‹ La Comtesse Pauline de BeaumontChapitre 3 sur 97 · AVANT-PROPOS. T · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. T

lettrées que savantes, sans jamais faire montre

leurs lectures. Elles ne connaissaient pas

plus la coquetterie que la recherche des mots.

expressions n'étaient pas plus maniérées

que les personnes.

Ces êtres à part joignaient à tous ces charmes la fermeté du caractère, la promptitude des résolutions et la science du monde. On ne comid pas omment, en arrivant dans un salon, elles connaissaient sitôt et les usages et les hommes. Leurs paroles avaient l'air d'être en elles de la réminiscence; elles n'apprenaient pas, elles se souvenaient.

Tout, autour d'elles, leur parlait du goût, leur ameublement, leurs modes, leur toilette.

Les précieux inventaires conservés dans quelques familles provinciales plaisent même par l'énumération de ces mille riens choisis, en harmonie avec les parures et les étoffes. Mais on ne peut disserter pesamment de ces choses fragiles, sans risquer d'être comparés par R'varol aux commis des douanes qui imprima:£i?t

vi AYANT-PROPOS.

leurs plombs sur les gazes légères de Venise. Pauline de Montmorin entrait à la cour, au moment où un véritable changement, précédant de quelques années la Révolution, s'accomplissait dans les mœurs et dans les sentiments. La simplicité et le naturel essayent alors de se substituer aux raffinements. Si le Traité sur le bonheur, de madame du Châtelet, est encore consulté, il n'est plus le bréviaire des belles dames. Avec non moins de netteté, elles ont moins de sécheresse etde crudité. Leur tact social est encore plus exquis. Madame de Beaumont eut, en outre, l'infortune comme suprême conseiller. Ses malheurs lui apportèrent ce qui manquait à l'esprit et à la sociabilité développées à outrance, une fleur de poésie et d'imagination. C'est pour cela qu'elle fut apte à comprendre sur-le-champ André Chénier et Chateaubriand. Elle ne ressemble donc à personne, ni à une dévote de Rousseau, comme madame de Latour-Franqueville, ni à une fanatique de Voltaire, comme madame de

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