclat de la cour, si brillaut, si trompeur. Et toi si répandu... Que sais-je?... Enfin^ j'ai peur.

Allons, rassure-toi ; dans Tune de mes terres, Bientôt nous irons vivre heureux et solitaires. La fière Elisabeth en ce lieu va venir :

C'est d'abord son congé que je dois obtenir.

La reine va venir!... Quelle est donc son idée?

LEICESTEE.

Mais, ma chère, c'est toi, toi qui Ta demandée.

Qui? moi î

Elle porlc la maiti à son Tront, comme pour se recueillir, et après un moment de silence.

Mes souvenirs, vainement rassemblés.

N'offrent rien que de vague à mes esprits troublés.

LE MtDECi.i, bas à Sidnei, Elle est perdue !

siDiiEi, bas au Médecin.

ciel !

LE MÊOEcin, de même.

Quelques instants encore.

Ses forces céderont au mal qui la dévore.

LRiCESTER) Contemplant avec une vive émotion la Comtesse profondément pensive, et comme égarée dans ses réflfxions,

A quoi songes-ln donc, elquel sombre souci?...

LA COKTESSE.

Je cherche dans quel but la reine vient ici... Veut-elle encor me prendre et ton cœur et ton ame, Me ravir mon trésor?... Que je hais cette femme î

Reprends tes sens.

Oui, oui, la raison me revient; Mon esprit, moins confus, maintenant se souvient. Auprès d'Elisabeth, impuissante à me rendre, J»* désirais la voir et lui voulais apprendre Quel saint nœud nous unit, et d'elle réclamer L'époux qui m'appartient, qu'elle ne peut aimer. Mais puisque sur ta foi me voilà rassurée, Ne peut-on de ces lieux lui défendre l'entrée?

Une reine î

LA COSITESSE.

11 est vrai, je la dois recevoir; Pourtant, je te le dis, je répugne à la voir. Celte nécessité qui m'est, hélas ! prescrite, Me trouble, me tourmente, et mon mal s'en irrite. Oui, ce feu dévorant, que je croyais calmé, Renaît, plus vif encor, dans mon sein enflammé... Je me meurs... je le sens, cette attaque est mortelle... Mais quel bruit?... quelqu'un vient.

«CBIVE Wi.

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