SCÈNE III
Les m£mes, NOVAILLES, «u touffe «le coquelicot! k U main, pet! DE
GÊVRES, CHA VIGNY.
NOVAILLES, Tenant de la droite et regardant Berlini a'éloigner.
Ce Berlini en conférence avec la comtesse, je oc suis pas curieux, mais nous verrons... Que diable va-t-il faire dans cette serre?... (il regarde arec attention.)
LA COMTESSE, «pré» avoir suivi Beriiui avec agitation, m retournant et ae trouvant en face de NoTailles.)
Ah! monsieur de Novailles!
NOVAIUCS.
Comtesse, permeltez-moi de vous offrir ces Oeurs.
MARGUERITE , avec un moovemeot de Sérié et vivement.
Oh! vous n'avez pas compris.
Non, car enfin M. de Givrac est jeune, de bonne Camille... cl... et vous l'aimez?
MARGUERITE
11 vous l'a dit. Madame?
Lui ou un autre, qu'importe.
MARGUERITE
Contentez-vous de savoir. Madame, que j'avais, pour agiT comme je l’ai fait, des raisons graves et sérieuses.
LA COMTESSE , avee amertume,
Ces raisons, je crois les deviner.. Mais peut-être a-t-on exalte outre mesure votre imagination déjeune fille; peut-être vous a-l-on dit que, belle et d’une haute nahsance, vous pouviez aspirer...
MARGUERITE, t'interrompant avec calme.
Je ne crois pas vous devoir la confidence de mes sentiments. Madame, permettez... (Elle tait mine de ^éloigner.)
LE COMTESSE
Un mol encore... car je ne sais si c'est sympathie ou pitié, mais je ne veux pas vous laisser aller plus loin sans vous avoir au moins avertie. Les imprudent qui vous ont suggéré ces idées, auraient du ajouter une chose, c'est que lorsqu'on vise si haut, on est expose à rencontrer sur son chemin des résistances dont l’énergie peut vous broyer au moment de toucher le but.
MARGUERITE
Je ne vous comprends pas, madame la comtesse; mais bientôt, je l'espère, je serai dans une situation à n'avoir plus à redouter aucune atteinte.
LA COMTESSE, avec une farear coaccutrée, la loiaanl.
Ah 1 .... vous croyez?...
BERTINI, rentrait par la porte du cabinet du mi.
Mademoiselle d'Auhelerre, (iiaindine.) le roi a daigné accueillir votre demande; il vous recevra en audience particulière
LA COMTESSE, avec dfdaio.
Des coquelicots! c'est fort champêtre! Merci, monsieur le comte, meref.
NOVAILLES.
Vous en faites fi!.. Tenez, je vais vous raconter l'histoire de ce bouquet et j’espère alors que vous en ferez plus de cas.
En vérité. Monsieur, vous êtes d’une frivolité... qu'ai-je donc appris ce soir», un duel pour des rubans!...
NOVAILLES.
Bleus!...
Enfin, Monsieur, des rubans...
NOVAILLES.
Des rubans bleus, comtesse .. mais revenons à l'histoire de mon bouquet, carie bouquet et le duel ne font qu'un.
LA COMTESSE, avec itdifcrtitt.
Ah!...
NOVAILLES.
Figurez-vous que nous arrivons sur le terrain , Souvre avec son second, moi avec le mien, mou ami d'Epcmon. Nous avions mis habit bas cl nous allions croi* r le fer, <|uand j’avise n deux pas de Souvre une touffe de coquelicots dun pourpre admirable. Or, il est bon de vous dire que ma haine pour le bleu n'a d'égale que ma passion pour le muge. J’en fais l'observation à Souvré eu lui di>aut : liber ami, je u'ai qu'une gricc à te demander; urrnnçe-toi de façon à ne pas tomber sur ces coquelicots, je liens a en faire un houqucl.
Toujours le même!
NOVAILLES.
GcUe prière, fort simple, à mon avis, exaspère Souvré qui a le caractère fort mal fait, et il se rue sur moi comme un sanglier. Je riposte, nous ferraillons pendant cinq grandes minutes, car il lire fort bien, ma foi... mais enfin, comme il faut une conclusion à toute chose, Souvré chancelle tout à coup, lâche son épée, pâlit et tombe.