ACTE PREMIER
SCKNE VI
Les Mkmks, MERLOT, BLANCHE, MADELEINE.
Entrez, ma chère enfant, (a Severac) Ganalheilles est-il revenu?
SÉVERAC
Pas encore, mon cclonoL
MEHLOT, à Blauclie.
Le capitaine Séverac, aide de camp du généraL
RLANCIÎE, avec un triste sourire, à voix basse.
J'ai déjà rencontré monsieur.
Severac fait un E^este d'étunnement s'incline et s'écarte. MERLOT, à Blanche.
Un excellent soldat... (O'.m air terrible.) Je l'ai VU ;in
feu... J'en réponds comme de moi.
MADELEINE, 'loucement.
Mais, mon père, personne ne dit le contraire.
MERLOT, désignant Frossard.
Si, le petit, là-ijas, il me semble qu'il a rirané.
MADE r. EINE.
Non, mon père.
FROSSARD, s'avaur-aiit vers Blanche.
Quant à moi, mademoiselle, puisque M. le colonel ne me fait pas l'honneur de me présenter à vous, je me nommerai donc moi-même -. Léojiold Frossarid, successeur de maitre Bonchamp, notaire de M. le
comte de Canalheilles et de M. le marquis de Cygne. Monsieur votre regretté père voulait bien m'accordcr sa confiance, dont il n'était pas prodigue... J'espère me rendre digne de la vôtre.
BLANCHE, à Frossard.
Je vous écouterai, monsieur, mais je ne vous promets pas de vous comprendre. Je suis fort ignorante de tout, et le maliieur qui me frappe me laisse bien désarmée.
FROSSAKD.
Comptez, mademoiselle, sur mon entier dévouement.
BLANCHE
Je vous remercie, monsieur, j'ai grand besoin qu'on m'aide... Le trouble dans lequel je suis ,'est profond... Les heures qui se sont écoulées depuis trois jours me paraissent avoir été plus longues, à elles seules, que toutes celles vécues par moi jusqu'ici, tant elles sont pleines de chagrin et de tristesse, (a Meriot.) Hier, dans ce grand concours de monde qui m'entourait au cimetière, à l'exception de vous, mon bon ami, et de Madeleine qui se serrait prés de moi, je ne connaissais personne. Mes yeux erraient sur tous ces visages, les voyaient indifférents ; et, au milieu de la foule, j'eus la sensation de la solitude et de l'abandon. J'avais le cœur gonflé de larmes et je ne pouvais pleurer. Je me disais : je n'ai donc pas là un parent, un ami ignoré, qui partage ma peine f Je me trompais, car, au mpine moment, à quelques pas de moi, auprès d'une chapelle, je vis un inconnu qui pleurait. Il avait les bras croisés sur la poitrine, et des larmes coulaient lentement sur ses joues... Si vous saviez quelle douceur ce fut pour moi de découvrir cette douleur, que je sentis sœur de la mienne, (a Mei-iot.) Pardonnez-moi! 11 me sembla que je n'étais plus seule, je me trouvai moins désolée, et j'aurais désiré remercier celui qui m'avait procuré cet allègenienl... Du moins, je pouvais prier