SCÈNE V
. tomber à ses jamais!.'/
PAULINE, JACQUES , entrant précipitamm.nt.
PAULINE
JACQUES
Pauline ! Pauline !
Jacques!
Enfin je vous revois après une année , une année entière de séparation. Oh! que vous êtes belle, ma Pauline.... Unt fou plus noble et plus touchante encore que je ne vous vojais la-bas dans mes rêves éveillés... Oh! que de fots , dans les horreurs de la tempête, que de fois dans les scènes sanglantes de abordage j’ai vu la mort tout moissonner autour de moi , avec I i intime conviction qu’elle ne pouvait'm’atteindre, et cela, P au ' ,n ®> parce nue j’étais sûre de vous; parce que je me disais qu il était Impossible que Dieu m’eût accordé une si grande joie pour me la retirer aussitôt...
PAULINE
Croyez, Jacques, que de mon côjé...
JACQUES
Oh! c’est mon plus beau rêve qui sc réalise loin de vous, une seule idee, toujours la meme, celle de n réunion, se représentait sans cesse a "“"W*» ® l » étrange, Pauline, c’était toujours ici , au milieu i de ces ma. s . de verdure et de ces fleurs enivrantes, que je vous revo jais pour la première fois, à mon retour. Alors, je me PÇncliais vers vous et i'entendais votre voix murmurer ces mots a mon oreille : Jacques, j’ai tout dit à mon père; Jacques, vous allez être enfin mon époux devant tous.
PAULINE
Vous avez eu raison, Jacques, de ne pas douter de mon amour mais si vous avez souffert pendant cette séparation, moi aussi j’ai éprouvé de terribles angoisses, si terribles qu il m’est arrivé parfois d’appeler la mort comme un sou lacement.
JACQUES
Ciel!
PAULINE
Hier surtout, quand mon père est arrivé ici, à l’improviste , car il ne vous a précédé que de vingt-quatre heures.
JACQUES
Quoi! il ignorait encore?..
LA COMTESSE DE NOVAlLLES.
io
PAULINE
Oui , Jacques... Mais je vais guetter l'instant favorable, et ce n’est qu’un léger retard.
JACQUES , avec uu soupir d’accablemept.
Mon Dieu !.. mon Dieu!..
PAULINE
Qu’avez- vous?..
JACQUES
Quoi! depuis mon départ, je compte les jours, je compte les heures, et quand je crois être arrivé à la dernière minute, vous nie dites : il faut attendre encore...
Quelques jours seulement, Jacques...
JACQUES
Oh! ces quelques jours, Pauline, ils me semble qu’ils ne finiront jamais...
PAULINE
Quelle idée!
JACQUES
Pauline! Si J'allais trouver votre père, si je lui disais tout? car enfin je porte maintenant l’épée; je puis donc espérer...
PAULINE
Oh! vous ne connaissez pas mon père, Jacques , s’il y avait seulement l’ombre d’un scandale, tout serait perdu... laissezmoi donc agir et comptez sur moi. (Beaufort parait au fond.) Retournez à la ferme des Herbiers; ce que je ferai, je l'ignore... mais, d’ici demain, j’aurai pris une résolution.
BEAUFORT, s’avançant, et à part.
Il y a quelqu’un ici?
PAULINE
Attendez jusque-là, Jacques!
JACQUES
Oh! oui, oui, j’attendrai! mon courage ne sera pas moins grand que mon amoirr. ((U baise les mains de Pauline avec ardeur.)
BEAUFORT j à part.
Eh! pardieu! un nid d’amoureux...
Allez, Jacques, allez! (Beaufort rit.)
JACQUES
Quelqu’un?...
PAULINE
Ah ! (Elle va vers le pavillon. — Beaufort se trouve au .devant d’elle.)
BEAUFORT
Eli! ne vous effarouchez pas, mes jolis tourtereaux... (f oignant •a surprise.) Mademoiselle Pauline! (s’inclinant avec une politesse iro- " mque.) Je crains d’être venu un peu tôt. Mademoiselle; mais J avais votre parole, et...
PAULINE
Mais, monsieur de Beaufort... (Elle chanceii*.)