I.A COMTESSE
Ce qu’il y a?.. Il y a que vous n’avez plus à vous occuper ni de Gaston, ni de la douleur 4e Marguerite, ni de rien de tout cela.
JACQUES
Pourquoi donc?..
Pourquoi?.;, mais vous ne devinez donc pas? vous ne voyez donc pas que mes traits sont défigurés, que mon cœur se brise dans ma poitrine... pourquoi?... eh bien,!... parce qu’elle est morte... et que c’est moi qui l’ai tuee!
JACQUES, avec horreur.
Oh ! c’est surtout maintenant que je vous dis que vous êtes folle !
Oh! plût à Dieu que j’eusse perdu la raison, plût à Dieu que je n’eusse pas là dans la tète, là dans le cœur, cette voix terrible et vengeresse qui me crie : Femme sans pitié, mère sans entrailles, tu as tué ta fille!... (Avec attendrissement.) O ma fille! ma fille!...
JACQUES
Mais cela ne se peut pas, car enfin, quel motif pour un pareil crime?...
LA COMTESSE, avec énergie.
Eh ! j’étais ambitieuse... j’ai vu en elle une rivale, je l’ai haïe! un obstacle, je l’ai brisé.
JACQUES
Mon Dieu ! s’il était vrai?
Oh! cette ambition maudite, avec quelle volupté suprême je la foulerais aux pieds, pourst ntir seulement passer sur mon front le souffle de mon enfant!..! mais peut-être est-il temps encore... Jacques, je veux courir... Mais qu’est-ce que j’éprouve donc là... l’émotion m’a tuée... ma poitrine est en feu, mon sang bouillonne... pourtant, je veux, oui, je veux... (Elle prend une mante, ne peut la mettre, et la laisse tomber sur son bras.) J'irai... j’irai...
i Arrivée vers la porte du fond, elle tombe sur un fauteuil, en disant :) Ah !
lieu m’a maudite !
JACQUES, s’approchant d’elle.
Ciel! cette pâleur!...
Jacques! vous voyez bien que je ne suis pas folle! Oh! courez, courez. (Jacques va pour sortir.) Attendez! vous pourriez être reconnu... arrête/... (Elle écrit,* la hâte.) Tenez... ceci... c’esl le salut de Jacques Vaudeuil.