ACTE PREMIER
partie de la nuit dans le monde, comme si rien n'était arrivé. Mais, le lendemain matin, comme je partais, on me remit un petit billet dont l'écritun; était toute tremblée et qui contenait ces seuls mots : Si vous revenez sain et sauf, je compte que votre première visite sera pour moi.
l'UOSSARD.
C'était un ordre... Tu y as obéi?
SÉVKRAC.
Xon. La chance fut pour moi. Je blessai le marquis, et, comme l'affaire avait causé beaucoup d'émotion, le général me conduisit, séance tenante, au chemin de fer, et m'expédia à Naples d'où je suis revenu seulement il y a quelques jours.
FROSSARD
Et alors quelle attitude eut miss Sarah?
SÉVERAG.
Indiltërente.
FROSSARD
(juel ton ?
SÉVEKAG.
Klle ne me parle pas.
FROSSARD
Uh! oh! Et qu'en dit le général?
SÉVERAG.
11 m'accuse d'être maussade et désagréable.
FROSSARD
Je l'aurais parié I Voyons, depuis que tu connais miss Sarah, il n'y a jamais eu, entre elle et toi, la moindre coquetterie?.. Tu ne lui as pas fait la cour?
s K V E II A G .
Le général s'occupait d'elle... D'ailleurs, quels pro-
jets aurais-jo formés? L'épouser? Je n'ai pas de fortune. Et puis me vois-tu le mari de miss 0'J3oniior?
Il rit.
FROSSARD
Elle l'avait peut-être vu, elle.
SÉVERAG, grave.
Enfin, veux-tu tout savoir? Eh bien ! elle me fait peur, et, prucierïnueiit ou lâchement, comme il te plaira, je me suis tenu à l'écart.
FROSSARD
Eh! Il eût mieux valu faii-e la bouche en cœur comme les autres ! Tu te perdais dans la masse, tandis ([ue tu t'es singularisé. Bref, étant donnée la situation où te mettent les intentions du général, tu n'as qu'un parti à prendre : demander ton changement et partir.
si'; VER AC.
C'est ce que je suis décidé à faire. Non pas brusquement, comme un familier dont on dérange les habitudes et qui est jaloux, mais au bout de quelque temps, lorsque le général aura d'autres tendresses pour lui tenir lieu de mon affection.
FROSSARD, voyant paraître Blanche au fond.
Tiens, de toutes ces tendresses, voici peut-être lu meilleure qui nous arrive.