LE... MARIAGE
Bons maris hi lune de miel
Dure peu, c'est chose connue, ,
En vain, vous la cherchez au ciel,
L'ennui, vous tombe de la nue.
Mais quand chez vous tombe un ani^nt
*1 bannit la tristesse morne ;
Votre lo^is devient charmant
Sous le signe du Capricorne.
Oui, c'est un mal qui fait du bien,
C'est la piqûre d'une rose :
Quand on l'apprend, c'est peu de chose.
Quand ou 'fignore, ce n'est rien î
—Chorus ! chorus i cria le jeune vieillard; chorus Dour le çai refrain I
W UP.SULE
Les convives chantèrent faux le refrain, mais avec des voix qui brisaient les vitres. Urbain, arrivé au dernier degré de l'ivresse, tenant d'un* main les basques de la lévite noire d'Herman, et de Tautre un verre de Champagne, chantait comme vi. botaniste. Herman sanglottait faux.
— Second couplet, cria le vieillard:
Sur vous quand Tastre jaune a lai, Tout prend line gaîté nouvelle ; On est mieux amusé par lui, On est mieux caressé par elle.
Quel ami vaut jamais Tamant!
Il fait son bonheur et le nôtre, Et peut vous enseigner comment On aime la femme d'un autre !
Oui, c'est un mal qui fait du bien; C'est la piqûre d'une rose ; Quand on l'apprend, c'est peu do c»w», Onand on l'ignore ce n'est rien*
Ds ce mal le sage se rit, Disait un Sage de la Grcco • A ce jeu, l'amant seul maigrit.
Va le mari toujours engraisse.
Désormais le sort hasardeux AHermit vos maisons prospérer; Heureux les pères qui sont deux' Heureux les enfants de deux p«3ros>:
Oiû, c*est un mal qui fait du bicr. , r.'est )a piqûre d'une rose :
Quand on rapprend, c'est peu de chos;.
Quand on Tignore, ce n'est rien ! *
Les maris ont fait un succès, Ce qui rend la chose certaine, A Tacle qu'on joue aux Français, La Coupe du bon La Fontaine :
C'est là qu'on recueille en passaut La morale qu'il nous enseigne ; Les maris, hôtel du Croissant, Sont logés à la même enseigne ; Oui, c'est un mal qui fait du bien.
C'est la piqûre d'une rose ; Quand on l'apprend, c'est peu de chose, Quand on l'ignore ce n*est rien !
On tonnerre d'applaudissements éclata dans la «aile, et fit trembler les arbres sur leurs racines. Des Yoix crièrent : l'auteur! comme au théâtre.
t'Anacréon s'inclina, et dit avecTorgane d'un ré- ^sseur :
— Messieurs, la cbanson que je viens d'avoir l'honneur de chanter devant vous, est encore de tiumble serviteur, paroles et musique. Je l'ai composée pour le mariage de mon meilleur ami, le mois dernier.
Urbain, le visage illuminé par le Champagne, se leva et dit:
^ Messicufs, je propose un toast à notre Anacréon.
— Bravo ! bravo î crièrent dix voix qui formaient un tonnerre.
— A TAnacréon moderne! reprit Urbain ; je crois faire acte de bon goût en buvant à la santé do chansonnier, car je fais seul une exception, au milieu de tant d'heureux célibataires. Puisse la Parque inflexible briser son double ciseau, en écoutant notre harmonieux convive ! Puissions-nous, à la fin de ce siècle, nous réunir à cette même table, et faire les mêmes libations à Bacchus, à TAmour, et à son frère qui porte une tunique jaune-safran, croceo velatus amictu ! Puisse Tamphitryon de ce banquet fraternel...
Il se retourna et ne vit plus Herman. Tarloile venait de s'échapper.
Urbain s'interrompit à son trdsième puisse^ e^ courut comme un fou vers la porte, pour se metire à la poursuite du perfide fugitif.
— II se trouve mal l s'écrièrent les convives.
Et un mouvement unanime d'intérêt les mit à la poursuite d'Urbain, dont l'excellent naturel de mari ralliait toutes les sympathies. Sur la terrasse» les
femmes^ exilées à l'anglaise, se promenaient comme des ombres élyséeimes, dans les ténèbres d'un épai(^s quinconce. Urbain arrêta le redoutable fugitif au moment où il allait aborder Ursule, et les autres convives arrêtèrent Urbain, en lui demandant avec inquiétude des nouvelles de sa santé. Urbain profita du prétexte qui lui était offert, et justifia sa brusque sortie, en disant d'une voix très-émue :
— J*ai éprouvé comme un transport au cerveau; je suis sorti pour respirer; j'avais besoin d'air. Merci de votre intérêt amical. Je me trouve mieux.
Le comte Edgar avait montré le plus d'empressement à se rendre auprès d'Urbain, et le mari d'Ursule lui en sut im gré inflnî.
— Cher comte, lui dit Urbain, vous êtes un de ces hommes de franchise qui se font estimer à première vue. Je n'ai pas l'honneur de voos connaître depuis longtemps ; mais tous aviez déjà toute ma confiance.
— Cher monsieur, — dit Edgar en s'inclinant avec modestie, — je suis heureux de me crotfi digne de votre amitié.
Urbain prit le jeune comte à l'écart, et lui dit :
— Connaissez-vous M. Hcrman ?
— Je le connais un peu ; je le rencontre chez
notre ami Victor, ici; mais je ne le fréquente pas.
— Ainsi, mon cher comte, vous n'avez aucun renseignement à me donner sur lui ?
— D'après les ouï-dire, reprit Edgar, je sais qu'il a été professeur dans un des grands collèges de Paris, et qu'il a quitté la carrière de l'instruction publique pour s'adonner à la zoologie. Les frères Tavignon paraissent faire grand cas de M. Herman, comme botaniste. Voilà tout ce que je sais.
— Vous n'êtes donc pas assez lié avec M. Herman pour lui donner un conseil d'ami.
— Oh ! non, reprit Edgar. 11 a sur moi, d'ailleurs, l'autorité de Tâge.
— Mais vous avez, vous, cher comte, l'autorité du rang.
i— Mais quelle serait la nature de ce conseil ? demanda ingénument Edgar.
— Voici, mon cher comte... c'est fort délicat,. , mais avec votre esprit, on se tire d'aCaire toujours... Je ne suis pas, moi, un de ces maris de comédie, un de ces Orgons imbéciles qui ont la main ouverte et l'œil fermé. Je vois ce qui se passe autour de moi, et j'y vois clair.
— Oui, j'aurais deviné cela, dit le comte. Vous avez la pointe de la pénétration dans ie regard.
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— Sans trop me flatter, je le crois, reprit Urbain ; Je me suis donc aperçu, depuis le premier dimanche d'avril, que M. Herman était... tranchons le mot.^ était amoureux de ma femme...
Edgar bondit, recula et leva les mains vers la oiel.
-» Oui, monsieur, reprit Urbain. Écoutez bien ceci, mon cher comte...
— Ces indignités me révoltent toujours, interrompit Edgar.
— Vous avez le cœur noble comme le nom, vous, cher comte, et vous savez vous indigner au milieu d*un monde corrompu qui ne s*indignede rien... Je vous ai observé pendant tout le diner... Ah! vous ne vous en doutiez pas!... Tobserve à mon insu... C'est une fonction d'esprit naturelle chez moi... Eh bien ! vous ne sauriez dire à quel point «vous vous êtes acquis mon estime , ce soir... Vous avez été, a table, d'une convenance parfaite auprès de ma femme... On n'est pas plus gentilhomme en haut lieu.
— Je ne sais vraiment quel remerctment vous faire, monsieur, pour votre bienveillance, dit Edgar d'un ton pénétré.
— Le cœur s'épanche après le dessert, reprit Uitaîn ; c'est le bon côté de l'intempérance. Ce
soir, je me suis oublié à table ; j'ai agi contre mes babftudes, moi si sobre toujoia's. Je n*en ai ntd regret, paroc le, dans mon état normal, je n'auraij^ jamais eu l^ Ourage de vous tenir ces propos.
— Mais ces propos vous honoreift, dit Edgar, et je ne m'aperçois pas que vous ayez abusé des libations.
— Le grand air m'a remis tout i fait, reprit Urbain; je me trouve plus calme... et, pour revenir à mon sujet , je vous demanderai un service.*. "
— A moi ! tout prêt à vous le xendre.
<^ Prenez à récart ce M« Herman^ et parlez-lui comme si je ne vous avais fait aucune coaâdeaice. Donnez-lui de bons <:oQsdls, comme jsi l'initiative venait de vous. Dites-lui qu'il s'expose à un esclandre, et que sa conduite est vraiment scandaleuse en public. Pour tout au monde, je ne voudrais pas jeter le trouble dans cette maison si hospitalière; mais, (pioiqued'un naturel très-doux, jeseo» que la colère peut m'eix^orter un jour, et faire d'un agneau un tigre.
Edgar contint un éclat de rire provoqué par cette fanfaronade de botaniste, et, serrant la main d'Urbain, il lui promit de s'occuper de cette honorable commission.
— Sans plus tarder, dit-il, je profite du désordre
bruyant qui règne chez nos<K)ûvives, et je vais aborder franchement la question avec M. Herman.
— Si Orgon, dit Urbain, avait pris cette précaution, en ayant pour intermédiaire un ami tel que vous, il n'aurait pas vu tomber chez lui la désola* tion.
— C'est penser fort juste, remarqua Edgar ; le
théâtre nous éclaire; c'est une école de bonnes
leçons.
La voûte des arbres donnait à la terrasse une
ombre si ténébreuse, qu'il était presque impossible de distinguer une figure à deux pas. Edgar trouva enfin Hérman, et si Urbain eût entendu leur conversation, il aurait été foudroyé sans tonnerre.
— Très -bien! très- bien I dit Edgar au faux Tartuffe ; tu joues ton rôle c«3mie Geffroy. Tu es admirable ; je t'ai promis ma recomiaissance, tu seras content de moi.
— N'importe ! dit Herman; c'est un métier diî- 5cile. Depuis un mois, je joue ce rôle partout, selon nos conventions, et je n'ai pas d'entr'acte. Au Théâtre-Français, le comédien n'arrive qu'au troisième acte, et, dans la coulisse, il prend du tabac, parle de la rente, cause en riant avec les actrices ; moi, je n'ai pas un instant pour me reposer. Si je
me promène sur le boulevard, si j'entre dans un café, tu m*as condamné à garder mon air béat, n^Ni regard mystique, ma démarche de sacristain.. •
— Parbleu ! interrompit Edgar, quand on prend Jes précautions, il faut s'élever jusqu'au luxe. Tout serait perdu, si Urbain te rencontrait sur le boulevard, marchant comme un dandy, fredonnant une ariette, et souriant à ces dames. Aimerais-tu mieux aller à Clichy ; j'ai payé tes différences de Bourse,
. je payerai tes autres dettes. Que veux-tu de plus?
— Je veux voir la fin de la comédie, et passer au vestiaire pour reprendre mon paletot, ditHerman.
— Ce ne sera pas long, reprit Edgar ; je suis très-avancé ; demain je serai reçu chez Ursule par son mari. Ce soir, je me ménagerai avec la belle brune un entretien décisif. J'ai préparé des phrases romanesques sur la nuit, les étoiles, le lac, les fleurs, l'amour, et je vais les débiter à l'oreille d'Ursule, avec l'organe d'un ténor qui parle bas.
— C'est égal, dit Herman, voilà un caprice qui t'a déjà coûté un bon mois de travail !
— Quoi d'étonnant! mon ami, je ne travaille que le dimanche, et encore toujours en présence du mari.
•i— Voyons, reprit Herman ; qu'ai-je eftcarc^èfau'e ce soir î
— Rien,
— J'aîme mieux ceia,
— Pars tout de suite, esquive4oi à la française, sans adieu ; moi, je reste. Ou je me trompe fort, ou la fin de la soirée sera chaude. Va m*attendre chez Capriola. Nous prendrons le thé à minuit. La petite Corinne doit venir ; jouez au bésigue en m'attendant. Paurai du neuf à te conter.
Le comte Edgar vint rejoindre Urbain qui lui de-» manda brusquement :
— Eh bien ! qu'a dit le. Tartuffe î
— Ah I répondit Edgar, Texplication a été rude. Cest un raisonneur bien adroit...
— Un Escobar, interrompit Urbain.
— Oui, un Escobar, mais un Escobar de 1855, rompu aux luttes du journalisme ; il a été candidat k la députation.
— Vraiment! mais, enfin, qu'a-t-il dit sur le... la?...
— Monsieur, m'a-t-il dit, reprit Edgar en miitant le ton doucereux ; monsieur, je ne recon ms à personne le droit d'investigation sur ma conduite. Le ciel m*est témoin que toutes les intentions de ma vie sont pures ; cela me suffit. Je ne regarde jamais une femme en face, de peur de donner du scandale au prochain, parce que l'apôtre saint Paul dans
son Épitre aux Corinthiens, a dit : Quiconque regarde une femme en face, a déjà commis Vadultèm dans son cœur: Jam maschabitur in corde suo.
— Comme du ciel le fraUre insolemment se joue ? s'écria Urbain... Après, dier comte?
— Nous avons engagé alors une longue discussiOBSorles convenanoes sodales. Je Tai battu à plate couture, et ne sachamt plus que népondre, il m'a dit : « Je respecte f faospitalité de cette maison, et pour ne pas envenimer idairaiitage une polémique irritante qoi pourrait devenir scandaleuse et avoir des suites terribles sur un terrain ami,Je me retire, et je pars. Qoe Dieu vous garde des embûches de la nuit, et que votre bon ange veille ^ur vous et empédie votre pied de heurter les pierres du chemin ! Ne forte offmâas ad iapidem pedem iuum. » Puis il m'a lancé un regard de men«:e, et il est para pour âiglnen d*un pas précipité.
— Parti pour Enghien! dit Urbain; merci, merci, généreux coiDte, ami dévoué! Disposez tto moi dans r occasion; je suisl yotie B^rvice, ne me ménagez pas.
— dier monsieur, âh Edgar en posant la maân «ir son tcBur, on trouve là sa lécampense, asprès ws» bosme action.
— Nous avons tous i3«^in de faii« unpefa d'axer-
cice, après ce festin de Balthasar, dît Urbain, ivre
de Champagne et de joie; je v^us emmène ^.dus: allons prenare «les glaces au cbalot, chez moi...
Ah ! il vous a lancé un regard de menace ! je recon- Aais bien là mon tartuffe ! il allait probablement TOUS dire le fameux c*est à vous de sortir! mais il n'a pas osé... N*y pensons plus et allons finir gaiement la journée à mon chalet d*Ënghieu.
ttiittfi tes arbres du laa
. EHe est charmante en été, aux étoiles, la route qui côtoie le^c depuis Saint-Gratien jusqu*à Enghien. Les grands arbres y abondent, et selon les accidents du terrain, on marche sous des voûtes sombres, ou dans des éclaircies lumineuses. La société de Victor Tavignon, ayant Bergamin en tête, suivait ce chemin de gazon, en épuisant tous les gais refrains de la société du Caveau.
Urbain donnait le bras à M™« Marie Vertboîs, et ii avait été enchanté de voir le comte s'offrir respectueusement pour accompagner Ursule. Le bruyant Concert des gais flonflons couvrait les voix qui parlaient bas»
En continuant une conversation dont le début avait été insignifiant, le comte Edgar était arrivé par gradations bien ménagées à cette phrase signî-* ficative :
— Oui, madame, j'ai la fortune, la jeunesse, un nom, trois belles choses, sans doute, eh bien! je n'ai jamais connu le bonheur ; seulement, ce soir, j'épèle la première lettre de son nom.
-» Ah ! vous êtes peu avancé dans vos études ! dit Ursule.
A chaque phrase trop sérieuse d'Edgar, la jeune femme répondait avec une sorte, de légèreté railleuse^ ou un éclat de rire enfantin. Cette tactique ne trompait pas le comte ; il comprenait qu'Ursule récoutait avec plaisir, et que cette promenade noctume lui était infiniment agréable. La joie intime de Mme Urbain se trahissait même dans son organe faussement railleur, et, lorsqu'une éclaircie d'arbres laissait brusquement tomber un rayon de lune sur la figure d'Ursule, Edgar voyait éclater cette allégresse intérieure, qui n'avait pu subitement s'éteindre sur tes lèvres et dans les yeux. En ces occasions scabreuses, la femme a deux partis à prendre : se révolter par une parole brève contre les préludes d'une déclaration, ou se complaire, eu riant, dans un entretien, qui est la préface d'ua
Ht URSULX
écame erinrinek Le^ comle Bdgar »; inyait àmc fDceniragé;.
— Oui, madame, repHti-ii; le^ ItonfaeiiF estr ici^ pour moi ; mais c'est un fugitif que je ne puis retenir; jorseï» qu'il. m'échappe à ohaque* pa& Je regrette Earbfelaissé derrière moi, et je ner puis m'arrêter aoi» l'arbrarqurva-effleurer votre roiiE; llfautmar^ cher ; il faut àùerh^ msp soiitiiâe^ à mon désert; h fnm, aucnéanti Dans> uiœ heure; je fieLVous> verrai plus, et dans ce beau jour, le soleil aura disparib dnorfds.
Qtsulef Haïssait IIP téle^.et regasdaities'pemtea^de ae^rpetits" pied» qui paraisadent et. disparaissaieal; «rte gazon du chemmi
— Ce que je lui dis % pensait Bdgar; est mr peni rarilerdié, maie si je me jette* danele lâoigage teop QBterel, je ne réussîa-pae; ellene me prendra jamaiii pmiriin Arthur de-RMiaB;
— Demain, reprit-il^ jemwseiiviendtiardrcebeaai fieir, comme d'un beau réye.' Demain^ je nsmndrai ici; sous ces: arbres^ devastce lac, elscul; le grand scéëU ëelairera ce paysage*; oe» arbres aunmt la Iu<^ odète II leur dme^ et rombreià leurs pied& Jeirerrai ceff^^zoBsr courbée par la frange der Tolm roUe^ ce* paysage <pie* vmis^a>r^ adiniré; ee* ber bonorét. de^ regards^ et vous nesete^plmA^ veu»! ef cettft*
adorable nattire^ sera moite, ce'- soleil sera: pâlf , ces arbres seront funèbres, coonne les ifs du tonmeaa;. kl passerai Id lèvre en flamme,, dans: ce: sillon d'air que votre souffle embaume à présent; etje me dtmfmvaî une sorte de consolatlomen< respirant ici. quelqcfe chose devous-mémev cesidûvrineséflaanatiGiiBds Is beauté que Tamour seulpoU retrouver encora'le lietidemain, comme le', parfiim qui: nest». quandi ta fleura disparue,
lia mélodie qui' acoomps^ait ees< panoies< étaic dimee à Toreille^ oomme uir. laizurivei dBtvisloiicelle; ffiisique efC poëme allaient: droic au cœur de cette fiémme qui n*a>vai€ jaiiiai»eiitenduiqiwlasB piir^œes volgaires^ d'un mari' botanîstei et bouv^ofii« Edgar senfait palpiter sur 'son Bras 1« pointep marmoréenne dbaeih d^Irsute^ et! pw granfetiona» rapides^ son car pcke^ dé gentilRomme côsif: sf élevait h la hauteur d^ùne passion V'éntàblë'; îlféuâcditpedrltii^ffiâase; ei^encommençairtpa» la ceniédied&Iîamour, iianitvsit â son iiï5uv.aat dKmm dé Ih paanoH^^Il estdai»* geieni de jemer'^la^ {femsMV dcmsK une belle nuit dFAé; entre la voAte desiarbres^ cttiteitlapiB) des^gs^ tms'\ !ès sens ont! bièntél^dës ardeursiinexorsdileai; lli'^dëmr dbnirelè'Gfiaiige'ettftNl^CfloiiSJâiUknieiir, et WsH ce qn'ôB aTUtappifft£d!idéei légères à.œ tèter kMJtte badifl* iMbe» d^bumémoiise ;i
amoureux depuis cinq ans d'une femme à peine connue, et tous les ravissants souvenirs qu'on lui consacrera dans la vie semblent être déjà les longues émotions du passé.
Ursule avait d'ailleurs une de ces beautés sensuelles qui peuvent faire naître une passion dans un premier téte-à-téte. En ce moment, elle était adorable, et tout homme né pour la femme se serait facilement improvisé une passion après le caprice, en voyant resplendir dans les clartés mystérieuses du soir cette forme suave, qui marchait sans bruit, comme une vision d'amour, avec des ondulations rhythmées, comme une mélodie vivante, écoutée pa^ le regard. Les lueurs intermittentes, tombées du ciel, mettaient à découvert, et l'une après l'autre, toutes ses grâces, avec une intelligente complaisance de détails : l'exquise pureté du front, le savoureux incarnat des joues, les cheveux noirs aux reflets de pourpre, l'ivoire fluide du cou, les lignes rondes du sein, l'élégance de la taille, toutes les parties de cet harmonieux ensemble qui embrase et éteint le regard de l'homme, et fait d'une belle femme la seule merveille utile de la création après le soleil. ^ Sous l'influence spontanée d'une jeune passion, ancienne déjà, le comte Edgar se sentit tout à coup dévoré par un feu qui brûle toujours avec l'autre,
par la jalousie. Il y eut un moment où une large brèche des arbres laissa tomber sur le chemin les rayons de la lune et les reflets du lac* et celte fois, tout illuminée par le ciel, Ursule se révéla dans la complète distinction de s^ beauté. Â quelques pas devant elle cheminait lourdement un petit homme h fumure vulgaire, un honnête bourgeois, un oisif de ia richesse, un pauvre de Tesprit, un ignorant de la science, excellente créature au fond, irréprochable dans ses mœurs et sa conduite, incapable de commettre de mauvaises actions et ne se doutant pas des bonnes; un être humain difficile à classer en zoologie, et dont l'espèce est pourtant assez répandue dans Tunivers.
Cette définition d'Urbain fut pensée en ce moment par le comte Edgar; il la trouva fort juste, et Tirritation de la jalousie acheva de bouleverser son cerveau, à Vidée que ce petit bourgeois était le souverain absolu de cette femme ; qu*un ordre de îui faisait dérouler ses cheveux, tomber ses voiles, dénouer sa ceinture, et qu'il pouvait, lui, se convier chaque jour à ce festin de volupté divine, aux extases de ce paradis de chair rose, à ces ineffables ravissements que la femme confie à la discrète pudeur des nuits!
— Oh! s'écria-t-il en lui-même, sous prétexte de
76 nit8ULB
mariage, la ju&tice du bonheur ne sera pas violée plus longtemps! ma partit mol! ma part de Eon affamé; ma part à .moi, ji^ne, beau, noble, diapnsanjt. Le parasite est le mari; je suis, moi, le légitime convié de rameur. Le vieil rAnacvéon de note diner^ le ctiansonnier da imariage a raison : son code seul fait loi 1
— Madame, dit-il, <vous)a^z éaigaé .m-éoi3Uter sans m*iQterrompre; c*;esl toutxe que j'attendais d« favorable après la hardiefise dUm premier aveu. Votre sileiice a ^encouragé )ma parole, et si je ne vous <ai pas offensée., j^osonai croire que vous ma ferez un Jour La réponse qui donne Tespoir.
— On vous écoute toujours avec plaisir, /monsieur le comte, dit Ursule avec une mois qui luttait contre rémoiion; mais on vousiécoute x^omme un arti^ qui chante Tair de son .râle et te chante pour toutes les oreilles. Cet air ne sort pas jde son cœur, il sofit de sa mémoire. Quand un artiste xhante en me r^ gard jht : Pour tant d'amour nt soyez pa$ ùiyrate^ je ne m'offense pas; je Tapplaudis même, s'il falit son métier avec talent. Ainsi, monsieisr le icomte, non-seulement je ne m'offense pas, mais je^ots iipplaudis. Êtes- vous satisfait?
— Eh bien ! madame, dit Edgar avec ^l'accMt passionné de ia vérité, votreiiBpQnseest;eharmafite>
mais elle n'est pas celle que j'attendais. J'aimais mieux votre silence. Je veux la réponse qui tue wi fait vivre. Une passion au désespoir ne se contente pas de rincertitude; c'est une accusée qui demande à son juge un arrêt décisif. Madame, je veux vous offenser comme on offense une femme; veuillez bien m'écouter jusqu'au bout, pour mesurer :l!inimensité de mes torts et la gravité de l'outrage. Je vous aime. Une offense ne doit avoir que ces trois mots.
Il y eut un moment de silence. On entradait toujours les gais refrains -de la petite caravane jde Saint-Gratien, concert bachique accoinpagné par les roulades du chemin de fer du Nord. La vxrix d'Uf^ foain se distinguait à son timbre faux et félé.
— Monsieur le comte, dit Ursule après réflexioa, votre offense me met dans un singulier embarras. Si vous étiez chez moi, dans mon sabn, je. pourrais vous désigner la porte ; sij'étais dans le salon â'.au* trui, je pourrais me lever et m'asseoir à une autse place; mais ici, en rase campagne, il m'est impossible de quitter votre bras pour rejoindre mon maei, ce serait un esclandre public.
— Eh bien I madame, reprit Edgar, j'accepte tout le péril, tout l'odieiix, tout le ridicule de l'esclandre. Rejoignez votre mari. Au nom du ciel, je deoftandt
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une seule fois un arrêt décisif. Cette vie est intolérable pour moi. Vivre sans vous, c'est mourir à toute heure. J*aimerais mieux mourir une seule fois, et tout de suite, au commencement de cette horrible omt qui va vous livrer à cet homme...
— Mais cet homme est mon mari, interrompit Ib^e. De quel ton de mépris avez-vous prononcé ce dernier mot! une offense ne vous suffisait donc pas?
— Non, madame, je m*obstine dans Foutrage, et mon excuse est dans la plus inexorable des passions qui aient dévoré le cœur d'un homme. Haine» jalousie, amour, délire, tout éclate à la fois dans mon front, et me ravale au-dessous de «la brute, ou m'élève au-dessus de Thomme, à votre choix, divine maîtresse de mon avenir. Vous n'avez jamais été aimée, madame, vous qui méritez l'amour des anges. Celui qui vous a donné son nom ne vous a donné que cela. Beau présent de noces ! Et en échange vous lui avez donné, vous, votre premier baiser de vierge, votre pudeur, votre beauté, votre grâce, tout ce que l'or du Mexique ne payerait pas» tout ce qui épuisa le pouvoir de Dieu, lorsqu'il voulut dépasser la perfection ! Regardez-le, regardez-le ce propriétaire du diamant sans prix nommé Urlule; regardez-le secouer son ivresse, comme un
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comparse de guinguette! Donne-t-il une pensée à son adorable femme? Non; il est suspendu au bras de la femme d'un autre, et il mugit le refrain d'uno stupide chanson! Mais ce soir! oh! ce soir, quand ies fumées du vin seront dissipées, il demandera la récompense d'un jour si bien rempli ; et vous, madame, vous aurez pour lui ces sourires d*alcôve^ qui peuvent diviniser un homme, et qui sont perdus pour celui-ci! Lui, s'endormira dans sa joie stupide, moi, j'aurai un lendemain sans réveil, car l'insomnie aura brûlé ma veille; mais je ne subirai pas deux horribles nuits comme celle qui se prépare, je le jure devant les saintes étoiles de Dieu! A vingt-cinq ans je suis un vieillard à l'agonie, un condamné qui se donne à lui-même le sursis d'un jour, après vous avoir offensé. Ce crime n*a point de pardon.
Edgar s'exprimait ainsi avec une ardeur fougueuse, qui ne provoquait aucun doute sur sa conviction ; il parlait à l'oreille d'Ursule, comme un démon tentateur, et la jeune femme, toute bouleversée par ce langage inattendu, en appelait à la conscience de son devoir, pour lutter contre le péril. Elle hâtait le pas, comme emportée par l'ouragan de passion qui soufQait d'une lèvre humaine, et
voulait atteindre au plus vite les premières maisons,
dont les vitres scintillaient aux lumières^ à tcavers le feuillage des derniers arbrjes du lac.
Le cœur d^Ur&ule batiait si violemment que ses pulsations étaient ressenties par le bras d Edgar. Cette réponse muette avait un sens équivoque. Qi cœur était-il agité par Tindignation causée par uoe offense nouvelle, ou par la douce émotion causée par le charme d'une parole amie; c'est ce que le jeune comte ne pouvait résoudre. Edgar n'était pas assez maître de sa pensée pour éclaircir .ses doutes. Il avait perdu le calme £t .le jsangrfroid cki séducteur de profession^ il ;subissait le .délire de l'amoureux. Un mot sévère de la bouche .d'Ursub aurait fait tomber, à igenouxdlo fcont dansia pon^ sièrje ce Don Juan converti
Ce mot ne fut ;pas prononaé.
La société ambulante arrivait dans la foule ùm voyageurs de Franconville ^et des habitués d'£nghien. Les chansons cessèrent : Bergamin seul fredonnait encore quelques flonflons, comme la locomotive lance en sourdine son derni£r flocon de fumée en arrivant à la gare. On entrait au chalet d'Urbain.
— Eh bien I cher comte, dit Urbain en abordant Edgar; vous vous êtes toujours tenus en «arrière, vous autres; c'est que ma femme n'est .pas habituée à. la marche.
•— Uak^ ^it £4g3r^ vous n'dvez ;Jamais daigné tourner la tête pour nous regarder. Nous étioDSvSur vos 4flkiiK. Nous a¥ODs imèma fait xhorus ame vous.
— Ah ! dit Urbain en se frottant les mains, ;illaut couiseDir «que ila Journée m été iort gaie! Demain» nous redeviendrons graves; moi, je ne me connais plus ce soir. J*ai fait mille extravagances. Il est vrai que te Champagne de Victor est dangereux de bonté... Ah! j'oubliais, cher comte... L'eooiploy^ vient de me faire.son rapport...
— Ah! réemployé vous a JaiL..idit E^gax^ sans savoir ce que cela signifiait.
— J'ai ma police isecièta, moâ, c^it Urbain k vmx i)aase.
— Ah ! vmis avez.^^! vûtEe... balbutia Edgar avec émotion.
— Oui, j*ai ma police;, «et je la paye bien; ausi»« je sais toul^ et je n^ignore rien àe ce qui .se ,pafise autour de moi, de jce qui m'intéresse dans jhqûq bonheur domestique... Vous allez en Juger... A peine arrivé, j*ai appris qu'il était parti par le dernier convoi... Hein ! que dites-*vous de la promptitude de oe 'renseignement?
— Cest merveilleux! r^ondit ie xomte, ^au lia» 8ar4.
— Ma police a même ajouté que sa physionomie était toute bouleversée, et que l'employé a couru après lui pour lui rendre la monnaie d'une pièce de cinqfrancs...
— Ah ! vous parlez....
— De notre tartufe... De qui diable voulez-vous que je parle?...
— Oui, oui... M... Hart... Hirt...
— Herman... interrompit Urbain, pour aider la mémoire d'Edgar.
— Ah ! il est parti... avec une physionomie...
— Toute bouleversée, continua Urbain... Si je n'avais pas eu l'œil ouvert sur ce drôle, il s'introduisait chez moi, avec quelque Laurent, faux comme un jeton ; il faisait la cour à ma femme; il me volait ma cassette, et il me chassait peut-être de mon hôtel.,. Comte Edgar, cet homme est capable de tout, croyez-le bien... méfions-nous de lui, à la Société de botanique; il y mettra le désordre... Regardez-le, dans les moments ob il médite un crime, sans doute; sa figure est sinistre :
Ha le regard fauve, et l'aspect loup-garou^ c'est un dangereux coquin.
A ce moment, on entendit retentir la voix de Bergamin dans le salon, où on servait le thé.
— Oh! ceci est trop fort ! dit Urbain; assez de
chansons bachiques pour aujourd'hui. Pas de gais refrains chez moi; je vais Farrêter au premier couplet... Vous n'entrez pas, cher comte?
— Dans l'instant... j'ai besoin de respirer un peu...
— A votre liberté, cher comte... Oh! plus.de gais refrains chez moi... Que dirait mon voisin, qui est conseiller d'État!
Urbain entra au salon.
Edgar se mit à rôder devant les vitres pour voir Ursule sans être vu, et en bien examinant les lignes de son visage, établir des calculs de probabilité sur les pensées intimes qui agitaient la jeune femme, après un soir si orageux.
Ursule était assise à côté de Marie, et s'occupait de la distribution des tasses de thé, avec un calme admirable. Les lignes de son visage n'exprimaient que la crainte de mettre trop ou trop peu de crème dans la tasse, au gré des consommateurs. Elle répondait par un gracieux sourire à chaque remerciment, et faisait les honneurs de son salon avec la distinction d'mie duchesse.
Les hommes restent toujours confondus d'étonnement devant cette diplomatie des femmes ; ils n'y comprennent rien, parce que, dans une occasion identique, im homme, fût-il un Metternich amou-
B6 ' UB.8DLB
reux, ou un Talteyrand passionné, aurait uBemim soucieuse, casserait une tasse, mettrait du Uié sur la cième, de la crème dans te sucrier, et fixait penser à tous tes témoins de^ces distractions délatrices qu*il vient de commettre un crime, ou qu*il en mi* dite un pour le lendemain.
— Comment'! 'sMcriait en lui-m8rae Idgar ^en frottant du doigt les vitres ternies; comment! jt viens de la menacer clairement d*un suicide'; 3 y a un lac profond au bodt de Fallée ; cJDe ne me Toit pas dans le salon'; le désespofir peut doncm'avôir précipité dans le lac, ^t elle ne tommet pas "une goutte de crème, ou un morceau de sucre de trop, dans une tasse! Elle n*a pas oublié de sourire une seule fois aux i^luslaSfis de ces bommesl il n^ ^ pas trace d^gitation aux Ixnit de ses jolis ddgts quand ils ^fleurent la porcâainel é'eât, pour mm, de rbâ)reu en actioni
Il entendit prononcer à haute Tcnx ison nom. Orbain appelait son cher comte, et demandait pour lui une tasse de ibé % Drstfle.
— Entrons ! se dit Edgar.
St se composartt un maintien de ssQon, il eiitra d^un pied Terme, mais la |jâteur de son Visage démentait la fermeté de son pas.
— Vous voyez bien qtfil rfest pas parQM. le
comte, dit urbain ; un gentilhomme comme hii-partir sans nous dire aàieul.^ (Cher comte, nsadame vous offre nm tasse de thé.
— Ahl... excosez-^moi, madame» dit Edgar «^ei prenant la tasse offerte; j'écoutais votre inari.
•— Vous netRouvertti peut^re ^s le thé aisex doux, monsieur le comte, dit Ursule en promenaztt ses doigts à droite et à gauche sur rattirail daœrvioe.
— II estparfaiti madame, dît le comte.
— Comme tout ce qui vient de la main des Giiceat, 4)jo«tta Bergamin.
«— Il est inépuisable, 'cet i^oacréon, 'dit TJf bcan^ea donnant un léger coup sur Tépaide Ou jeuot vieillard.
— Aussi avez-'vous bu à'8a«anté,'monsieQr'moB lEavI, dit Ursule sur leton â*une légère ironie.
——Tiens ! comœentsais^'cela ? demanda Urïosn.
— Je le sais, parce que- je l^i entendu, réponffit Ursule ; vous avez beau faire les igarçons i huis dos, ^messieurs lesmaris, vosvois percent les cloisons et arrivent aux oreilles.
— MaîB tu n'ias ente&tktquenBontoast? demanda Urbain lun peuxeffiayé.
-— Cecitesttmoa «ecrdt, -réponâit ^Ihsiile en m servant du thé.
— As-tu entendu les chansons ? reprit Urbain,
-^^ Je vous répondrai plus tard , monsieur.
Ces mots furent accompagnés d'un petit signe de menace fait avec le doigt indicateur, et d*un rapide regard donné au jeune comte.
Edgar interpréta favorablement cette menace, et ce coup d'œil.
Elle veut me faire comprendre, pensa-t-il, qu'elle a contre son mari les griefs du toast et des chansons, et que sa rancune de femme sera longue..» J'ai compris.
Une de ces voix qui, aujourd'hui, prononcent despotiquement la clôture de tous les entretiens, retentit dans le salon, et dit ces mots sacramentels : — On sonne à la station pour le dernier convoi.
Ce fut un tumulte général, tout le monde se leva, et toutes les mains se serrèrent. Urbain se rapprocha de sa femme, à la faveur du désordre, et lui tendit la main, en disant :
— Faisons la paix.
Ursule donna un léger coup sur la main de sod mari, et lui dit :
— Attendez la fin de la guerre, monsieur le mari qui se fait garçon. Ah ! j'y penserai toute la nuit !
— Voilà une rancune ! dit Urbain, en riant : Cher eomte, plaidez un peu pour moi.
—La cloche sonne, dit Ursule ; monsieur le comte, ne commencez pas votre plaidoyer.
Et se tournant vers les invités, qui tous faisaient en masse leurs adieux à la maîtresse de la maison ; elle leur dit :
— Mais, nous vous accompagnons à la station; n'est-ce pas, Urbain?
— Om', dit Urbain, avec nos voisins lesTavignon» et M. Vertbois, qui passera la ouit au chalet. Vite, partons* — Soyez tranquilles, messieurs, vous ne manquerez pas le convoi.. • Cher comte, le bras à ma fenmie.
On se mit processionnellement en route ; mais Edgar et Ursule avaient tant de proches voisins que tout entretien mystérieux devenait impossible. Au moment de la séparation, Edgar saisit une minute d'isolement pour dire â*une voix tremblante r
— Adieu, madame, vous ne me verrez plus.
— Oh ! non! répondit Ursule en riant : je vous verrai dimanche prochain, chez nos voisins , vos amis. ^
— Et retoumerai-je seul à Enghien, CC soîî .
— On part ! on part ! en voiture ! criaient trente voix.
—Non, dit Ursule, sur un ton sérieux.
fl tJRSULB
L'extase des élus rayonna sur. le^TÎsagt'te «omit Idgaç.
Enfin, un convoi de w^^ons iunpostaitdBû tonma Jieureux !
I^aloUve d'im éhmwàUmr deUcIto
Le lerdemaia, en rentrant à son hôtel du faubourg fiaint-Honoré, Urbain trouva le billet suivant jchoi tonjportier:
c n eàt des circoniStances où Von se croit autoristf » à donner le nom d*ami à une connaissance de » fratche date ; voici donc, mon cher ami, un âïdieux incident que je vous annonce, avec tant * de précaution mystérieuse que je vous supprime }> tout détail. A deux heures précises, nous nous » rencontrerons, comme par hasard, sur lapiaœ a> Beauvau, et là tout vous sera expliqué.
* Prudence et secret! ! !
• A vous de cœur
» Comte ËDGAfu B Lundi matifi, heures. •
Les organisations pusillanimes s'émeuvent de la chute d'une feuille. Ce billet donna des frissons contulsifs à Urbain.
Un incident fâcheux ! un rendez-vous ! prudence et secret! que veut-il dire? pensa Urbain enlisant et relisant cette énigme dont il ne trouvait pas le mot.
Et son cœur battait violemment, comme à l'approche d'un péril de mort, et il désirait et redoutait à la fois l'heure terrible où le mystère devait s'éclaircir. ,
Ursule n'aimait pas assez son mari pour s'inquiéter de l'air sombre qu'elle remarqua sur son visage; d'ailleurs, depuis la veille, elle était en délicatesse avec lui, à cause du toast et des chansons, et elle se promettait bien de faire durer le plus longtemps possible cette rancune vengeresse. Hélas! le% brûlantes paroles d'Edgar portaient déjà leuu fruits!
De son côté, Urbain se trouvait à son aise, car en toute autre circonstance , il n'aurait gardé ni prudence, ni secret; une simple question d'Ursule Taurait emporté sur toutes les recommandations d'Edgar.
A deux heures précises, Urbain se trouvait sur la place Beauvau, où Edgar se promenait d'un air
sombre, depuis longtemps, afin d*être surpris avec cet air.
— Ahl vous voilà, cher ami, dit Edgar; prenez mon bras, et allons aux Champs-Elysées; nous serons mieux pour...
— Mais expliquez-moi tout de suite...
— Non, interrompit Edgar, point d'imprudence... Vous allez tout savoir...
— Edgar, vous me faites trembler.
— Ah! mon cher Urbain, il faut s'attendre atout en ce monde, même quand on est, brave comme nous. Je ne suis pas sur des roses, moi.
Et il exhala un profond soupir.
— Encore un tour du tartuffe? demanda Urbain.
— Vous verrez.
Ils arrivèrent aux Champs-Elysées, et le comte Edgar tira de son portefeuille une lettre avec la plus grande précaution.
— Prenez ceci, et lisez, dit-il à Urbain.
La main du mari d'Ursule tremblait en prenant la lettre ; Edgar, les bras croisés , regardait le ciel.
Urbain lut :
• A Ml le comte Edgar de Le^sèntt.
» Monsieur le comte ^ > Mon aïeul, le comte Herman, fTorissait, an : treizième siècle, en terre palatine; il a suivi le
> saint roi, Louis IX, à la sixième croisade , en
> 1269, et mon ancêtre est mort en odeur de sain-
> teté. Vous voyez que ma noblesse est au moins
> régale de la vôtre. Herman porte d'or à At croâr
> de gueules j avec cette devise: Cruce cre$cit. Voir w d'Hozien
— Mais qnesignifiet dit Uri)aia au comble da k
stupéfaction.
— Lisezrtoujanrs^.dit Edgar; c'est inouï d'inso-» lence et révoltant de provocation.
Urbain continua sa lecture.
c En 1513, on teonye un comtêr Rferman ditns
» l%rdre . des tempUers ; en cette même année , œ
» fut lui qui écrivit sur le txsrre-plam du Pônt-Ntaf^
9 le procès-verbal dii supplice dii grand-maltre
> Jacques Bfoiàj, vx)ir Monstrelét:
9 On trouve dê9 Herman dansr lèsr chevaliers dé » Rhodes et de Malte, et dans les ordres religieux » et militaires, armés de la croix et deP^ée^ Le » dernier grand-maltre de Tordre de Malte, en 1709t
»i était un Kerman de la. maison palatine de' Hons- »r peehu U ei^most à Montpellier; c'est mon grand- » oncle. Au siége^de Rhodea par Soliman, la devise » héraldique, de nos sarmeSi fut changée. Mcuu glo- »s deux ancêtre, digne émule, de Tévéque Turpîn, it assomma^ sur la. bréchet, avec aa^ masse d*annes, A les plus hrav€s des Osmanlis^^^^n disant rjEcc/e* BisiOiObhoBifrjit a jongnine: Le gjraofui fnaitre donna » cette nouvelle, devise, aux. Herman :: Etaiis m » utroque. Voir l&^Cbmmqiite$i vénitienuMir
» Nobleê99f(Mi^; je nePoublie pas.
» Monsieucltecoml&aana flevise, vous avez chassé » hier soir un Herman d'une maison qui n'est pas la
> vôtre; vQu&avezagiity^aimicB[iefflent,re9t«^ comme » ditJAarcusttulUuftxkBSrlappemnànft^ juiosoleace mérite un.- châtiimftffir.> Vioua vousi êtes » trompé sur mes allures timides et mon maintien » modeste : loa<ap{{arenGGs tHooipent^ ntdla. fronti » fidcs. Vous êtes trop jeun& gouc avoir de-IIexpé- » nence^tje vGU8ren<dcuaneEai«
» Ne voulant m'exposer à aucune poursmte |adi-
> ciaîre, je pars pour Bruxelles^; et Je vous attends ^ demaia.à dix^heureB du matin^ dans les giEileries » SaÛLt^Uubttt* Nous nous battions en terreétran^
D gère, et sans péril du côté des tribunaux. Vous » curez votre témoin; mais je puis vous assurer que 1» vous ne choisirez pas M. Urbain, car je vous » souçonne d'être amoureux de sa femme, et c*est D pour vous mettre à votre aise à Saint-Gratien que » vous avez chassé un Herman ! Si Tissue de notre » combat m'était défavorable, on trouvera sur moi » une lettre qui instruit M. Urbain à notre endroit. A Je remplirai ainsi un devoir d'honnête homme en » mourant. Le ciel m'en saura gré.
» Je ne vous fais pas l'honneur » de vous saluer, » Herman, 9 Chevalier de Malte. »
Urbain prit la main d'Edgar et la serra.
— Voilàfjevous l'avoue, un homme abominable!. *. dit- il. Et quelle résolution avez -vous prise, cher ami?
— La seule possible : je me battrai.
— Avec ce misérable?
' — C'est moi qui serais le misérable, si je ne me caitaispas.
— En pays étranger?
— Au bout du monde... Ce qui m'inqniète, c'est le choix du témoin; car s'il y a des explications sur
CRSULE 97
le terrain, je ne veux pas que le nom d'une femme, de la plus respectable des femmes, soit \ rononcé devant un tiers; d*un autre côté, si vous nç m'accompagnez pas, je donne créance à son infâme soupçon, et souvenez-vous bien de ce que je vous dis, vous le verrez à mes pieds, ce drôle. Il ne se battra pas. Je ne crois pas à ses ancêtres, moi, et à tous ces faux Herman, ^e Rhodes, de Malte, de Jérusalem. C'est un fanfaron qui crie pour épouvanter. Bien plus ! je parierais mille louis qu'il ne se trouvera pas au rendez-vous des galeries Saint- Hubert. Mais je veux qu'un témoin honorable constate cette absence d'un lâche insulteur.
— Je vous accompagnerai, mon cher Edgar.
Urbain prononça ces paroles du ton belliqueux
d'un botaniste qui ne croit plus au danger, après démonstration.
— Merci ! merci ! — dit Edgar, en jouant l'émotion portée au comble.
— Cher ami, cher frère, ajouta Urbain ; mais avec ime émotion véritable.
Edgar mit le doigt indicateur de sa main droite €ntre ses lèvres, et le retirant brusquement» il dit:
— Maïs quel prétexte donnerez-vous à votre femme, pour ce voyage de Bruxelles? voilà! .
-« Le- prétexte est trouvé^ dit Ucbaiii ; j^ai une OMBBon dTaodimalatknBy dans imtfauboung d^Anveis; j^'aslà toute k Fiûce'd'YakataiLCt d» FalenipA^.tti serse chaudâ.
^ J&th reprit Eâgenr». en; jouant la aiir]»ise;. YùiSk OD pœtexts:!' voos allez: yisiief votre jardin.!, admi^ rabkaDeot VcQvefé^ Woiist pouvez méma cappooter k. Mb>& Urbaim im produit tropical^ fraichenifint eneiiiî.
— Parlâeni! c'est 6îeni ce tpxe je fai& toujpux»; S if )r » qfjf!liBB iieore: dediemin de fsr de Bou^^ à;AQiiersa.
— Ceci «sa pnmdentîtf L- dit Edgap; jannû psé^ texta dfabaencrirerfiit mieux tirouvé. Il n'y aura. pas rambnr de aoupçoB.. Cest que^ dam. les alCaires «ntroneiBr;» dieir amîv» il) finit toujiofuia» trompeF l!n femmes ; il n'est permis de les trompeirqiaft daoai ctt ocsasionsL
— Très-bien ! dit Urbain^ casdianté de cotte
— Allons aux passe«portsvsaQftpe]?dt& mb ^^WBJt^ ! ovprit Edpin.
-^ Ikftuitt qiie jjEnviiBHr fasse une petite csufid^u», dit Urbain en riant ; entre frères on peut tout dircu. ll^momei:d(e9rfowiirafMe...j|Ksais.endéiicatesBaayec ma femaiB^^ ApuBs^bier soi&
ensuis " *n
— Bah!
— tOiiûrcha: aim; nous sommes en divorce jao* mcntané.
— Mais cela ne durera pas?. dit MffSSCj^idmc Jin rire faux.
— Oh ! j*espère bien que non.
— A la bonne heure ! un ménage si bien tmi!
— Elle en souffre plus que moi, — dit Urbain d*un ton lamentable ; mais elle a du caractère... ellt me garde rancune du toast... vous savezî...
— Qud toast?... demanda Edgar en regardant k
^- Mm Itoaât à rjtoacsréon âa céBSbÉL
— Oh ! sQse plaisafilecie >de itaifle i • Gomment, «liker Urbain, votre femme vous garde rancune pourioelle vétille?
— Oui, cher ,E(|gar... ^'aBtifltt'elteastidtane jalousie!... etlapirje des Jalûusiâs..».la jalousie ;hyp0ciite; celle qui ne s*avouepas.
— Eh bien ! mon «her Urbain, permettez-moi à% vous le dire; en cette occasion, vous êtes dans votre droît et vcrtre justice. 3e ri'ose dire que votre femme a toit, mais je soutiens que vous avez raison.
— Quel conseil me donnez-vous? demanda Or-^ bain ingénument.
— Mais... dit Edgar, en feignant de réfléchir.. • le conseil... le conseil... Voici ce que je ferais à Totre place...
— Voyons, Edgar...
— II faut, sans doute, avoir le plus grand respect pour une femme...
— Oui, interrompit Urbain.
— Mais, reprit Edgar, il faut aussi toujours garder sa dignité d'homme.
— Parfait!
— * A votre place, Urbain, j'irais chez moi; j'aborderais ma femme avec une politesse froide, et je lui dirais que mon jardinier d'Anvers... Avez-vous un jardinier ?
— Oui, un jardinier excellent... un futur Chinois du quartier franc d'Hog-Lane, à Canton.
— Bien ! je lui dirais que mon jardinier m'annonce farrivée d'un... de... d'une plante rare...
— D'un yug-tan,..
— D'un yug-tan... les mots techniques font toujours bien dans un prétexte... et que votre présence est nécessaire à Anvers^ parce que ce««« ce...
— Yug^tan.
— Ce yug-tan est arrivé avarié, dommage qui!
faut constater sur-le-champ.
— Très-bien !
— Ensuite, reprit Edgar, vous embrassez votre leiame sur le front; un baiser paternel; vous lui serrez la main, et vous partez, en annonçant un prompt nstour... Je vais vous attendre deux mi* nutes devant votre hôtel.. • point de bagage, c'est inutile, en été, pour une promenade... A votre retour, votre femme aura reconnu ses torts.
— Le conseil sera ponctuellement suivi, — dit Vrbain... Je prends les devants, et à bientôt... 11 me manquait un ami pour être heureux, je Tai trouvé.
— Et moi I moi ! dit Edgar, avec émotion ; m(k qui ai perdu, en bas âge, mon père et ma mèr^ qaeUe consolation trouverais-je dans la vie, si Famitié me manquait!
Edgar essuya deux larmes invisibles, et suivit Urbain qui prenait la direction de son hôtel.
En attendant le retour d'Urbain, Edgar tira de sa poche une autre lettre d*Herman et la relut ; ell& disait:
c Edgar, ]*ai consenti à tout ce que tu as voulu ; 1 tout ce que tu veux que je fasse, je le ferai ; seule-
lêi UIISULË
9 SBUsaif, j*4iixboifii Bruxelles .et xton Je i)yo)sd» fiou- 2> logne. Voici pourquoi.: Xoïi£lb\\g$ veut ^écQDo- » miser ton argent et tes largesaetfL Si je ^ye j» socstcrjéanciecs âv^c les ;^ii^t ouille fi»acB4[iue lu » fn*as dooaéfi, je ne ^vais pas àClichy, mt auis-^' » .dii; en xaisonnant; ^mais Je x^ste sans ie^sou. 4)aà 3 ^aye «ses dettes s'appauMcit. Dem»i^, je me irâi f> «encore 4ans ria djuve nécessi^lé de rf aire lejBÎégeid» » ton coiïre-Jku-t Gâcdons les vio^t w^e francs de 9 ce brav» Edgar, «ai-je .ajouta et avec •oeite fteidte 9 fortune, wallons «en i£aire une grande .à ^oixelles. » La iprofeasion de contcebandier rUe jn'^est pas k^ » connue. Les produits de Ualines aoot tcès-i^e- » cherchés en Allemagne. J*ai le pied leste et J'œil » i^e je Mûvix avoir ; je paiile hd br^ab^nçân at /Italieh luasd. Ma ioi^tune -est faite en xing cai^pagnes. » iLescréanckers £onitles.£aulB hommes ^^uifiseni » attendre de Targent, parce qu'iks es OBiz â*jls B fften iavaieiU peai^, ils .ne secaleot pa/s. firéanciers, » ils seraiectt débiteurs somme imoi et ils ieroiflat » attendre. Us attendroojt. P.uis , rr^édtus i)imi , » Bdgar^ 4«n idée du bais de Boukgnejtie valait men » du tout. Songe aux conséquences î A Bruxolla^ » tout va se passer selon tes désirs et tes intérêts. » Je fais denc ina IbiHune S'-ëft^exA «e$t ta fortune 2> d'amour Au néum ooup. Tu «nvciiAes, t«, tmA
3 moi je perfectionne tes inventions. Dis-moi merci » et sois reconnaissant.
1 IL » P. S, J*enmiène la petàe Capriola. »
— Cest un drôle achevé, dit Edgar, en serranl lalettre, mais il raisonne très-bien, en cotte occasioa. Bruxelles vaut mieux.
Vlî
Cn wagon
Edgar et Urbain étaient en coupé, sans voisins^ seule manière de voyager qui favorise le dialogue intime. Si les coupés des chemins de fer avaient le don de la parole, ils instruiraient mieux Thomme et la femme que tous les moralistes de l'univers.
Le jeune comte, qui avait à sa disposition toutes les contenances du roué, paraissait fort abattu, et, par intervalles, un soupir comprimé sortait de sa poitrine, ce qui affligeait profondément Urbain qui 30 regardait comme la cause directe, quoique involontaire, du malheur d'un ami.
Après deux heures d'un silence inquiétant, Urbain osa prendre la parole:
— Mon cher Edgar, dit-ilt si ce duel vous tour-
URSULE tOS
mente trop, arrêtons-nous à la première station et rentrons à Paris.
— Quel conseil me donnez-vous là I {fit Edgar indigné ; est-ce le conseil d'un véritable ami qui prend soin de mon honneur comme du sien propre? Avez-vous bien lu attentivement la lettre de censsérable ? Avez-vous bien pesé le poids de Tinsulte ?
— Oui... oui... c*Sstp^-dire... voyez-vous, Edgar... moi je ne suis pas très-bon juge en ces choses... Otez-moi de mes fleurs et de mes médailles, je no comprends pas trop les usages du monde. Excusezmoi.
— Mais vous comprenez les lois de Thonneur t dit Edgar en se redressant avec fierté.
— Oui, oui, mais pas trop bien ei^core... moi» éducation a été fort négligée sur ce point. Ces lois changent selon les pays... Tenez., cher ami, je ne suis pas méchant, moi ; les botanistes sont les plus doux des hommes... Eh bienl A un homme m^îDsultait gravement, je ne trouverais pas dans mo^ organisation assez d'énergie pour me battre en duel avec lui, mes mains ne sont pas habiles aux armea On ne se fait pas un tempérament; on le reçoit
du berceau... ^*
— Et vous subiriez un afiront sanglant, boiich»
elose et mains liées !
Mé URSULE
-— Ctti j aon« Eig^r; €hi Boa. Je laeraîs tm Ook» de la vieille roche. Je ne voudrais pas donner k mon ennemi le plaisir de an'insnlter, .et le ^bonheur de me luer eosuite. Pas ei )béte ! k logique du duel «st etnpfale. EUe >d(»iBe ihrop sDuvefnt xâiflOB, par (les «cmesy & celui t|m a tort par ractâoa. le tuerais odood bomme 'au «coin id 'un bois comme 'uoe béte tawfù, et sans aucune «ei^oe 4e înemoniB.
— Brfaaia, cher Urbain; iKOue mm calooMiieiL ^assassinat nVeet pas dans aies nueufs.
-<** Jl y e8t,<au^0Atcadre« cher iEdgar^ et ^'CBit ie duel qui Fa introduit. Si on avait conservé Thistoîiis iRéridique de toutes les iâûâoiee 4\x 'duol» depuis trois siècles, on Kerraît ^que Ja ^»rce, lladireas^ ia idefice, lont presgue jUtujoucs triomphé, dans 4Des sancoBires^i let que» sauf^guelquesiraies egcoefticnm, le pfais faible «a toujoum été le i«dnciau ^tnaamA a|!pielez-vûiis le 'vainqueurlî
«*- Ucbaio, dit E^gar «d-un ^n (idoctod» jnetaie prévaudra contre le 4uel; ctestnimaal néoassasn^ u& pr4ji;gé.honiQrah]ie^ ^ine tiaâiliQn 4le «cheMiflecia, un#<^
-^Oliki tépooàix ficbràv flA'y,a .peint 4e msmsi nécessaires, point de préjugés honorahleB, «I b ebevalorie eet douir te savoe Dan l^uiotaixtte. gie )oe me paye pas, moi, de ces raisons. Vdd mon ^ooie :
l^cstleeode de lat justice naturelle. La fépressicn HA salirait j^naais être trop violente contreuoe attat|ae iDJMSte. Je ne te coonais pa», j^ ne sais pas ton. nom; j/ ignore si tu existes» eti^en passant». Hi me dtmnes un coup d*é{ângle; eh bien l ja réponds par un câup de poignard, Cestnaan^ droit». Le pco* rerbe ancien a tort, en pareil cas-:. Œil poutf œU, dtMUpeur denK c!eststupide ; vodci le miea i^Bnuf f/aofpour un^ 0^ nrnehoùné peur (UnU.
•—Gamme ii s^aoiiuel. eomma iL nluiaml A Edgar en riant.
— Bien ! reprit Urbain^; Je wus. ai tu sourire enfin I je sui& plus ^aoq<ûlle..,« Cest fua naos aroBS o^lié notre: point de départi^.. Vous amez une affliction profonde^ a^aot cette discussion sur Ift AaeK. et yenr étais kiq^ietu Si moa anû avait ane dtouibur my^érieuse^ jie utoukispravaigcier une cûQt fidence, comme un médaciiti mocal^ pour guérir la douleur,, en. Leb cenaaissant. ... Mais ^aus^a^ces g^rdé votre seeret.
Edgaïf soupira et vegacd» t» campagps»
La nuit tombait avec ces lourdes tristesses qui accablent la voyageur et lui font chercher Famusèment du sonuneiL Oa n'entendait qpe l'horrible coiieart de. ferraille» exécuté, par Is coaToi et la GBLiratiae sbâdeate de la locomotive. Par. intervalles.
on coup de sifflet dominait ce tumulte, comme une protestation du bon goût contre la musique de Ta- ▼enir. aux deux bords du chemin, les arbres sembl;iient fuir comme des géants en déroute. La lune regardait ce tableau avec une indifférence stupide, comme elle regardait les diligencesparesseuses de LafTitte et Gaillard.
Edgar fît subir à ses épaules, à son torse, à ses bras, à sa tète ces évolutions brusques qui annoncent Tintention de trouver un angle doux et une incrustation pour le sommeil.
— Il va s'endormir, et je ne saurai rien, dit Urbain, à haute voix, mais en aparté.
Et ses pieds trépignèrent d'impatience sur la fausse peau de tigre qui sert de tapis au coupé.
Edgar, qui allait s'endormir, du moins en apparence, abandonna sa position, conquise au prix de de tant d'essais, et dit :
•^— N'avez-vous pas assez d'inquiétude, mon cher Urbain ? Voulez-vous que je vous donne encore une mauvaise nuit avant le mauvais jour de demain?
— Oui, oui, je le veux, Edgar, l'incertitude est pire que la plus affreuse des confidences.
— Qu'il soit fait selon vos désirs, reprit Edgar... écoutez-moi... ce que je vais vous dire, vous ne
URSULE lOd
deviez le savoir que demain, au lever du soleO... Le soleil égayé tout en se levant... mais votre impatience est si despotique...
— Mon Dieu ! s'écria Urbain, arrivez vite à b chose, j'ai la fièvre!
— J'arrive, Urbain...
— Dieu soit béni!
— Urbain, la chance du duel peut m*étre fatale. Si je succombe... ne m'interrompez pas maintenant!... Mon Dieu! quand on se bat, il faut s'attendre à tout, même à la mort... Or, si je suc « combe, vous avez un religieux devoir à remplir...
— Mais vous ne succomberez pas, dit Urbain... jamais Tartuffe n*a manié une arme; il ne connali; que le goupillon, et fait feu avec l'eau bénite...
— Ah ! interrompit Edgar, en reprenant la pose du sommeil, si vous raisonnez ainsi, bonsoir, et bonne nuit, à demain.
— Allons, ne nous fâchons pas, dit Urbain, j'ai tort ; je vous écoute, et j'admets tout ce (pie vous voudrez.
— Bien! maintenant, je poursuis, dit Edgar, en prenant la pose de la causerie... Urbain, je suis fiancé à miss Angelina Fields, de Londres, une jeune, belle et riche héritière ; elle a quatorze ans. Londres n'a jamais rien vu de plus beau. Si les
angtfê ont des fiHes, ma fiancée a été créée andeesus des étoiles. Elle est fraiche comme la rose d'avril, idéale comme Titania, séduisante comme la grâce, blonde comme le soleil. A quinze ans eUe^ra ma femme et mon bonheur.
Edgar essuya deux autres larmes qui ne coulaient pas, regarda les étoiles, et poursuivit*
Urbain était profondément émn.
— Oserais-je dire qu'elle m* aime, et k vous, cher Urisaio? Non, le cœur d'un ange de quatorze ans connaît Taffection, mais ne ooDnalt pas aicore cette passion terrestre, msnmëe Amour. Ce que j*ose affirmer, c'est que jamais homme n'a aimé une femme comme j'aime Ânçelina. JedonneraîBma fortune pour acheter à Dîbjm. cette année séculaire' qiii:semble jeléguer la date de mon JieureuK mariage à la fin de rétemité.
— Voilà de l'amour! dit Ufbâin afteodiL Edgar prit flonpurtefeiuBe, l^itrit» et len iîra un
{diàiorme.
— Voici, dit-il, mon cher Urbain, le «rvfcf qu'un ami mortiezi^e de vQJbre amitié.
— Mais ne parlez donc pas afaisi, £dgar<, tous me fendez ;}e coeur, interrompit Urbain.
— Cher ami, raprit Edgar, vous ouhBez que je raisonne tetyouis par suppositioQ..* Je cas fiiiil^d-
URSULE m
mis, vous enverrez à Londres un homme de confiance, et vous le chargerez du soin de remettre ce pli à rhonorable Thomas Hutkinson, mon ami. . . voici son adresse... vous pouvez la lire à la clarté de la lampe : 33, Bond-street^ un quartier opulent. Je prie mon ami de remplir un triste devoir ; le devoir d'annoncer ma mort à la famille Fields, et de remettre un billet d'agonisant à ma fiancée... le testa^ ment de mon cœur.
Les sanglots étouffaient Urbain.
— Ce billet, adressé à mon Angelina... voas pouvez le lire, Urbain... le voici...
— Lisez-le-moi, dit Urbain, d'une voix d'ombre. •** Je veux bien, reprit Edgar, car je me donner
rai le cruel plaisir de le relire...
c Adorée miss,
j> Un homme allait être heureux, en ce monde; » l'esprit du mal s'est ému de cette exception. Le 3 bonheur, en naissant au ciel, a été condamné sur « terre à un exil étemel. Votre fiancé ne sera pas » votre mari!
j> Avant de franchir le seuil de la tombe, j'ignofô » les secrets qui attendent mon réveil dans une au- » tre vie, mais je sais que Tàme étant immortelle^ 9 l'éternité de ma pensée vous est acquise : c'est h
» seule consolation de mon agonie; j'éprouve une » certaine joie à me dire : J'aimerai Angelina tant » que Dieu sera Dieul Dearest miss^ I send y ou my D last thinking.
» Au revoir là-haut.
» Votre fiancé éternel,