‹ La comtesse Sarah (volume 2)Chapitre 26 sur 105 · ACTE PREMIER :J · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER :J

Mon cœur! Voilà justement le point délicat!... Je ne lai jamais senti battre... En ai-je un? Je me le demande parfois.

Cependant, vous êtes bonne, généreuse. Vous ne pouvez rencontrer un malheureux sans être tentés de le secourir, ni voir pleurer un aftligé sans essayer darrèter ses larmes.

Sans doute! Mais, chère enfant, ceci est de la pitié. Autre chose est la tendresse. On n'épouse pas quelqu'un par charité, mais parce qu'on l'aime ! Le mariage est un acte grave, qu'il ne faut accomplir qu'avec l'espérance de trouver le bonheur et la certitude de le donner. Or, je suis profondément honnête. Voilà pourquoi vous me voyez inquiète et troublée... Je peux me faire illusion à moi-même, et ce serait un malheur irréparable.

BLANCHE

Ayez confiance. Vous avez pour le comte une affection filiale : c'est celle qu'il attend et désire... Il aura sur vous l'autorité indulgente d'un père. Il régularisera votre existence, un peu impétueuse jusqu'ici. Il dirigera ce superbe torrent, et en fera une belle rivière, qui coulera calme et limpide. Et vous serez heureuse.

Et vous m'aimerez ?

BLANCHE

Et je vous aimerai.

SAUAH.

Comme tout ce que vous me dites là est séduisant et doux et nouveau. Depuis des années je vis, au milieu du monde, comme une sauvage, en état de guerre,

et voilà que de vos petites mains vous me désarmez, que je n'ai plus la force de vouloir autre chose que ce que vous désirez, et que je réponds : oui, à tout ce que vous me demandez.

BLANCHE

C'est donc oui?

SARAH, prenant une résolution subite.

Dans un instant, je vous répondrai. (Elle va à la portefenêtre donnant sur le jardin et apy.elle :) Monsieur Séverac!

Venez je vous prie...

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