PA LUS K
Pauvre enfant!., privée «les caresses de sa mère... Ali! c’est un dépôt précieux que je t'ai confié là, Duhamel. Songe que tu en as toute la responsabilité, et que s'il lui arrivait malheur...
LA DUHAMEL
Soyez tranquille et ne songeons qu’à vous. Mademoiselle, cariés dan jp rs se succèdent à la fois, et le retour de Monsieur laï ques Yaudeuil...
PAO LMB.
Ainsi, tu es bien sûre...
LA DUHAMEL
C’est Thomas, l'Ancien garçon de ferme de sou père, qui l'a vu ce matin à sa ferme des Herbiers f et dam! il paraît que le fils du fermier a fait un fameux chemin en moins d’une année... car il revient, dit-on, avec un grade superbe : «enseigne de vaisseau !
PAULINE , k part, a»ee un tombr* abtt!«n>«nl.
Oui, comme il me l'avait juré!
LA DUHAMEL, b part.
On dirait que ce retour ne lui fait pas plaisir, (eh* remonte.;
r aCLINK , t’approehonl d» U rampe «I 4 part.
Ainsi, me voilà perdue ... Ainsi, me vo là condamnée à une destinée vulgaire, quand tous les instincts de ma mit lire m'appelaient si haut , quand les rêves les plus éclatants , les plus im-enscs.... insensés!.... et pourquoi? est-ce que la maison de Snvetteiise n’«*<l pas de celb-s qui prétendent aux plus haules destinées?.. Oh ! oui, oui, je pouvais aspirera tout... et maintenant... (m« retic accablée.)
LA DUHAMEL, «« rapprochant de Pauline.
Mademoiselle, monsieur Jacques viendra bientôt, demain peut-être...
PAULINE . lortkat de ta rirent.
Demain!
LA DUHAMEL
Si j'usais vous donner un conseil...
PAULINE
Parle!
LA DUHAMEL
Eh bien! Mademoiselle, il faut être forte, voyez-vous, rompez une liaison qui lie peut amener que des malheurs, et pour cela, vous le comprenez, il faut radier à ce jeune homme qu’il est pi re... O :-ecret e*l connu de moi seule , et vous savez si tous pouvez compter sur ma discrétion...
PAULIN K , »b*.rbri kl aient roicbiiukcMirt.
Oui , oui, je suivrai tes con-eils.
LA DUHAMEL, regardant à |r»u<he.
Eh! mais, là-bas, cet uniforme...
PAULINE , regarda*! do même eWé.
C’eut lui... Il ose tenir ici. (a u Duhamel.) Retire-toi,
LA DCNANEL.
Allons, du courage. •svioifuni à pan.) Oh! tût ou lard, un secret comme celui-là , c>st une fortune ! (nia «air* d*nt te pavillon.)
PAULINE , iOttlc.
Rompre! lui cacher l'existence de sa Hile! elle ignore nue I e’fft un lien étirn»l qui m'umt à cet homme, rt que si Ion ! ■ lierdmit dans les registres «lu pre-bytérc , on y i routerait non- I seulement lVle d«* naissance de cétie enfant, mais l'acte qui unit la noble Pauline de Suveuetise au ÛLs d’un fermier, à lac- i qurs Vaüdeuill.. Moi, sa femme I renoncer à tous mes rêves '
d'avenir... ol d'abord, tout avouer à mon père. . tombr à ses | genou* pour lui demander grâce... oh! jamais! jamais!..
SCÈNR V.
PAULINE, JACQUES, rntnm pricipitamineai.
JACQUES
Pauline ! Pauline!
Pauline.
Jacques!
JACQUES
Baflo je vous revois après un»? année , un .* année entière «le séparation. Oh! que tous êtes bulle, ma Pauline!. . (lent fois plus noble et plus touchante encore que je ne vous voyais là-bas dans mes rêves éveillés... Oh! que de fois, dm* les horreurs de b tempête, que «le fois dans les scènes sanglantes de l'abordage, j'ai vu la mort tout moissonner autour de moi, avec l’intime conviction qu'elle ne pouvait m'atteindre, et cela, Pauline, parce que j’étais -ùre de vous; parce que je me disais «pi’il était impossible que Dieu m'eût accordé une si grande joie pour me la retirer aussitôt...
PAULINE
Croyez, Jacques, que de mon côté...
jaques.
Oh! c'est mon plus beau rêve qui se réalise aujourd’hui... loin de vous, une seule idée, toujours la même, celle de notre réunion, se représentait >an* fesse à mon esprit; et, chose étrange, Pauline, c’était toujours ici , au milieu de ces massifs de verdure et de ers fleurs éuivrantes, que je vous revoyais pour la première fois, à mon retour. Alors , je me pen hais ir rs vous, et j’entendais votre vuix murmurer ces mots à mon oreille : Jacques, j’ai tout dit à mon père J Jacques, vois allea être enfin mon époux devant tous.
PAULIN R
Vous avez eu raison, Jacques, de ne pas douter de mon amour, nuis si vous avez souiïert pendant culte fcnamlion, moi aussi, j'ai éprouvé de terribles angoisses, si terribles qu'il m’est arrivé parfois «l’appeler h mort comme un soulagement.
JAOQUKS.
Ciel!
Pauline.
Hier surtout, quand mon père est arrivé ici, à ['improviste , car il ne vous a prérédéque de vingt-quatre heures.
JACQUES
Quoi! il ignorait encore?..
PAULINE
Oui, Jacques... Mais ie rais guetter l’instant favorable, et cc n’est qu’un léger retara.
JACQUES, **ec on Mupir d'toctbleœcsl. •
Mon Dieu !.. mon Dieu!..
PAULINE
• Qu’avez-vous?..
JACQUES
Quoi! depuis mon départ, je compte les jours, je compte le* heures, et riuand je crois être arrivé à la dernière minute, vous nie dites : il faut attendre encore...
PAULINE
Quelques jours seulement, Jacques...
Oh! ccs quelques jours, Pauline, ils me semble qu'ils ne finiront jamais...
PAULINE
Quelle idée!
JACQUES
Pauline! Si j’allais trouver votre père, si je lui disais tout? car enfin je porte maintenant l’épée; je pms donc espérer...
PAULINE
Oh! vous ne connaissez pas mon père, Jacques , s’il y avait scnlement l'ombre d’un scandale, tout serait perdu... laisseamoi donc agir et rompiez sur moi. (Beiufort paraît au Retournez à la fi rme des Herbiers; ce que je ferai, je l'ignore... mais,
1 d’ici demain , j’aurai pris une résolution.
NK il' FORT, avançant, «t à p*rt.
i II y a quelqu’un ici?
PAULINE
Attendez jusque-là, Jacques!
JVCQl’ES.
Oh! oui, oui, j’atlcndrei! mon courage ne sera pas moins grand que mon amour. ( (il balte le* anaim de Pauline avec ardeur.;
BEAI FORT, à part.
Eh! pardieu! un nid d'amoureux...
MBtm.
Allez, Jacques, allez! (SMufon Ht.)
JACQUES
Quelqu'un?...
Mutins.
Ah ! (Site >l *m U pavillon. — Br.ufort H trouva au -devait d’tlk.) BEAUFORT.
Eh! ne tous effarouchez pas, mes jolis tourtereaux... (Frfgaaat Il turpme.) Mademoiselle Pauline! (S'iatliaial n« un» polilaue irohW{m.) Je crains d'être tenu un peu lôl, Mademoiselle; mais j'avais votre parole, et... *
Maun.
Mais, monsieur de Bcaufort... (eii« cbincaUi.)
JACQUES, t'iatrrpotaat «str« Pmlme et Bcaufort eu moment où celui-ci •‘Apprête i lui tenir* le rotin.
Pardon. Monsieur... fMaufart m roiruao et recule «fus p**. ) Et vous, Mademoiselle...
PAULINE, bu, t Jaccpie*.
Jacques, de la prudence !
JACQUES
Retirez-vous et ne craigne/, rien, (Ella wipvii pavillon d« droite.)