ACTE T, SCÈNE II
NOVAII.LES.
Si je l’aime!., je défie qu’on trouve à la cour un ménage plus uni que le nôtre. J’adure a comtesse...
JACQUES
Alors, monsieur le comie, croyez-moi, emmenez-la à l’instant même, emmenez-la loin de la France, si vous ne voulez pas que bientôt le titre de maîtresse favorite...
Que me dites-oous là, mon cher monsieur de Laripalière!... mais vous m’épouvantez.... Supposerait-on Sa Majesté ca-
JACQUES
Je vous le répète, Monsieur, luttez-vous... car la calomnie ne connaît pas de limites, et déjà les nombreuses faveurs qui vous sont prodiguées depuis quelque temps vous fout accuser d’une complicité qui, je n’ai pas besoin de vous le dire , n’a rien d’honorable ni de flatteur.
NOVAIU.ES, avec un étonuemeut naïvement railleur.
Voyez-vous cela!.'. Ah ! monsieur de. Laripalière, quel vilain gîte que la cour!., et que vous avez bien raison de vous en tenir éloigné!..
. JACQUES, après un silence.
Raillez mon obscurité, puisque cela vous amuse, monsieur le comte. Mais je vous jure, par l’àme de mon père, qup moi, pauvre inconnu, sans amis, sans famille, si uu homme venait me dire : La femme qui porte ton nom le déshonore à la face de tous, et on assure que tu te lais payer ta honte... si peu que je vaille, si peu que vaille mon nom , je vous déclare, monsieur le comte, que la rougeur me monterait au virago; que la colore et le désespoir feraieut bouillonner mon sang'.l! Je vous jure enfin qu’avant une heure ma femme aurait quitté Paris» et que jamais elle ni moi n'y remettrions les pieds... lit louant à l’homme qui m’aurait donne cet avertissement, quel qu’il lût, je lq remercierai s comme mon meilleur ami !
novailles.
Eh bien ! voyez un peu, mon cher monsieur de Laripalière, comme les mêmes causes peuvent amener des effets opposés; moi, comte de Novailles, si un homme venait me donner un pareil avis, non-seulement je conserverais précieusement les emplois et dignités que l’on prétendrait être le prix de mon déshonneur, mais si cet homme était mon égal , je lui dirais : Monsieur, en vous faisant l’écho d’une, parodie calomnie, vous insultez trois personnes à la fois. . moi d’abord, ma femme ensuite... et enfin le roi de France, auquel vous attribuez une action indigne de son caractère... nous allons donc nous couper la gorge, si vous l’avez pour agréable... Si au contraire cet homme était de trop petite noblesse pour que je lui fisse l’honneur de croiser le fer avec lui, s’il s’appelait, par exemple, monsieur de... Laripalière...
JACQUES
Eh bien! monsieur le comte, que feriez-vous?..