‹ La comtesse de Novailles drame en cinq actes (volume 2)Chapitre 88 sur 122 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les mêmes, NOVAILLES, puis MARGUERITE.

LA COMTESSE , à part.

Le comte !

NOVAILLES, arrêtant Jacques qui va sortir.

Pardon !...

JACQUES

Mais, Monsieur, je vais...

NOVAILLES.

Je sais... c’est inutile.

LA COMTESSE, arec un cri sourd.

C’en est fait.., oh! Seigneur! Seigneur!...

NOVAILI.ES, se retournant vers le fond, après un silence.

Venez ! (Marguerite entre.)

LA COMTESSE , voyant Marguerite.

Ah!... (Elle la contemple avec une surprise et une joie fébriles.) JACQUES, ouvrant les bras à Marguerite.

Ma fille!...

MARGUERITE

Mon père!...

LA COMTESSE, d’une vois étouffée, et comme se parlant à elle-même.

Vivante !... cependant le bouquet de Bertini...

NOVAILLES, lui touchant le bras et lui montrant le bosquet jeté sur le canapé.

Ce bouquet... le voici...

LÀ COMTESSE, avec étonnement, regardant Novailles.

Ah!... (a elle-même.) Ainsi, c’est moi !... moi... et ce que j’éprouvais là., ce feu dans ma poitrine... (Long silence; puis jetant un grand cri.) Ah!... (Elle baise le bouquet avec transport, puis tombant à genou avec l'eialtation de la joie. — A Novailles.) Oh ! merci, monsieur le comte, merci, vous qui m’avez donné la mort pour sauver mon enfant !

NOVAILLES.

Madame !

Oh ! oui , merci , et pardon pour tout le mal que je vous ai fait, pardon pour... : ijftz;

NOVAILLES, montrant Marguerite.

Silence... elle ignore tout.

MARGUERITE

Mon père , que se passe-t-il donc ?

JACQUES, bas, regardant la comtesse.

Une chose terrible, mon enfant, la mort!

LA COMTF.SSE, regardant Marguerite , h part.

Ma fille!... (Haut.) Mademoiselle, vous aimez M. le vicomte Gaston de Givrac?

MARGUERITE , tristement.

Madame!...

Il a couru un grand danger. (Mouvement de Marguerite.) Rassurezvous, il est sauvé.

MARGUERITE , à Jacques, arec joie .

O mon père!...

LA COMTESSE , tombant assise et portant la main à sa poitrine.

Ah! l'horrible torture !... tout est fini! mourir! tnourir sans

SOn baiser ! (Mouvement de Norailles )

JACQUES

Mon enfant, c’est à Madame que tu dois le salut de M. de Givrac.

MARGUERITE, avec effusion.

Ah! Madame!...

KOVAIU.ES, d’une voix émue, à Marguerite.

' Mais embras'cz-la donc!

LA COMTESSE, attirant Marguerite et la pressant sur ton sein.

Chère enfant!... chère enfant !... oh ! ce baiser!... il me semble que c’rst le pardon de Dieu qui descend sur ma tête!... Si j’avais une fille! une tille belle et pure comme vous, elle serait là, agenouillée et priant Dieu pour sa mère... Oh! je vous en supplie, c’est le vœu d’une mourante.... Mon enfant.... ma.... priez... priez pour moi !... (Elle meurt.)

MARGUERITE

Morte!...

' ‘ NOVAILLES , à part, regardant son brevet.

La guerre !... oui... quand on le veut, c’est aussi la tnott!

JACQUES

Oui, mon enfant, priez pour la pauvre pécheresse, qui, n’ayant plqS pour la guider iei-bas l’amour maternel, s’est perdue dans les ténèbres , et u’a retrouvé la vraie route qu’à l’heure où finissuit le voyage.

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Ljokt. — Imprimerie de VuilT et Cie.

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