‹ La Comtesse Pauline de BeaumontChapitre 50 sur 97 · Lettre du 12 mai · texte numérisé non relu

Lettre du 12 mai

chait de sa forme de gouvernement, la nation restait au contraire plus passionnément attachée à la Révolution elle-même, aux résultats qu'elle avait produits. La haine de l'ancien régime s'était tellement enracinée dans les cœurs, qu'elle tenait lieu de toute autre conviction. Pourvu qu'on pût garantir d'un retour en arrière la masse des acquéreurs de biens nationaux et ceux qui les avaient vendus, les nouveaux fonctionnaires et les officiers qui avaient conquis leurs grades, on se souciait peu des libertés publiques. <r 11 est difficile, disait madame de Beaumont, de rendre l'état où nous sommes. . . Le gouvernement n'a pas un agent qu'il ne soit disposé à briser au moindre soupçon, et il n'est pas un de ces agents qui ne sache combien son existence est précaire. C'est pour eux que la terreur existe; méfiants et soupçonnés, envieux et enviés, ils éprouvent tousles sentiments désagréables qu'ils inspirent, et je doute qu'ils en soient dédommagés par l'exercice d'un pouvoir aussi peu assuré l. »

« Ni jacobins ni émigrés ! » tel était le cri public ; on était mûr pour un chef militaire ; on l'appelait. On fut servi à souhait. Depuis la triomphante campagne d'Italie, héroïque et jeune comme un chant

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