GASTON, CHA VIGNY, D’ÉPERNON, SOUVRÉ
GASTON, remontaut.
Ce bruit... qu’y a-t-il donc, Messieurs?
d’Épernon.
La chose la plus incroyable... là, dans la rue, une tentative d’enlèvement...
SOUVRÉ
Oui, la cour a failli perdre sou astre, la belle comtesse de Novailles!
GASTON, avec émotion, à part.
Elle ! oh! mon Dieu !
d’Épernon.
Elle descendait de son carrosse pour entrer ici, lorsqu'un homme déguisé en pèlerin s’est approché d'elle, l’a saisie dans ses bras et allait gagner une chaise de poste cachée à l'angle de la rue voisine, si un défenseur, bientôt suivi de cinq ou six
autres, n’eut blessé le pèlerin d’un coup depce à l’épaule, qui l’a forcé de lâcher prise.
GASTON , avec inquiétude.
Et se défenseur?...
d’épernon.
Oh! celui-là, n’est pas un amoureux... c’est Bertini, son âme damnée.
CHAVIGNY
11 lui est donc bien dévoué?
SOCVRÊ.
Dévouement d’Italien, jusqu’au crime.
D’fPERNON.
En effet, ce visage sinistre' et rampant n’annonce rien de bon.
(Gaston remonte vers le fond.)
SOUVRÉ, à Chavign; et à d'Épernon, d'un ton confidentiel et railleur.
Messieurs, convenez entre nous que Novailles vient de l’échapper belle... car si on lui eût enlevé sa femme, sa fortune croulait du même coup.
p’ÉPERNON.
Mon cher Souvré, tu calomnies Novailles...
CHAVIGNY
Silence ! voici la comtesse !
d’épernos.
Et son Italien, qui ne la quitte pas plus que sou ombre.