D’ÉPERNON, SOUVRÉ, CHAVIGNY, NOVAILLES
assis près de la table.
d’épernon.
Eh bien! Messieurs, qu’en dites-vous?
SOUVRÉ
Pour moi, ce que j’admire le plus dans cette aventure, c!est l'impassibilité philosophique de ce cher comte, (il montre Novailles.) Allons, Novailles, rentres-tu avec nous au bal?.. (Novailles ne répond pas.)
CHAVIGNY
A quoi diable rèves-tu donc?
Moi? je rêvais à un pari que j'ai fait chez l’archiduc, la veille de mon départ de Vienne.
TOUS
Ah ! ah !
NOVAILLES.
Oui, j'ai parié deux cents louis contre le cheval deCossé que, dans les vingt-quatre heures de mon arrivée, je me couperais la gorge avec un ami.
d’épernon.
Parbleu, cher comte, ta fantaisie ne va pas jusqu’au tragique, et si tu le veux, je suis ton homme.
NOVAILLES.
Toi, d’Épernon! (Le toisant.) Impossible!..
CHAVIGNY
Moi, alors...
NOVAILLES, même jeu.
Pas davantage. (Allant à souvré.) Souvré, si je n’ai pas la vue trouble, tes rubans sont bleus, n’est-ce pas?
SOUVRÉ
Ils sont bleus... après ?
NOVAILLES.
Eh bien! mon bon, c’est avec toi que je me bats.
, SOUVRÉ
Avec moi?...
Oui, j’ai parié de me couper la gorge avec le premier de mes amis que je rencontrerais portant des rubans bleus.
d’épernon. ■
Ah ! parbleu ! voilà une idée !
NOVAILLES, à Souvré.
Eh bien ! c’est entendu, demain, n’est-ce pas? A quelle heure, voyons? je déjeune chez Vitré,- je dîne chez Mailly... eh bien ! le soir, si tu -veux... aux flambeaux... c’est plus gai; à neuf heures, pas plus tard, car à dix il y a réception à Versailles... et je ne me consolerais pas d’y manquer... (Souvré ne répond pas.) Eh