ACTE PREMIER
avant de savoir que tu allais ni'étre rendue... pour ne pas laisser mes dorniéres années s'écouler dans l'abandon,j'étais prêt...
BLANCHE
Parlez, mon bon oncle.
r,K COMTE.
C'est bien ridicule avec mes cheveux blancs... J'étais prêt à prendre une compagne... Oh! une amie, une enfant, qui aurait charmé mes derniers jours, en me réchauffant le cœur des rayons de sa jeunesse. Vois quelle eût été ma joie, si, au lieu d'une iille, j'en avais eu deux : elle et toi... Vous m'auriez pris, chacune pur un bras, pour m'aider à franchir les quelques pas qui me séparent encore du but. Et je n'aurais pas senti la mort me prendre, tant il m'eût été doux de vous voir ensemble me fermer les 3-eux !... Voilà ci' bonheur détruit.
BLANCHE
Non, puisqu'elle vous reste. Pour que vous l'ayez choisie, il faut qu'elle soit bonne et charmante.
Oui. Et tu l'aurais aimée !... C'eût été une sa^iir aînée pour toi.. Elle a un esprit mûri et une âme fiérc, ombrageuse aussi, car elle s'était sentie troublée en apprenant que j'allais te retrouver. Mais j'avais compté sur toi pour la rassurer, pour la bien accueillir, et je n'avais pas trop attendu de ton cœur, n'estce pas?
BLANCHE
Non, certes. Je la verrai avec beaucoup de joie. Vous me l'amènerez au couvent.
LE COMTE
Mieux que cela, ma Iille: elle va venir ici tout à l'heure. Et, si tu veux bien...
BLANCHE
Oui, mon bon oncle, puisque cela vous fait plaisir.
LE COMTE
Que tu es gentille!... Qui sait, si elle ne sera pas plus persuasive que moi, et ne t'amènera pas à rester auprès de nous.
BLANCHE
Ce que je vous aurai refus?, soyez certain que personne ne pourra l'obtenir.
LE COMTE
Tu le crois, mou enfant, mais ce n'est pns bien sûr. L'esprit est très maître de lui-inème, tant que le cœur est endormi. Le tien peut s'éveiller... patience !...