ACTE I, SCÈNE III
BEAUFORT
Je pense que le roi n’a rien à refuser à un général victorieux...
C’est aussi mon avis. Mais, où est-il donc ?
BEAUFORT
11 est allé savoir si sa fille, mademoiselle Pauline de Saveneuse, pourra figurer à un quadrille.
LE BARON
Comment! est-ce que?..
BEAUFORT
11 l’a trouvée assez malade en arrivant...
LE BARON
Oh ! je veux m’informer...
BEAUFORT
Là, dans ce pavillon...
LE BARON
Mille grâces... (il entre dans le pavillon à droite.)
CHAVICNY.
Ah çà! qu’est-ce donc que ce baron d’Aubeterre? Je croyais que le dernier rejeton de cette famille était mort en Amérique, il y a une quinzaine d’années.
BEAUFORT
On l’a dit en effet, mais c’était un faux bruit, puisque le voilà.
CHAVICNY.
Il doit être fort riche, car son père, en mourant à Madras, a laissé, dit-on, une fortune colossale...
BEAUFORT
Qu’il a dévorée en quelques années. Depuis il a absorbé cinq à six héritages et en dernier lieu la dot ne sa femme, une demoiselle de Saint-Géran, petite cousine des Saveneuse, qu’il n’a épousée que pour son coffre-fort.
CHAVICNY.
A ton compte, il ne lui resterait donc plus rien ?
BEAUFORT
Si fait... de magnifiques espérances du côté de sa femme. Et c’est ce qui explique son désir d’ètrc père : car, s’il avait la douleur de la perdre avant qu’elle ne lui ait donné un enfant...
CHAVICNY.
Il verrait s’évanouir tout ce beau rêve... c’est juste. (Les portes du pavillon s’ouvrent.) Ah! voici monsieur de Saveneuse et sa fille...