SCÈNE II
Lf.s mêmes, LE BARON D’AUBETERRE.
BEAUFORT
Ah! monsieur le baron d’Aubeterre, vous êtes en retard!... Mais, qu’avez-vous donc, vous paraissez tout inquiet?
le baron.
La position de ma femme en est cause, Messieurs. D’un moment à l’autre, celte nuit peut-être, on peut venir m’apprendre ici que je suis pcrc... et vous comprenez que l’attente d’un tel bonheur... Je n’aurais même pas quitté sou chevet, si je n’eusse appris le retour subit de mon cousin de Saveneuse, arrivé hier soir, dit-on, de l’armée de Flandre...
BEAUFORT
Où il a fait, malgré son âge, des prodiges de valeur. Et, vous le voyez, nous avons improvisé une petite fête pour célébrer son retour. Ces braves paysans ont dévasté leurs jardins pour lui faire hommage, et dans un instant nous aurons bal aux flaubcaux. Vous serez des nôtres, n’est-ce pas?
LE BARON
Assurément!.... mais je suis venu surtout pour présenter mes félicitations à ce cher marquis.
BEAUFORT, riant.
Convenez, cher baron, que votre visite a bien encore un autre motif...
LE BARON
Comment?
BEAUFORT
Mais, vous savez bien... cette charge de gouverneur de Madras qui a été jadis exercée par votre père, et qu'on vous refuse avec tant d'injustice. Vous pensez pouvoir l’obtenir par la protection de M. de Saveneuse.
LE BARON
Et qu’eu pensez-vous, vous-même?...